La Page d'Actualité du Mois :
(miniature du XVe s.) |
Octobre 1428, Les Anglais assiègent Orléans. |
Thomas de
Montaigu, comte de Salisbury, avait débarqué le 24 juin 1428 à Calais. Prenant
la tête d’une forte armée anglaise, il entreprit de traverser la plaine de
Beauce et se dirigea vers la Loire. Il prit Meung, puis Beaugency, La
Ferté-Hubert (actuellement La Ferté-Saint-Cyr), Jargeau, Châteauneuf, et
Olivet le 7 octobre. Le 12 octobre, l’armée anglaise s’installait sous les
remparts d’Orléans. Les Anglais tenaient Paris et toute la rive nord de la
Seine ; en s'emparant d'Orléans, ils couperaient une voie importante de
ravitaillement pour le « royaume de Bourges » de Charles VII qui côtoyait toute
la rive sud de la Loire.
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La ville était placée sous la protection de Jean, bâtard d’Orléans (futur comte de Dunois), frère adultérin du duc Charles et son lieutenant général pendant sa captivité. Il est en effet le seul représentant mâle de la famille sur le territoire français. Le frère cadet du duc, Philippe (1396-1420), comte de Vertus, brillant chef de guerre, était décédé depuis neuf ans. Le plus jeune frère, Jean (1404-1467), comte d’Angoulême – le grand-père du roi François Ier – était lui-même retenu en otage en Angleterre depuis le traité de Buzançais de 1412. Au côté du Bâtard, la garnison d’Orléans avait pour capitaine Raoul de Gaucourt, qui possédait une solide réputation militaire. C’est surtout par sa vaillante défense de la ville d’Harfleur, en 1415, qu’il se signala : Gaucourt avait résisté pendant six semaines et capitulé le 22 septembre. « Roi redouté, nous livrons notre ville et nos vies à ta tendre merci ! » lui fait dire Shakespeare dans Henri V (acte III, sc. IV). Fait prisonnier, Raoul de Gaucourt restera captif durant dix années en Angleterre. A peine rentré en France, il participa héroïquement à la recouvrance de Montargis en 1427. En récompense, il devint conseiller et chambellan du roi. En 1428, il fut nommé capitaine du château de Chinon, bailli et capitaine d’Orléans. |
Miniature
de J.C. Colrat |
La garnison d’Orléans comprenait deux éléments bien distincts : la milice bourgeoise, dont l’effectif a été estimé, selon les différents auteurs, entre 2 000 et 5 000 hommes (pour une population d’environ 20 000 habitants), et les troupes soldées, dont la force exacte est aussi difficile à cerner et qui ne fera que croître jusqu’au mois de mai pour atteindre sans doute 6 à 8 000 hommes. Parmi les troupes présentes dans la place lors de l’attaque anglaise, nous pouvons relever la présence des frères Jean et Poton de Xaintrailles. Nous y trouvons aussi les noms d’Archambault de Villars, et de Jean d’Ardenay, Denis de Chailly, Guillaume de Chaumont, Jean Girard, Nicole de Giresme, Jean Malet de Graville, Thibault du Hart, Jean de Héraumont, Pierre de La Chapelle, Girault de La Paillière, Jean de Lesgo, don Macias ou Mathias, Henri Penmarc’h, Denis de Saint-Savin.
Les faubourgs de la ville, toutes les constructions amassées sous les murs, furent en grande partie rasés pour créer un glacis autour de la place. Orléans s’était dotée de moyens d’artillerie. Les remparts de la ville étaient garnis de soixante et onze pièces de calibres inégaux, outre des couleuvrines et les traditionnelles catapultes.
Arrivée le 12 octobre par la rive sud après avoir dévasté Cléry et Olivet, l’armée anglaise s’attaqua au fort des Tourelles qui défendait l'entrée du pont sur la Loire. L’assaut fut préparé par de violents tirs d’artillerie sur la ville. La première victime du siège fut une femme du peuple, tuée par un boulet de pierre le 17 octobre. Le 21, sur le boulevard des Tourelles, des combats acharnés opposèrent les Anglais et les capitaines français. Ceux-ci comptèrent dans leurs rangs leur première victime. Pierre de La Chapelle, un gentilhomme de Beauce, mortellement blessé, décédera deux jours plus tard. Parmi les blessés atteints moins gravement, on note Jean de Xaintrailles et le commandeur de Giresme, ainsi que Gaucourt qui se démet le bras dans une chute de cheval. Le 24 octobre, les Français abandonnèrent le fort des Tourelles. Gaucourt donna l’ordre de rompre à coups de bombardes les premières arches du pont et fit établir un boulevard dit de la Belle-Croix sur le reste de l’ouvrage et une bastille dite de Saint-Antoine sur la motte du même nom.
Le même jour, Salisbury, qui était monté dans une tour des Tourelles pour reconnaître les défenses de la place, fut grièvement blessé à la tête. Le visage à demi arraché, il mourut peu après à Meung-sur-Loire où il avait été transporté. La mort du chef anglais entraîna la suspension des opérations. Une garnison anglaise de cinq cents combattants seulement était laissée devant Orléans sous le commandement de Glasdal.
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