TECHNIQUES ARTISTIQUES DES TRÈS RICHES HEURES
Les frères Lýmbourg ont utilisé une impressionnante gamme
de couleurs, obtenues à partir de minéraux, de plantes ou de dérivés
chimiques, mélangés avec de la gomme arabique ou tragacintique afin
d'obtenir un liant pour la peinture. Parmi les couleurs inhabituelles pour
l'époque, citons le vert de flambe, obtenu à partir de fleurs écrasées, et
le bleu, appelé azur d'outrème (?), obtenu grâce à des pierres précieuses
venues du Moyen-Orient, des lapis-lazuli, broyées et pilées pour donner
ces bleus si éclatants. (ce qui donne à réfléchir sur le prix d l'œuvre,
même à l'époque !) Les détails particulièrement fins, ce qui semble
être une des qualités des frères Limbourg, étaient obtenus à l'aide de
brosses et de pinceaux vraiment fins, mais également grâce à un travail
réalisé sous des loupes grossissantes. Les additions artistiques opérées à
la fin du 14ème siècle par l'artiste Jean Colombe, ont été
effectuées avec moins de finesse que la base même de l'œuvre. Ainsi, le
calendrier reste tout de même pour l'essentiel, l'œuvre des frères
Limbourg, à l'exception peut-être du mois de novembre, où l'on peut
aisément reconnaître la patte de l'artiste Colombe.
La surface est douce et lustrée, obtenue par du verre
fondu préparée sur une surface, généralement de métal. Cette technique est
également appliquée à tout objet qui est fait, ou décoré à partir de ces
matériaux. L'histoire des émaux appartient d'ailleurs, à l'histoire de la
bijouterie ou de l'orfèvrerie, ainsi qu'à la science des Arts décoratifs,
mais rappelons nous qu'au Moyen-age, l'usage des émaux était plus répandu
qu'aujourd'hui, notamment l'autel de Klosterneuburg par Nicolas de Verdun.
Aujourd'hui, les émaux sont surtout utilisés comme protection ou
recouvrement, comme le sont la peinture ou la laque, sur des objets de
bois, de métal, etc...
Le terme "genre" est utilisé en histoire de l'Art et dans
la critique pour l'étude des scènes peintes, représentant des scènes du
quotidien. Il peut être appliqué à n'importe quelle période ou à n'importe
quel style, mais il est largement utilisé pour décrire les oeuvres des
artistes hollandais du 17ème siècle qui ont dépeint les scènes
du quotidien. Dans un sens plus général, le terme "genre" est employé pour
qualifier une branche ou une catégorie particulière de l'Art: paysage et
portrait, par exemple, sont des genres de peinture, et l'essai ou la
nouvelle est un genre en littérature.
Pour imprimer avec un morceau de bois, on sciait le bois
dans le sens du fibre. C'est la plus ancienne technique que l'on connaisse
et ses principes sont fort simples. Le dessin est fait dans du bois de
moyenne dureté, et les parties qui doivent rester blanches lors de
l'impression sont retirées à l'aide de couteaux et de gouges, laissant
ainsi le dessin à imprimer apparaître en relief. Il est ensuite trempé
dans l'encre et pressé contre un morceau de papier. Les origines des
pièces de bois dans l'impression sont assez obscures (le principe était
utilisé dans les productions artisanales au Moyen-Orient déjà au
Vème siècle de notre ère, mais la pièce de bois (en imprimerie)
telle que nous la connaissons en Europe est apparue au début du
XVème siècle. La pièce la plus ancienne que l'on connaisse est
sans doute celle de Saint Christophe (1423) par un artiste inconnu, et qui
se trouve dans la John Rylands Library, de Manchester. Il était utilisé
comme un élément technique décoratif dans les premiers temps de
l'imprimerie, mais au XVIème siècle, on s'en servit pour faire
des traits et des gravures, rendant par là son utilisation plus
subtile.
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