DU DUC DE BERRY
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JUILLET
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Cette
enluminure, qui semble être l'œuvre vers 1440 de l'artiste qui a peint le mois
de juin, complète la précédente par la présentation d'autres travaux agricoles.
Dans un champ délimité de chaque côté par des cours d'eau et par des arbres,
deux moissonneurs coupent le blé à la faucille; ils sont présentés en deux
attitudes différentes. Le blé coupé n'a pas encore été mis en gerbes. Dans le
champ, on reconnaît des bleuets et des coquelicots.
Au premier plan, dans le
triangle de droite, une femme en robe bleue, vue de dos, et un homme agenouillé
tondent des moutons avec force.
Si le paysage montagneux est conventionnel,
le château triangulaire aux toits d'ardoise bleue est celui de Poitiers, baigné
par le Clain. Construit par le Duc de Berry à la fin du XIVème
siècle, il restera en sa possession jusqu'à sa mort en 1416, et devient ensuite
la possession du duc de Touraine, puis, le 17 mai 1417, de Charles de France, le
futur Charles VII, qui en fit une de ses capitales. Dans ce château qui n'existe
plus, on pénétrait par une longue passerelle, que protégeait une tour
rectangulaire, et par un pont-levis. Un petit pont permettait d'accéder à la
tour avancée. A droite du château, un ensemble de bâtiments, dont une chapelle,
est protégé par un bras de rivière.
Le moissonneur, qui utilise une baguette sans doute pour redresser le blé,
s'apprête à se servir de sa faucille. Il rappelle l'un des trois faucheurs du
mois de juin: un chapeau à larges bords le protège du soleil; il porte une
chemise blanche sous laquelle on aperçoit un caleçon; il travaille pieds nus au
contraire de l'autre moissonneur.
Paysage de rivière avec deux cygnes,
ses osiers et ses roseaux. Le miniaturiste ne saisit plus seulement le détail
des phénomènes dans l'infinie diversité des apparences: "Par le jeu de
l'atmosphère dont le peintre enfin sait donner l'illusion, le paysage montre la
vérité de l'unité visible (G. Duby). Les enlumineurs, attentifs à la singularité
de chaque objet, parviennent à réunir la variété des apparences dans un univers
dont le principe lumineux assure la cohérence.
Le paysan d'une main, maintient un
mouton sur son genou, et, de l'autre, tient une force; il regarde travailler sa
compagne et sans doute lui donne-t-il des conseils. Les moutons des Très Riches
Heures du Duc de Berry
n'appartiennent plus à la tradition littéraire de la
pastourelle et de la bergerie; ils prennent place dans la réalité quotidienne
que le talent de l'artiste rend poétique.
