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L'EGLISE AU XVIème SIECLE
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RICHESSE DE L'EGLISE DE FRANCE

L'Eglise de France au XVIème siècle a une puissance et une richesse formidable. Elle bénéficie de l'expansion économique et des périodes de paix relative. Cette richesse est visible à travers les églises qu'elle fait bâtir au début du siècle, et dont certaines ne seront pas achevées du fait de la crise religieuse. Cette crise a plusieurs causes.

UN CLERGE TROP NOMBREUX

Il y a tout d'abord pléthore de personnels religieux. Ce sont autant d'improductifs qui pèsent sur les budgets des villes et des campagnes.
Dans le diocèse de Nantes, par exemple, sur 135 paroisses, 53 comptent entre 5 et 10 prêtres.
A Rodez, pour 76 paroisses, il y a 662 prêtres. A l'Eglise d'Aurillac, on compte 100 prêtres dits "filleuls".
Cette surabondance entraîne une inaction des prêtres, qui mène à une sorte d'exaspération, Il n'est pas rare que la débauche, le concubinage notoire, l'ivrognerie, les rixes soient l'apanage de religieux.
Dans le diocèse de Leon, on ne cesse de dénoncer les prêtre ivrognes et batailleurs pour le "scandale des paroissiens". Dans certains monastères, les moines mènent une vie de débauche. Dans d'autres, ils sont laissés à l'abandon et voués à un sort misérable, par l'abbé qui vit en ville des revenus des terrains.

L'IGNORANCE A LA BASE

Les ecclésiastiques de base, appelés curés ignorent parfois tout du latin, sont parfois si incultes qu'ils confondent sacrements et commandements de l'Eglise, exercent leur ministère de façon fantaisiste. Les paroissiens s'en insurgent. Certains évêques à tendance réformatrice s' émeuvent de cet état des choses (Concile provinciaux de 1528) . Ceci explique pourquoi la Contre-réforme va devoir utiliser elle-même l'arme du livre en proposant aux simples curés des manuels rédigés en langue française, tel le fameux "Guide des curez" de Pierre Milhard ou la "Somme des Péchés et rémission d'iceux" du RP Benedicti.

UNE HIERARCHIE QUI N'A RIEN D'ECCLESIASTIQUE

Avec le Concordat, la nomination des évêques n'a rien à voir avec les problèmes de foi. Ce sont souvent des fils de la noblesse, nommés en récompense de services rendus, et que le Pape bénit par la suite. Beaucoup d'entre eux ne résident pas dans leur évêché, tel Jean DU BELLAY, diplomate de FRANÇOIS 1er, protecteur de RABELAIS. Il fut nommé évêque de Bordeaux, ville où il ne se rendit probablement jamais.
Le Pape lui-même ne donne pas l'exemple : Alexandre VI pape issu de la famille BORGIA ne fut pas précisément un exemple de vertu et de sainteté. JULES II son successeur possède maîtresses et enfants illégitimes, qui peuplent ouvertement le Vatican. Tous les hommes un tant soit peu religieux s'émeuvent et s'indignent. Érasme et tous les humanistes en premier.

FORMALISME DES RITUELS

Les laïcs ont une vie religieuse conformiste, car ce conformisme apporte un sentiment de sécurité. La mort au XVIème siècle est omniprésente : rixes, guerres, épidémies déciment des populations entières. La plupart des Chrétiens réclament seulement de leur curé qu'il structure, et ordonne leur vie et celle de la communauté par peur de la mort. L'adoration aux saints se multiplie, comme autant de rituels spécifiques pouvant répondre à un problème donné. La "SIMPLICITAS", ignorance bénie passe pour LA vertu chrétienne que prône Noël BEDA et les tenants d'une vision traditionnelle de la foi et de la société. Elle évite de se poser trop de questions. Ce ritualisme, cet utilitarisme, cette dispersion du sens religieux seront évidemment critiqués par les adeptes de la Réforme.

ORGANISATIONS LAIQUES PARA-RELIGIEUSES

Les Confréries étaient des groupes de laïcs qui s'organisaient autour d'un thème religieux (les Pénitents, par ex.) ou d'une activité. Elles renforçaient les rituels religieux, et les doublaient de rituels païens liés à la fête (beuveries, banquets etc…) D'abord opposée à de telles manifestations de la foi, l'Eglise y trouvera son compte pour la défense de la religion traditionnelle et au moment de la Contre-Réforme.
Mais ce type de manifestation populaire choque beaucoup , et en particulier chez les intellectuels.