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Décembre 1458,

La mort du Connétable

de Richemont.

(miniature de J.-C. Colrat.)


Le 26 décembre 1458 meurt, dans le château de Nantes, Artus III, duc de Bretagne, plus connu sous le nom de connétable de Richemont, qui avait eu l'honneur de combattre au côté de Jeanne d'Arc lors de la bataille de Patay, le 18 juin 1429.


Armoiries d'Arthur de Richemont .

Armes : d'hermine (Bretagne) au lambel de gueules à trois pendants chargés chacun de trois léopards d'or.

Cimier : chapeau de gueules rebrassé d'hermine, sommé d'un lion d'or couronné de même, assis entre deux cornes d'hermine. Lambrequins d'hermine doublés de gueules.

Né le 24 août 1393 au château de Suscinio, Arthur ou Artus est le deuxième fils de Jean IV († 1399), duc de Bretagne, et de Jeanne, infante de Navarre, sa troisième épouse. Celle-ci épousa en secondes noces Henri IV d'Angleterre. Arthur reçut de celui-ci le comté de Richmond (Yorkshire).

Arthur de Bretagne épousa en 1423 Marguerite de Bourgogne († 1442), duchesse de Guyenne, fille de Jean sans Peur. Il était ainsi le vassal du roi d'Angleterre et le beau-frère du duc de Bourgogne, ainsi que du régent Bedford qui avait épousé Anne de Bourgogne. Mais il fut néanmoins un partisan ardent du roi de France. Plus tard, il se remariera en 1442 avec Jeanne d'Albret († 1444), comtesse de Dreux, et en 1445 avec Catherine de Luxembourg († 1492).

Blessé à Azincourt, Richemont en conservera le surnom de « balafré ». Fait prisonnier, il demeura en Angleterre auprès de sa mère jusqu'en 1420. Le régent Bedford lui donna le titre de duc de Touraine et les comtés de Montfort et d'Ivry. En 1423 il fait partie de l’ambassade bretonne chargée de négocier un projet de traité entre la Bretagne, la Bourgogne et la France.

En 1424, il rejoignit alors le parti de Charles VII qui le fait gouverneur du Berry puis connétable de France, le 7 mars 1425. Cette nomination est faite à l'insistance de Yolande d'Aragon, belle-mère du roi qui, lui, n'apprécie guère Richemont. Ennemi intime du favori du roi, La Trémoïlle, Arthur de Bretagne tombe rapidement en disgrâce.

En 1429, il décide de sortir de l'exil venir au secours d'Orléans avec une armée d'environ 3000 Bretons. Il ne put rejoindre l'armée royale qu'après la levée du siège. A Jeanne d'Arc il dit : «Jeanne, on m'a dit que vous me vouliez combattre. Je ne sais si vous êtes de par Dieu ou non. Si vous êtes de par Dieu, je ne vous crains en rien car Dieu sait mon bon vouloir. Si vous êtes de par le Diable, je vous crains encore moins. » Et la Pucelle répondit : « Beau connétable, vous n'êtes pas venu de par moi, mais parce que vous êtes venu vous serez le bienvenu ». Le connétable participa activement à la bataille de Patay, le 18 juin 1429 (*Battle of Patay*). Malgré l'insistance de Jeanne, la rancune royale l'écarta de la cérémonie du sacre où il est remplacé dans ses fonctions par Charles d'Albret.

Richemont revient en faveur après la disgrâce de La Trémoïlle en 1433. Dès lors, il fut l'un des meilleurs soutiens de Charles VII, se montrant d'une redoutable efficacité à la tête de l'armée. Il luttera fermement contre la Praguerie et contre les « écorcheurs », faisant régner une discipline inflexible dans l'armée.

Le 17 avril 1436, il entre victorieusement dans Paris en compagnie de Jean Villiers de L'Isle-Adam. Paris est pris, en fait, sans coup férir car les Parisiens s'étaient finalement insurgés contre les Anglais. De 1437 à 1439, il reprend différentes places d'Ile-de-France, telles que Malesherbes, Château-Landon, Montereau, Meaux et Nemours. Assistés des meilleurs capitaines, comme Dunois, Clermont, Chabannes, etc., il entreprend la reconquête de la Normandie. Le 15 avril 1450, il est vainqueur à Formigny (*Battle of Formigny*).

Après la mort de Jean V en 1442 et de ses deux fils, François en 1452 et Pierre en 1457, Arthur de Richemont devint duc de Bretagne en 1457 sous le nom d'Artus III. Il fit son entrée triomphale à Rennes, le 29 octobre. Il mourut à Nantes l'année suivante.


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