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Le compagnon du mois : Gilles de Rais, ange et démon |
27 avril 1429
: un convoi de ravitaillement quitte Blois
pour rejoindre Orléans. Jeanne d'Arc chevauche en tête de la troupe qui
accompagne ce convoi, rassemblée sous le commandement de Gilles de Rais.
Charles VII signa le jour même des lettres patentes pour « défrayer [ses
capitaines] et les gens de leurs compagnies, qu’il leur avait mandé assembler
au plus grand nombre que faire pourraient, des frais et dépens que faire leur
conviendrait en partant de leur garnison et venant devers monseigneur de Rais,
l’un des dits chefs, pour conduire et mener certaine grande quantité de vivres
et habillements de guerre que le dit seigneur [le roi] avait ordonné être
conduits et menés en sa ville d’Orléans » ; le même document nous dit que
le baron de Rais reçut personnellement du roi une somme de 795 livres tournois «
pour lui aider à supporter les dits frais et pour assembler les dits capitaines
et gens de guerre, et aussi pour le paiement de vingt-cinq hommes d’armes et
onze archers de sa compagnie ».
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Gilles de RaisQuelques armes de sa famille
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Commentaires : Gilles de Rais fut l'un des grands féodaux du temps. Il avait hérité les biens des Laval-Blaison et des Rais par son père, des Craon par son grand-père maternel et des cadets de Thouars par son beau-père. Ses fiefs se répartissaient dans tout l'ouest de la France, de la Bretagne à la Saintonge, en passant par le Maine, l'Anjou et le Poitou. Ce grand féodal menait grand train. C'était aussi, dit-on, un humaniste doté d'une culture peu commune, qui se faisait accompagner en toutes circonstances, et même à la guerre, par son orgue et sa psalette. D’autres en font un féodal borné, un personnage sans jugement et sans esprit.
Mais il cherchait à connaître tous les plaisirs, s'adonnant à l'alchimie et à d'autres occupations plus horribles. Le 14 septembre 1440, Gilles de Rais est arrêté et déféré devant deux tribunaux : pour félonie et assassinats, devant un tribunal civil ; pour sorcellerie, apostasie de la foi et sodomie, devant un tribunal ecclésiastique. Certains ont prétendu que les perquisitions avaient permis de découvrir les restes de quelques deux cents enfants et adolescents qu'il avait supplicié pour ses plaisirs sadiques. D’autres ont avancé le chiffre de quatre cents, voire plus.
Condamné à mort, Gilles de Rais est pendu à Nantes, le 27 octobre 1440, après un émouvant repentir en public. Par égard pour son rang, son corps n'est pas entièrement brûlé et il est enseveli dans l'église Notre-Dame des Carmes. Il fut assimilé au personnage de la légende de « Barbe Bleue ».
Découvrez Gilles de Rais en grande tenue équestre.
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