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L'Actualité des Compagnons - Août 2001

Détail d'une miniature du XVe s.

La « Bataille » de Montépilloy

15 août 1429



Après s'être fait sacrer à Reims, le 17 juillet 1429, Charles VII, à la tête de son armée, entreprend une reconquête des pays situés au nord de la Seine avec comme but (controversé au sein de son conseil) de venir s'emparer de la ville de Paris tenue par les anglo-bourguignons. Une à une, les villes tombent entre ses mains, notamment Soissons le 23 juillet, Château-Thierry le 29, Provins le 2 août, Coulommiers le 7, puis l'armée française se dirige vers Compiègne. Mais le 14 août, près de Montépilloy, l'armée anglaise de Bedford fait son apparition.


Armoiries de Georges de La Trémoïlle

Ames. — Ecartelé, aux 1 et 4 d'or au chevron de gueules accompagné de trois aiglettes d'azur becquées et membrées de gueules (La Trémoïlle), aux 2 et 3 d'argent à l'aigle bicéphale de gueules becquée et membrée d'azur (Jonvelle).
Cimier. — Une tête d'aigle d'azur becquée d'or, surmontée d'une plume de gueules. Tortil d'or et de gueules, lambrequins d'azur, doublures d'or.

Dans la nuit du 14 au 15 août, l'armée anglaise, renforcée de Bourguignons et de Picards, se retranche au sud de la rivière Nonette, selon ses méthodes habituelles : pieux fichés en terre, chariots, bastilles hâtivement construites en terre, etc. Au nord, l'armée française se place en ordre de bataille au pied du château de Montépilloy :

* au centre, le principal corps d'armée est confié au commandement de René d'Anjou, duc de Bar ;

* l'aile droite est constituée par les troupes du duc d'Alençon et du comte de Vendôme ;

* à l'aile gauche, se placent les maréchaux de Rais et de Boussac, avec le roi et ses Ecossais ;

* en avant, un corps d'observation en tête duquel on retrouve Jeanne d'Arc avec La Hire, Xaintrailles, Dunois et Charles d'Albret ;

* le tout étant appuyé par un fort contingent d'archers et d'arbalétriers sous le commandement du sire de Graville, grand maître des arbalétriers.

Toute la journée, les deux armées vont se livrer à des séries d'escarmouches qui, sans qu'il soit question d'une véritable bataille, vont faire plusieurs centaines de mort. Au cours de l'un des engagements, le roi, le comte de Clermont et La Trémoïlle se retrouvèrent fort imprudemment en avant. Georges de La Trémoïlle, grand chambellan plus à son avantage à la cour et dans les conseils qu'au combat, – "sur un coursier moult joli et grandement habillé" dit la chronique – fait une chute au milieu des ennemis et doit son salut à la vaillance des autres combattants français.

L'armée française n'a pas cédé à la provocation anglaise voulant l'entraîner dans des charges impétueuses et inutiles comme à Azincourt. Charles VII reste victorieux sur le terrain car, le lendemain, l'armée anglaise se retire.,Bedford avait reçu des nouvelles alarmantes de la situation en Normandie où la ville d'Evreux avait signé une capitulation sous la menace des troupes du connétable de Richemont.

Cette journée de Montépilloy marque le retour dans l'armée royale de René d'Anjou. Le duc de Bar venait de rejoindre quelques jours plus tôt le camp de son beau-frère, Charles VII, en abandonnant celui de son beau-père, Charles de Lorraine, vassal de l'empereur germanique et partisan bourguignon. L'étude des armoiries de René d'Anjou, celui qui restera célèbre comme étant "le bon roi René", est fort intéressante pour montrer les évolutions possibles des armoiries au gré des accroissements de possession et revendications territoriales.


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