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L'écuyer : Jean d'Aulon
Jean d’Aulon avait été détaché
du service du roi à Chinon pour être placé auprès de Jeanne. Il la suivra
pendant toute sa carrière militaire, jusqu’à sa capture à Compiègne.
Né vers 1390, à Fezensac, Jean d’Aulon
se maria vers 1415 avec Michelette, fille de Jean Juvénal des Ursins, ancien
prévôt des marchands de Paris, devenu président du parlement exilé à
Poitiers. Devenu son gendre, Jean d’Aulon gravite dès lors dans l’entourage
du dauphin. Devenu veuf , il se remarie en 1428, avec Hélène de Mauléon, dame
de Caudeval.
Jean d'Aulon s’est distingué à la «
rescousse de Montargis », en 1427, sous les ordres du Bâtard d’Orléans. Là,
il eut quatre chevaux tués sous lui. Il est donc un homme bien en vue et très
aguerri lorsque Charles VII le désigne pour devenir l’écuyer de Jeanne la
Pucelle. Il est fait prisonnier à Compiègne, en même temps que la Pucelle, il
est emprisonné avec elle dans la forteresse de Clairoix.
Fait conseiller, maître d’hôtel et
chambellan du roi, puis en 1454 capitaine et gouverneur de la forteresse de
Pierre-Scize qui défendait l’entrée nord de Lyon, sur la Saône. L’année
suivante, il fut fait sénéchal de Beaucaire et de Nîmes. Jean d’Aulon mourut
en septembre 1458.
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Armoiries
de Jean d'Aulon
(selon son sceau)
Armes. - Un aulne à trois branches (peut-être
de sinople sur champ d'or). Cimier. - Une main appaumée (symbole de
loyauté).
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Les pages : Louis
de Coutes et Raymond
Pour faire le service quotidien auprès
de Jeanne, deux pages lui sont attribués. L’un est Louis de Coutes, dit
Minguet, qui appartenait à la suite de Gaucourt comme page ou valet d’armes
depuis l’âge de onze ans, fut placé auprès de Jeanne dès son séjour à Chinon.
On ne connaît avec certitude que le prénom du second : Raymond, qui était le
porte-étendard et qui sera tué lors du siège de Paris.
Les pages étaient de jeunes nobles
destinés au métier des armes, aspirant à entrer en chevalerie. Avant
d’accéder à l’état d’écuyer quatre à cinq ans plus tard, ils apprenaient le
dur métier des armes auprès d’un seigneur, le plus souvent suzerain ou allié
de leur père, qu’ils servaient également comme domestiques. Ils étaient aussi
bien valets de chambre, valets de table, valets d’écurie, que valets d’armes.
Né en 1414, Louis de Coutes est le
fils de Jean dit aussi Minguet de Coutes († v.1426), seigneur de
Fresnay-le-Gilmer, de la Gadelière et de Mitry, chambellan du duc d’Orléans
et capitaine de Châteaudun, et de Catherine Le Mercier, dame de Noviont et de
Rugles, dont il héritera des terres. Louis de Coutes suivit Jeanne en témoin
privilégié jusqu’au 23 août 1429, date à laquelle il quitta l’état de page
pour devenir à son tour un écuyer. Il deviendra panetier du roi en 1436. Il
avait épousé Guillemette de Vattetot. Il mourut vers 1483. (Par de
mauvaises transcriptions, il fut longtemps appelé par les historiens Louis de
Contes, dit Muguot.)
Quant à Raymond, cité avec ce seul
prénom par son camarade Minguet, nous ne saurons vraisemblablement jamais
rien de lui. Gardons le mystère de ce jeune garçon qui portera l’étendard de
la Pucelle, son emblème de guerrière et de mystique tout à la fois, et qui
mourra à son côté, tué au combat en pleine jeunesse, le cœur encore plein
sans doute de la pureté insufflée par Jeanne.
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Armoiries
de Louis de Coutes
Armes. - D’argent au lion de sable à la
queue fourchée, armé et lampassé de gueules, accompagné de trois molettes de
sable. Cimier. - Une ramure de cerf [peut-être d’or, avec des
lambrequins d’argent doublés de sable].
Nota. - Les armes habituelles de la
famille de Coutes étaient d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules,
la queue fourchée.
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Les hérauts : Ambleville
et Guyenne
Privilège assez extraordinaire, Jeanne
se voit attribuer deux hérauts d’armes qui s’appelaient Ambleville et
Guyenne.
Les hérauts d’armes — termes employés
d’une manière trop générale pour désigner un ensemble plus complexe d’ «
officiers d’armes » — jouaient au Moyen Age un rôle particulièrement
important, à la fois dans le domaine de l’héraldique et de la généalogie, et
dans le domaine militaire et politique. A la guerre, ils exerçaient une
fonction de messager pour laquelle ils jouissaient d’une sorte d’immunité
diplomatique. Leur personne est en effet inviolable et sacrée.
Les officiers d’armes sont classés en
trois grades : après avoir été chevaucheurs, ils commencent leur carrière
comme poursuivants d’armes, puis deviennent hérauts d’armes après quelques
années et quelques-uns finissent comme roi d’armes. Tous perdent leur nom
patronymique au profit d’un nom de province ou de fief, de sentence ou de
meuble héraldique, rappelant leur appartenance.
Ceux de Jeanne d’Arc étaient
probablement des poursuivants d’armes, car seuls les ducs, comtes et vicomtes
avaient le droit d’avoir des hérauts, les rois d’armes étant réservés aux
rois, princes et ducs souverains ; les barons et les chevaliers bannerets
n’avaient que des poursuivants. Sans doute ne connaîtrons-nous jamais la véritable
identité de ces deux hommes qui avaient pour surnoms Ambleville et Guyenne.
Ambleville appartenait peut-être à
Julien des Essars, époux d’Isabeau de Vendôme (deuxième sœur de Jean de
Vendôme, vidame de Chartres, compagnon de la Pucelle), qui était seigneur
d’Ambleville en Vexin, membre par alliance d’une famille d’une fidélité
exemplaire à Charles VII et au duc d’Orléans.
Quant à Guyenne, il faisait sans doute
partie de la maison du roi. C’était d'ailleurs une provocation de porter ce
nom pour un officier d’armes français car la suzeraineté sur cette province
était revendiquée par le roi d’Angleterre, descendant d'Aliénor d'Aquitaine.
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Un
héraut d’armes du début du XVe siècle : Claes Heynen
(† 1414) dit « Gelre »,
héraut du duc de Gueldre
(d’après un dessin par lui-même).
Les
hérauts sont parfois représentés comme ici tenant à la main des chaînes dont
on ignore la signification précise
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Les clercs : frère
Pasquerel
Nicolas
de Vouthon et Mathelin Raoul
Toute maison militaire comprenait un
aumônier ou chapelain. Jeanne, dont on connaît la piété, ne pouvait bien évidemment
pas échapper à cette règle. Il semble d’ailleurs qu’elle en ait eu deux :
frère Pasquerel, un moine augustin, et un parent de sa mère, Nicolas de
Vouthon, un cistercien. Un autre clerc, Mathelin Raoul ou Rouel, jouait un
rôle de trésorier, tenant les comptes de la maison.
Frère Jean Pasquerel était lecteur au
couvent des Augustins à Tours. Il eut connaissance de la mission de Jeanne
alors qu’il se trouvait pour un pèlerinage au Puy-Notre-Dame (et non Le Puy
en Velay *), en même temps que Bertrand de Poulengy et de Jean de Metz, ainsi
qu’un frère de Jeanne (et non sa mère *), qui étaient allés prier devant la
ceinture de la Vierge conservée dans l’église de cette localité, à dix lieues
de Chinon. Frère Pasquerel devint le chapelain de Jeanne et la suivit dans
toute son épopée, jusqu’à Compiègne. Sur demande de la Pucelle, il fait
confectionner à Blois une bannière sur laquelle est peinte une crucifixion.
Cette bannière est portée par une procession de prêtres et de moines qui
précède l’armée allant à Orléans... Frère Pasquerel assistera à tous les
combats auxquels participera Jeanne, la confessant et la consolant quand elle
sera blessée.
* Voir "Jeanne d'Arc,
mythes et réalités", p. 65 à 67. (aux éd. L'Atelier de l'Archer, 1999),
par Olivier BOUZY , directeur adjoint du *Centre Jeanne d'Arc* d'Orléans.
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La
bannière de Frère Pasquerel, reconstitution de S. Gauthier pour "La
Mission de Jeanne d'Arc", Tome I, du colonel de Liocourt (Nouvelles
éditions latines, 1974)
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Pierre
et Jean d'Arc dits "du Lys".
On prétend que se sont joints à la
maison militaire de Jeanne ses frères Jean et Pierre. Ce sont les deuxième et
troisième fils de Jacques d’Arc et d’Isabelle de Vouthon dite Romée.
Le cadet, Jean du Lys, dit Petit Jean,
sera nommé en 1452 bailli du Vermandois et capitaine de Chartres. En 1457, il
est fait capitaine de Vaucouleurs, charge qu'il conserva pendant dix années
avant de se retirer. Jean d’Arc serait demeuré sans postérité, si ce n’est un
fils qui serait devenu curé de Domrémy.
Le puîné, Pierre, suivit la Pucelle
jusqu’à Compiègne où il fut fait prisonnier avec elle. Il se ruina pour payer
sa rançon, et termina sa vie à Orléans. Le duc d’Orléans lui donna l’île aux
Bœufs — une grande île de pâturages qui se trouvait dans la Loire un peu en
amont d’Orléans — et Charles VII lui octroya la perception d’un droit de
péage dans le bailliage de Chaumont. Il fut fait chevalier de l’ordre du
Porc-épic créé par Charles d’Orléans. Il eut un fils, curieusement surnommé «
la Pucelle », mort en 1501 sans enfant.
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Armoiries
de la famille d'Arc.
Armes. — D'azur à l'arc d'or posé en fasce
accompagné de trois flèches du même, posées deux en sautoir et une en pal,
ferrées et empennées d'argent (certains ajoutent un chef d'argent chargé d'un
lionceau de gueules).
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