ecossais

Jean Stuart

Armoiries de John Stuart of Darnley,
alias Jean Stuart, seigneur d'Aubigny
(dessin de J.-C. Colrat)

Les Ecossais au siège d'Orléans
1428-1429

 Blair - Carmichael (Kirkmichael) - Chamber - Crichton - Douglas - Galois - Hamilton - Houston - Kennedy - Lennox - Melvill - Norwill - Ogilvy - Stuart - Wishart


L’amitié entre la France et l’Ecosse est une vieille histoire, une vieille alliance ou en anglais "old alliance" que l’on continue de nos jours d’écrire "Auld Alliance". Cette amitié s’était forgée en raison de la même lutte contre les Anglais, quoique d’origines différentes.

Il semble bien que ce soit Charles V qui fut le premier roi de France à faire entrer des Ecossais dans sa garde. Mais c’est surtout avec Charles VII que l’alliance fut mise à profit et que furent créés les premiers éléments des gardes écossais qui se maintiendront par tradition dans la Maison du Roi jusqu’au XVIIIe siècle et même sous la Restauration.

En 1422, Charles VII créa, avec uniquement des hommes d’armes écossais à qui il faisait entière confiance, une compagnie des "Cent hommes d’armes pour la garde du roy" ou "Cent lances de la garde" qui donneront naissance à la compagnie écossaise de la "Gendarmerie de France" qui chargera notamment à Fontenoy en 1745. La garde personnelle rapprochée de Charles VII était confiée à vingt-cinq archers dits "Archers du corps" qui deviendront les vingt-quatre gardes de la manche et le Premier homme d’armes de France et qui se perpétueront jusqu’à la chute de la monarchie.

Dès le début du siège, en octobre 1428, Orléans abritait un fort contingent écossais appointé par le roi, puisque les comptes du trésorier des guerres, maître Raguier, prouvent la présence de compagnies commandées par trois chevaliers du pays d’Ecosse : William Hamilton, Thomas Houston, John Wischard alias Oulchart, et cinq écuyers : Thomas Blair, Henry Galois, Edward Lennox, David Melvill et Alexander Norwill.

Le 8 février 1429, arrivent d’importants renforts conduits par Guillaume d’Albret, avec un fort contingent de 1 000 Ecossais commandés par les frères Jean et Guillaume Stuart. Hélas, peu de jours après, c’est le désastre de Rouvray-Saint-Denis, dans la plaine de Beauce.

Le 9 février 1429, on apprend l’approche d’un convoi de ravitaillement anglais envoyé de Paris vers Orléans, sous la protection de John Falstolf. Charles de Bourbon, comte de Clermont, qui commande des troupes dans la région, est prévenu par des envoyés de la garnison d'Orléans. Il est décidé que l’ensemble des troupes françaises doit se rejoindre pour intercepter le convoi. Imbu de son titre princier, Charles de Bourbon demande aux capitaines français sortis d’Orléans de ne pas passer à l’action sans lui. Le bâtard d’Orléans, Xaintrailles et La Hire, mais surtout Jean Stuart, impatients d’en découdre, ne l’attendent pas et se ruent sur les "Godons". Derrière des fortifications improvisées à l'aide des chariots et barils remplis de poissons, les archers anglais attendent l’ennemi. Charles de Bourbon fait retraite, endossant ainsi la responsabilité de l’échec lamentable de cette bataille. Encore une fois, l’attaque impétueuse de la chevalerie coûtera cher à l’armée franco-écossaise. A l’issue de cette funeste journée, au milieu des poissons jonchaient le champ de bataille, l’armée française laissait sur le terrain les corps de deux cent cinquante combattants dont les frères Stuart. Le 12 février 1429 resta dans l’histoire sous le nom de "journée des harengs".

Néanmoins, la renommée des archers écossais est telle qu’ils furent chargés de la protection du convoi de ravitaillement qui devait être conduit de Blois à Orléans avec Jeanne d'Arc, sous le commandement de Patrick Ogilvy of Auchterhouse, vicomte d’Angus, portant le titre de connétable de l’armée écossaise en France.


Les notices ci-dessous sont sans doute encore insuffisantes, voire erronées sur certains points.
Nous espérons notamment que des internautes écossais ou d'origine écossaises pourront nous apporter des compléments d'informations qui seront plus que jamais les bienvenus
sur notre e-mail :
colrat-jc@wanadoo.fr


BLAIR (alias Blar), Thomas. – Écuyer écossais présent à Orléans dès le début du siège, commandant une compagnie de 20 hommes d’armes et 29 archers. D’une vieille famille écossaise ayant donné principalement les deux branches de Blair of that Ilk (contrées de Renfrew, Ayr et Wigtown) et de Blair of Balthayock (contrées de Perth, Fife et Angus). Blair semble avoir fait souche en Poitou où l’on trouve une famille de ce nom originaire d’Écosse.

Armes. – Vraisemblablement d’argent au chevron de sable accompagné de 3 tourteaux de gueules (armes actuelles des Blair of Balthayock. La famille poitevine de Blair porte ces armes, avec le chevron ondé, sur un écusson placé en cœur d’un écu de sable à une fasce d’or accompagnée de 3 besants du même).

CARMICHAEL (alias Kirkmichael ou Saint-Michel), John. – Elu en 1426 évêque d'Orléans sous le nom de Jean de Saint-Michel, John Carmichael of Carmichael, 3e baron du nom, avait débarqué en 1420 avec le corps de 6000 Ecossais de John Stewart of Bucham et avait vaillamment participé à la bataille de Baugé en 1421. Il participa au sacre de Charles VII en qualité de pair ecclésiastique. Il mourut en 1436 ou 1438.

Armes. – D'argent à la fasce tortillée d'azur et de gueules.

CHAMBER (alias de la Chambre), Cristin. – Il n’est pas certain que Cristin Chamber (alias de la Chambre) ait combattu au siège d’Orléans, mais il fit partie de l’armée qui accompagna Charles VII à Reims pour son sacre, car il faisait partie de la compagnie des gardes écossais (peut-être même en était-il le capitaine). Il s’établit en Saintonge et y fit souche. Son fils, Nicolas, reçut en 1443 les seigneuries de La Jarrie-Audouin, Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime) et Champagne-Mouton (Charente) ; en 1446, il est nommé capitaine de la compagnie des gardes du corps écossais de Charles VII.

Armes. – D’azur au chevron d’or accompagné de 3 têtes de lion de même lampassées de gueules.

CRICHTON (alias Criston ou Cresson), John. – Commandait en avril et mai 1429 une compagnie d’hommes d’armes et d’archers écossais. Il sera fait gouverneur de Châtillon.

Armes. – D’argent au lion d’azur armé et lampassé de gueules.

DOUGLAS, Archibald ou Archambaud de († 1439), dit Victon. – Comte de Douglas, de Wigtown et de Touraine, seigneur de Dun-le-Roi. Fils d’Archibald, IVe comte de Douglas, duc de Touraine, tué à la bataille de Verneuil, le 17 août 1424. Archibald Ve comte de Douglas, appelé Victon par les chroniqueurs français d’après le nom de son comté de Wigtown, fait comte de Touraine à titre honorifique, fut peut-être présent à Orléans en 1429 et dans la campagne qui suivit... à moins que le Douglas présent au siège fut un autre membre de cette grande famille écossaise. Sera lieutenant général du royaume d’Ecosse après l’assassinat du roi Jacques Ier Stuart.

Armes. – La famille Douglas portait d’argent à un cœur de gueules sous un chef d’azur chargé de trois étoiles d’argent à cinq ou six pointes (le cœur sera couronné d’or à partir de 1542). Archibald, duc de Touraine, un écartelé, au 1 de France, au 2 de Douglas, au 3 d’azur au lion d’argent armé et lampassé de gueules, couronné d’or (Galloway), au 4 d’or au sautoir de gueules sous un chef de même (Annandale).

GALOIS, Henry. – Ecuyer écossais. Commandait, à Orléans, une compagnie d’archers appartenant à Guillaume Hamilton. Au début du siège, elle comportait 10 hommes d’armes et 30 archers.

HAMILTON, William (alias Guillaume Hameton ou Hameleton). – Ecuyer écossais dont la compagnie d’archers était commandée à Orléans par Henry Galois (voir ci-dessus). Faisant souche en France, un d’Hamilton sera titré duc de Chatellerault en 1548.

Armes. – De gueules à trois quintefeuilles d’hermine.

HOUSTON, Thomas († ap. 1439). – Chevalier écossais arrivé à Orléans en octobre 1428 à la tête d’une compagnie de 22 hommes d’armes et 71 archers. Sera fait seigneur de Gournay (Indre) en récompense de sa conduite au siège de Meaux en 1439.


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