« Jeanne d'Arc en prière », de Pierre Paul Rubens              

(vers 1620 ; musée de Raleigh, Caroline du Nord,Etats-Unis)     

Dans ce tableau, l'exploit de Rubens est d'avoir réussi à illustrer plusieurs des différents thèmes rattachés à Jeanne d'Arc, et non un seul comme le font la plupart des peintres. L'artiste n'a pas craint de lier la femme d'action, ici représentée par son armure, à la croyante en prière agenouillée devant un crucifix. Il évoque ainsi les derniers moments de la vie de Jeanne lorsque, sur le bûcher (Rouen, 1431), elle « demanda qu'on lui fisse avoir la croix de l'église » et « en son dernier souffle cria d'une voix forte "Jésus" ».

Il montre, par le casque empanaché à demi visible derrière elle, le succès mondain de ses entreprises militaires, tandis que les gantelets jetés à terre soulignent le choix personnel fait par son héroïne, seule face au Christ : celui de la foi. N'oublions pas qu'à cette même période, Rubens était également occupé à peindre, pour l'ex-régente Marie de Médicis, la série de grands tableaux à sa gloire, aujourd'hui au Louvre, la représentant en femme forte. On raconte que ce tableau se trouvait dans la chambre où Rubens mourut. On pourrait ainsi penser que Jeanne d'Arc fut à ses yeux la femme forte parmi les fortes. M. P. Di B.

  Nouvel Observateur - HORS-SERIE n° 40 

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