|
Ceux qui oublient l'histoire
risque souvent d'être condamné à la revivre... Une page d'histoire,
pour se souvenir...
La Réforme, petite sœur
de la Renaissance ?
|
|
Rappel
historique La première intention de ce mouvement religieux
dont Martin Luther fut l'initiateur était de rendre à l'Église
catholique l'esprit évangélique, mais elle aboutit à une rupture et
à la formation de nouvelles communautés chrétiennes. L'Église
traversait, en effet, à la fin du XVe siècle et au début du XVIe,
une crise très grave : népotisme des papes, qui se conduisaient en
princes italiens plus qu'en chefs spirituels, abus de la fiscalité
pontificale, relâchement de la discipline dans les monastères,
non-résidence des évêques et des abbés, cumul des "bénéfices",
ignorance du bas clergé, etc. Avant Luther, le désir de réformer
l'Église avait animé John Wycliffe en Angleterre, Jean Huss en
Bohême; il avait suscité plusieurs conciles : à Pise en 1409, à
Constance de 1414 à 1418, à Bâle de 1431 à 1449, et les humanistes,
Érasme surtout, s'en étaient fait l'écho. Cependant, à l'inverse de
ces tendances réformatrices, la Réforme proprement dite ne visait
pas seulement les mœurs du clergé et le fonctionnement de l'Église;
elle reprenait certains points essentiels de sa doctrine, notamment
sa conception de la manière d'accéder au salut. Dès le début, le
mouvement se fractionna sous l'impulsion d'autres réformateurs. Il
en résulta des doctrines et des modes d'organisation ecclésiastiques
très différents.
L'essor de la Réforme. En 1546,
peu après la mort de Luther, les efforts de Charles Quint pour
briser la Réforme provoquèrent la guerre de Smalkalde, du nom de la
ligue formée à Smalkalde par les villes et les princes réformés. En
Allemagne, le mouvement en faveur de la Réforme fut accéléré pour
des raisons politiques (volonté de lutte contre l'autorité
impériale) et pour des raisons sociales (désir des princes de
séculariser les biens de l'Église, aspiration des paysans à une
société évangélique à tendance égalitaire).
À la paix
d'Augsbourg, en 1555, le luthéranisme reçut consécration légale. Les
princes régnant en Allemagne purent choisir entre lui et le
catholicisme. Mais seuls les États pouvaient opter entre deux
confessions, la liberté religieuse de l'individu n'étant pas
reconnue.
À l'intérieur de chaque État, le sujet devait ainsi
se rallier à la religion du prince ou du magistrat suprême (cujus
regio, ejus religi: tel pays, telle religion). En dehors de
l'Allemagne, la Réforme luthérienne se répandit en Scandinavie et
dans les pays Baltes (Livonie, en 1554). Le calvinisme triompha dans
certains cantons suisses (notamment à Genève), aux Pays-Bas, en
Écosse et fit de nombreux adeptes en France et dans le sud-ouest de
l'Allemagne. En Angleterre, la Réforme se fit en deux temps : Henry
VIII rompit avec le pape, se proclama chef de l'Église et spolia les
monastères, sans rien changer à la religion; sous le règne
d'Élisabeth, l'Église anglicane se rapprocha du calvinisme en
matière de foi, mais conserva une organisation hiérarchisée, sur le
modèle catholique.
En
France, la Réforme fut à l'origine des guerres de Religion qui
ravagèrent le pays pendant près de quarante ans. Elles tirèrent
profit de l'affaiblissement de l'autorité royale, qu'elles
aggravèrent d'ailleurs. Elles trouvèrent un aliment non seulement
dans les oppositions religieuses et dans l'intolérance, mais aussi
dans la crise sociale et politique de la France du XVIe siècle.
Elles ne prirent fin qu'à la victoire d'Henri IV. (source : Encyclopédie
Bordas)
|
Qu'est-ce que
le Protestantisme ?
|
|
|
Le protestantisme est une confession chrétienne,
l'histoire du Christianisme est bien entendu basée sur la vie et les
paroles de Jésus de Nazareth, que nous reconnaissons comme notre
Seigneur. La source principale de notre connaissance de Jésus-Christ
est un ensemble de livres constituant le Nouveau Testament. Cela est
commun aux chrétiens de toute confession et de tout pays. |
|
Le Christianisme a en commun avec le
Judaïsme la Bible
hébraïque, ce que nous appelons l'Ancien Testament. Ce recueil de
textes qu'est la Bible Hébraïque intègre plusieurs courants
sensiblement différents qui se complètent et s'opposent. En ce sens
la Bible est le témoin d'une communauté vivante, qui dialogue et qui
cherche.
|
|
À la suite du Christ de nouveaux
textes ont été écrits pour rendre compte de la vie et du message du
Christ (l'Évangile). La tradition a retenu 29 textes qui forment le
Nouveau
Testament, ils ont été reliés avec les 35 textes de la
Bible hébraïque pour former la Bible. Le Nouveau Testament est
lui-même pluraliste, il n'y a pas un unique témoin officiel de
l'Évangile, mais 4 livres (les évangiles de Jésus-Christ selon
Matthieu, Marc, Luc et Jean) qui sont issus de 4 communautés, plus
des textes de Paul et d'autres témoins de la foi chrétienne. Le ton
et le point de vue sont sensiblement différents, mais tous parlent
du même Jésus-Christ, et de ce qu'il a apporté à l'humanité toute
entière.
|
|
Et comme dans la Bible, il existe une diversité de point de
vue pour rendre compte de ce qui nous fait vivre, le protestantisme
a proposé à tout homme, toute femme de lire soi-même la Bible pour
mener sa propre recherche. Souvent cela a même voulu dire apprendre
à lire, parce que c'est indispensable pour lire soi-même la Bible!
Si cette lecture est personnelle, elle n'est pas solitaire. La
réforme justifie l'audace de cette liberté en comptant d'abord sur
l'action de l'Esprit-saint. Quand on lit la Bible dans un esprit de
prière, la personne la plus isolée n'est pas seule, elle est en
relation avec Dieu. Il y a aussi la famille, et la Bible a souvent
été lue en famille (malheureusement, c'est moins le cas maintenant,
pour l'instant?). Il y a enfin l'église, c'est à dire la communauté
de ceux qui se rassemblent pour lire la Bible et rendre un culte à
Dieu. La prédication, l'étude Biblique y tient une grande place. |
|
À la fin du XVe siècle,
l'invention de l'imprimerie
a permis un bien plus large accès aux livres et en particulier à la
Bible, qui est le premier livre imprimé par Gutenberg (voir la photo
d'un exemplaire ci-contre) et qui demeure depuis le livre le plus
diffusé dans le monde.
|

|
|
|
On retrouve cette démarche de retour aux textes et de réflexion
personnelle dans la démarche de réforme qui a été commencée au
XVIe siècle par Luther, et continuée en France et à
Genève par Calvin et Théodore de Bèze. |
|
L'Église Réformée est issue,
historiquement, de ce mouvement.
|
Les événements marquants du
Protestantisme en France
|
|
L'histoire du protestantisme en France
se divise en cinq grandes périodes :
|
|
Des origines à 1598
|
|
|
Favorisées par le climat de liberté
intellectuelle de la Renaissance, les idées de Luther et de Zwingli
pénètrent en France ; le Noyonnais Jean Calvin (1509-1564) les
approfondit et en propose un exposé systématique dans "
l'Institution de la Religion Chrétienne " (1536). Exilé à Genève, il
accompagne le développement des Églises réformées qui rassemblent à
leur apogée 15 à 20 % des Français. Les Guerres de Religion
(1562-1598) opposent les catholiques et les protestants dans des
affrontements sanglants (massacres de la Saint-Barthélemy en 1572). Malgré la
victoire du chef protestant Henri de Navarre – le futur Henri IV –
le courant réformé est amoindri et restera très minoritaire.
|
De 1598 à 1685
|
|
|
L'Édit de Nantes promulgué par Henri
IV (converti au catholicisme) est un compromis garantissant à la
minorité protestante des droits politiques et militaires, tout en la
privant de toute possibilité d'expansion religieuse. Les rois Louis
XIII et surtout Louis XIV entameront les libertés protestantes,
avant de déclencher de féroces persécutions (" les dragonnades ") :
les protestants abjurent en masse et Louis XIV en tire prétexte pour
révoquer l'Édit de Nantes (1685).
|
|
|
De 1685 à 1787
|
|
|
C'est la période la plus sombre du
protestantisme français : le culte est interdit, les temples rasés,
les pasteurs emprisonnés ou exécutés. 200 000 protestants
choisissent l'exil dans les pays voisins (Europe du Refuge) ; dans
les Cévennes, la révolte des Camisards est une aventure héroïque
sans lendemain. Entre soumission apparente et clandestinité (" culte
au Désert" ), une poignée de fidèles maintiennent la flamme du
protestantisme. Progressivement, l'influence des idées des Lumières
atténue les persécutions : " toléré " administrativement en 1787, le
protestantisme français ne retrouve sa liberté qu'en 1789.
|
De 1787 à 1905
|
|
|
"Les Articles Organiques " de 1802
réorganisent les Églises réformées et luthériennes (surtout en
Alsace et au Pays de Montbéliard). Bien réinsérés dans la société
française, les notables protestants participent activement à son
développement économique et social ; plus à la base, un mouvement de
Réveil spirituel ranime et ré-évangélise mais les divisions entre "
orthodoxes " (restés strictement fidèles aux Réformateurs) et "
libéraux " (plus modernistes) séparent les
Églises.
|
De 1905 à nos jours
|
|
|
Acquis de longue date aux principes de
la laïcité, le protestantisme accepte la Séparation des Églises et
de l'État (1905) et s'organise au sein de la Fédération Protestante
de France. Les familles réformées s'unissent presque toutes en 1938
autour d'une Déclaration de Foi commune, constitutive de l'Église
Réformée de France. Depuis 1945, le protestantisme français suit les
mutations de la société ; conscient de sa précarité, il reste
néanmoins vivace et capable de faire entendre la voix de sa
différence.
|
Ces notes sont issues du site
de l'ERF
|