Tristan en prose, Guiron le Courtois et Post-Vulgate
La première compilation arthurienne franco-italienne
Pise ?, 4e quart du XIIIe siècle
2 col. de 50 lignes aux f. 1-106 et 222-320, 2 col. de 42 lignes aux f. 107-221 et 321-511, incomplet (manquent le début et la fin), 275 x 190 mm
Provenance : collections Saibante ; acquis par le libraire Gianfilippi de Vérone ; acquis par la Bibliothèque royale auprès du libraire Tosi, de Florence, en 1843
BnF, Manuscrits, français 12599 (f. 17)
Ces cinq fragments sont l'œuvre de deux scribes différents. Le premier a copié les folios 1-106 (extraits de Guiron le Courtois et du Tristan en prose), 222-320 (fragment du cycle dit de la Post-Vulgate et version particulière de la Queste du Graal où l'on trouve des personnages de Guiron le Courtois et du Tristan en prose), 501-511 (fin du Tristan en prose, suite directe du f. 500 malgré le changement de copiste) ; le second scribe a copié les fragments des folios 107-221 (partie du Tristan en prose) et 321-500 (partie du Tristan en prose, suite directe du f. 221).
Il s'agit donc de la plus ancienne tentative de compilation, en un seul volume, de plusieurs romans arthuriens indépendants. Le fait que les deux derniers fragments, quoique copiés par deux scribes différents, donnent un texte continu, prouve qu'il ne s'agit pas d'un assemblage réalisé a posteriori, mais bien d'un projet concerté dont on peut encore saisir l'esprit, malgré diverses lacunes.
Son origine doit être recherchée en Italie, comme l'indiquent l'écriture, le fait qu'une partie du premier fragment soit en franco-italien et le style des enluminures (généralement de simples bustes de personnages inscrits dans l'initiale), à rapprocher d'une Mort le Roi Artu lombarde datée de 1280 (Chantilly, musée Condé, 111). Cela n'a rien de surprenant quand on connaît le succès du Tristan en prose et de Guiron le Courtois en Italie, et si l'on admet que le cycle dit de la Post-Vulgate a sans aucun doute été élaboré au-delà des Alpes.
Le feuillet présenté montre justement le passage très brutal, au milieu de la deuxième colonne, entre le texte français de Guiron le Courtois et, sans aucune rupture, une version fortement italianisée du même roman. Il s'agit là de la première traduction connue d'un roman arthurien français à destination d'un public italien.