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Toute l'histoire de l'Eglise n'est qu'une
longue série de périodes de relâchement des mœurs et de la foi,
suivies de périodes de reprises en main ( de Réformes ); et ces
mouvements cycliques concernent tout autant le clergé que le Dogme,
et parmi le clergé aussi bien le Séculier que le Régulier. Si St
Pierre avait bâti le temple de Dieu sur de la pierre, celle-ci s'est
avérée régulièrement friable. Et il semble qu'elle ait nécessité des
"plâtriers" de choc pour rétablir la solidité d'un l'édifice qui se
veut immuable. C'est ce qui explique en partie la multiplicité des
ordres religieux dont nous allons donner ici un
aperçu.
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LE CLERGÉ DIT "RÉGULIER" |
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Phénomène presque universel, venu des
profondeurs de la pensée religieuse, le choix d'une vie d'ascèse,
retirée du monde et consacrée à la prière n'est pas la
caractéristique du christianisme. Mais dès le haut Moyen Age, on
assiste en Europe à une poussée étonnante de ce phénomène. Des
milliers de monastères se créent, formant comme un rempart invisible
pour la civilisation occidentale. Ce sont des hommes qui vivent dans
la Règle, ( d'où ce clergé dit Régulier) Les règles, en général sont
: humilité obéissance et pauvreté. Malheureusement (!) les
conditions de la vie monacale sur un domaine agraire aboutissent
presque toujours à un succès économique qui finit par améliorer avec
le temps les conditions de vie des communautés. .Et ses membres en
finissent par oublier ce pourquoi ils ont choisi de vivre hors du
monde. C'est ce qui explique en partie cette profusion d'ordres
monastiques, un ordre venant rectifier et réformer l'autre au nom
d'un retour aux sources de la foi des communautés primitives. Voici
les plus importants :
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LES BÉNÉDICTINS |
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Née au Mont CASSIN vers l'an 500, la
communauté des Bénédictins est issue de la volonté de St Benoît. La
règle bénédictine qui sera la base de la vie monastique moyenâgeuse
comporte trois vœux principaux : s'engager à rester moine toute sa
vie, respecter les grands principes de la vie chrétienne, et enfin,
obéir à la loi interne ( la Règle) et au supérieur que la communauté
s'est donnée ( ou qu'on lui a donné, voir Concordat ). Obéissance, Humilité, Piété et
Silence sont les quatre vertus à respecter. Le confort est minimum :
St Benoît estime qu'une natte, une couverture et un oreiller
suffisent au moine pour dormir dans le dortoir commun. Les chambres
individuelles feront cependant leur apparition au fil des années et
les Bénédictins se feront une réputation de bonne vie. Les
communautés issues de CLUNY quatre cents ans plus tard seront
bénédictines, mais elles auront auparavant été réformées par Benoît
d'Aniane. CLUNY aura un succès européen phénoménal, le père
supérieur de l'ordre deviendra un puissant personnage consulté par
les rois. En passant des Cordeliers aux Bénédictins, Rabelais passe donc d'un ordre mendiant à un ordre
plus douillet, mais à grande réputation intellectuelle. La
bibliothèque du Mont CASSIN, malheureusement détruite par les
bombardements alliés pendant la dernière guerre était une des plus
anciennes du monde occidental. Mais la règle bénédictine d'origine
(silence, humilité) pouvait-elle vraiment convenir à RABELAIS ? On peut en douter
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LES FRANCISCAINS |
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C'est l'ordre monastique auquel appartient
Rabelais au début de sa vie. C'est aussi ceux qui vont exécuter
l'injonction de lui supprimer ses livres de grec. A l'origine des
Franciscains, il y a un personnage charismatique : Jean BERNARDONE
est né en Italie à Assise vers 1181. Jeune fils de la bourgeoisie,
il mène une vie de laîc promis à un avenir doré. La révélation qu'il
a de sa mission est subite. C'est à travers les versets de
l'évangile selon Matthieu qu'il trouve sa voie : " Ne prenez ni or,
ni argent, ni monnaie dans votre ceinture, ni aucun sac pour la
route, ni deux habits, ni souliers ni bâtons…" Le jeune homme riche
va prêcher la pauvreté et l'ascétisme. Habillé d'une robe de jute et
d'une corde à la ceinture ( ce pourquoi on les appellera aussi les
Cordeliers ) il devient le plus pauvre parmi les pauvres, vivant de
mendicité, couchant ici et là. Laïc, le Pape l'autorise cependant à
prêcher. François d'Assise fonde son ordre qui réunira plus de 5000
membres (des "frères) à sa mort. Umberto ECO et le film "LE NOM DE
LA ROSE" les décrits tels qu'ils devaient sans doute être à cette
époque : des hommes totalement possédés par leur foi, prônant
l'allégresse dans le dénuement et la pauvreté la plus totale. Bref,
comme allégés du poids des choses de ce monde et toujours prêts à
partager l'amour mystique de Dieu. On les qualifie de frères
"mineurs". En 1517, le pape Clément VII a peu d'estime pour les querelles
entre les tenants d'un ascétisme d'anachorète et de mendiants, et
ceux qui préfèrent la vie de communauté. Il décide donc de réunir
les petits groupes en une seule branche. C'est ainsi que naissent
deux Ordres différents, obéissants tous deux à la Règle de saint
François : - Les Conventuels : successeurs des frères de la
Communauté, qui acceptent des aménagement de la Règle en fonction du
présent, quitte à renier certaines exigences de saint François -
Les Observants : frères qui veulent vivre au plus près de
l'expérience de saint François. En 1525, des frères de
l'Observance se séparent car ils trouvent leur groupe encore trop
timide et souhaitent vivre une vie de prière plus intense : c'est le
début des Capucins. Ces Capucins portent l'habit à "capuchon
pointu", ou "capuccinis". Ce sont les descendants de ces
franciscains du courant dit "spirituel" que les Papes précédents
avaient persécutés (1322) et parfois brûlés. L'ordre redevient à la
mode. Mêlés à la population, ses membres interviennent en bateleurs
de foules, en crieurs populaires, en harangueurs et prêcheurs de
foires et de marchés . Leur succès est important. D'autant qu'ils
jouent de l'humour et de la parabole dans leurs prêches.
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