Guiron le Courtois
Bernabo Visconti en chevalier arthurien
Milan, vers 1370-1380
Parchemin, 92 f., 375 x 275 mm
Provenance : Bernabo Visconti (?) ; acheté en 1891 par la BN
Parchemin, 92 f., 375 x 275 mm
Provenance : Bernabo Visconti (?) ; acheté en 1891 par la BN
BnF, Manuscrits, NAF 5243 (f. 30 v°-31)
Le long roman de Guiron le Courtois se déroule au début des temps arthuriens, avant l'arrivée de Lancelot à la cour et le déclenchement de la Quête du Graal. Il intègre des épisodes du Tristan en prose. Composé avant 1240, il a souvent été intercalé dans d'autres textes arthuriens, et tout particulièrement dans la Compilation composée après 1273 par Rusticien de Pise - au point que ces deux œuvres ont souvent été confondues. Ce manuscrit étant incomplet, il est difficile de déterminer sa place dans la tradition du texte.
L'esthétique admirable et l'intensité poétique de cet exemplaire sont l'aboutissement des recherches commencées vers 1320, en Italie, sur le décor des textes narratifs, mais il doit sa perfection artistique et sa maîtrise de l'espace au maître qui l'a conçu et en a dirigé la réalisation. Bien que restreint dans les marges, l'épisode où Brunor et le Morholt quittent Arthur pour gagner leur logis en compagnie de Gauvain et de Bliobléris puis arrivent au château de la Douloureuse Garde y prend sous sa main une ampleur inégalée. Ces images sont aussi un témoignage irremplaçable sur les mœurs, la mode et l'armement de l'aristocratie dans l'Italie du XIVe siècle.
Bien qu'il ne fasse pas partie des volumes saisis à Pavie par Louis XII, le manuscrit a été réalisé pour un membre de la famille ducale milanaise, sans doute Bernabo Visconti (1354-1385). Le décor peint ne contient ni emblèmes ni armoiries, mais deux initiales filigranées sont ornées de l'emblème des Visconti (une "guivre"), accompagnée, dans la première, des lettres D. B., qui pourraient renvoyer à une émission monétaire de Bernabo (46 v°). Dans la lettre Q du folio 31, le petit personnage assis sur un coffre finement dessiné à l'encre est une réplique du chevalier causant avec Méliadus auprès d'une cheminée (71 v°). Il s'agirait d'un portrait de Bernabo Visconti, dont l'assassinat en 1385 explique peut-être que le décor soit resté inachevé.
L'esthétique admirable et l'intensité poétique de cet exemplaire sont l'aboutissement des recherches commencées vers 1320, en Italie, sur le décor des textes narratifs, mais il doit sa perfection artistique et sa maîtrise de l'espace au maître qui l'a conçu et en a dirigé la réalisation. Bien que restreint dans les marges, l'épisode où Brunor et le Morholt quittent Arthur pour gagner leur logis en compagnie de Gauvain et de Bliobléris puis arrivent au château de la Douloureuse Garde y prend sous sa main une ampleur inégalée. Ces images sont aussi un témoignage irremplaçable sur les mœurs, la mode et l'armement de l'aristocratie dans l'Italie du XIVe siècle.
Bien qu'il ne fasse pas partie des volumes saisis à Pavie par Louis XII, le manuscrit a été réalisé pour un membre de la famille ducale milanaise, sans doute Bernabo Visconti (1354-1385). Le décor peint ne contient ni emblèmes ni armoiries, mais deux initiales filigranées sont ornées de l'emblème des Visconti (une "guivre"), accompagnée, dans la première, des lettres D. B., qui pourraient renvoyer à une émission monétaire de Bernabo (46 v°). Dans la lettre Q du folio 31, le petit personnage assis sur un coffre finement dessiné à l'encre est une réplique du chevalier causant avec Méliadus auprès d'une cheminée (71 v°). Il s'agirait d'un portrait de Bernabo Visconti, dont l'assassinat en 1385 explique peut-être que le décor soit resté inachevé.
