Geoffroy de Monmouth, Prophetiae Merlini
Début des prophéties de Merlin
France, abbaye Saint-Victor de Paris ?, 3e quart du XIIe siècle
Parchemin, A-136 f., 340 x 235 mm
Provenance : abbaye de Saint-Victor de Paris ; entré à la BN à la Révolution
Parchemin, A-136 f., 340 x 235 mm
Provenance : abbaye de Saint-Victor de Paris ; entré à la BN à la Révolution
BnF, Manuscrits, latin 14465 (f. 130)
Au cœur de son Historia regum Britanniae, Geoffroy Monmouth a inséré les Prophéties de Merlin, qu'il rapporte avoir traduites du breton en latin. L'histoire se déroule à la cour du roi Vortiger. À la demande du roi, qui veut savoir pourquoi la forteresse qu'il fait construire ne cesse de s'écrouler, Merlin révèle ses dons exceptionnels de magicien et fait assécher l'étang caché sous terre. Alors deux dragons tapis dans les pierres se réveillent et engagent le combat. Merlin décrypte la victoire du dragon blanc sur le dragon rouge comme un présage de la victoire des envahisseurs saxons sur les Bretons. Ainsi commence une longue déclamation prophétique dans laquelle il décrit les événements futurs de l'histoire du royaume de Bretagne jusqu'à l'époque de Geoffroy et, au-delà, jusqu'à la fin des temps. Le devin emploie de nombreuses métaphores animalières : le "renard de Kaerdubal", "couleuvre de Lincoln", le "sanglier de Cornouailles" (Arthur)... qui contribuent donner au récit sa couleur à la fois poétique et énigmatique. Le texte aurait été rédigé à une date antérieure à celle de l'Historia, peu avant 1135. Les Prophéties, isolées de leur contexte, ont circulé sous forme indépendante et ont connu ainsi une large diffusion. Très tôt annotées, traduites, commentées, elles n'ont cessé au cours des siècles de susciter la curiosité et l'intérêt.
Ce recueil-ci a sans doute été copié dans le scriptorium de l'abbaye de Saint-Victor de Paris. Une glose ajoutée à la même époque aide à déchiffrer le discours prophétique. Elle s'arrête dans le cours du texte sur cette phrase : Catuli leonis in equoreos pisces transformabuntur (les petits du lion seront transformés en poissons de mer) que la glose élucide ainsi : filii Henrici qui in mare necati sunt (les fils d'Henri qui ont péri en mer), en évoquant le célèbre naufrage de la Blanche Nef en 1120, près de Barfleur, où périrent les fils du roi d'Angleterre, Henri Ier Beauclerc. Cette interprétation reprend celle déjà formulée par l'abbé Suger, dans sa Vie de Louis VI le Gros, rédigée en 1144.
Ce recueil-ci a sans doute été copié dans le scriptorium de l'abbaye de Saint-Victor de Paris. Une glose ajoutée à la même époque aide à déchiffrer le discours prophétique. Elle s'arrête dans le cours du texte sur cette phrase : Catuli leonis in equoreos pisces transformabuntur (les petits du lion seront transformés en poissons de mer) que la glose élucide ainsi : filii Henrici qui in mare necati sunt (les fils d'Henri qui ont péri en mer), en évoquant le célèbre naufrage de la Blanche Nef en 1120, près de Barfleur, où périrent les fils du roi d'Angleterre, Henri Ier Beauclerc. Cette interprétation reprend celle déjà formulée par l'abbé Suger, dans sa Vie de Louis VI le Gros, rédigée en 1144.
