Les savoirs-faire des bâtisseurs
de cathédrales gothiques à travers le carnet de croquis de Villard
de Honnecourt : histoire de l'architecture (gothique, médiévale..),
croquis animés, techniques de construction..
Villard de Honnecourt.
Le carnet de Villard de Honnecourt
Un homme du XIIIe siècle, maître d'œuvre et dessinateur, Villard de
Honnecourt, nous a laissé un carnet exceptionnel composé de notes et
de croquis. La précision des schémas, la qualité des esquisses,
l'exactitude des plans sont remarquables.
Le carnet ne traite pas seulement de la construction des cathédrales
mais plus généralement des techniques de construction de l'époque ;
on y trouve les plans de la tour de Laon, l'élévation intérieure des
chapelles absidales de la cathédrale de Reims ainsi que des motifs décoratifs
tels une rose rappelant celle de Chartres ou un pavage vu en Hongrie.
Les connaissances techniques se cachent souvent derrière des figures énigmatiques,
cavaliers, visages humains ou figures animales qui sont autant de
figures mnémotechniques que l'historien et architecte Roland Bechmann
s'est appliqué à déchiffrer et à interpréter.
Architecture gothique et médiévale.
cathédrale
gothique
La sculpture romane se développe principalement sur les chapiteaux des
piliers et au tympan des portails. Les sculptures représentent généralement
le Jugement dernier : le sort des malheureux voués à l'enfer y est décrit
en détail pour impressionner les fidèles. Le gothique se veut plus
proche de l'homme. Il est une délivrance des peurs ancestrales, du
monde foisonnant de monstres qui caractérisent le roman. "La pensée
nouvelle, écrit Georges Duby, faisait reculer la fable, le fantastique
des bestiaires, toutes les merveilles inventées; alors que croisés,
marchands et missionnaires partaient à la découverte de contrées
inconnues, elle dissipait les brumes et les fantasmes, elle venait
substituer des bêtes vivantes aux monstres que les héros des romans
courtois rencontraient naguère sur le chemin de leur errance, et les
feuilles que chacun peut voir dans la forêt à la flore symbolique des
enluminures..." Ainsi, les chapiteaux intérieurs sont-ils souvent
décorés de plantes et de fleurs. La sculpture gothique tend à
exprimer l'idée d'un Dieu plus humain, d'un Dieu de miséricorde. De même,
tout dans le vitrail est fait pour rappeler que "Dieu est lumière".
Le gothique transmet l'image d'une religion plus apaisée, voire
optimiste. L'art chrétien dessine alors une religion de l'espérance et
de l'indulgence.
Aux portes des édifices, des bas-reliefs relatent des scènes de la vie
quotidienne de l'époque comme le Calendrier des mois du portail de
Saint-Firmin de la cathédrale d'Amiens. Animaux fantastiques et autres
monstres ont disparu. Le décor se définit par son naturalisme. Ce
souci de vérité s'étend à la représentation humaine. Les portails
sont ornés de statues-colonnes. À Chartres celles du portail royal
représentent les rois et reines de l'Ancien Testament (v. 1150). Les
compositions sont centrées sur le Christ aux traits d'un homme beau et
bon tel le Beau Dieu d'Amiens (v. 1230). Les tympans représentent désormais
un Christ sauveur et accueillant, à l'image du Christ du Jugement
dernier au portail de la cathédrale Saint-Étienne à Bourges. Le décor
des portails change avec la présence de Marie à qui la plupart des
cathédrales sont dédiées sous le vocable de "Notre-Dame" :
à Notre-Dame de Paris, un portail est consacré à la Vierge vers 1210.
La sculpture ne fait plus corps avec le mur. De plus en plus dégagées
de l'architecture, les statues perdent l'aspect immobile et fantastique
des figures romanes. Les personnages s'humanisent et témoignent d'un
souci de raffinement. Les mouvements et les attitudes deviennent
gracieux, les poses plus naturelles comme en témoigne à Reims le
sourire de l'Ange de l'Annonciation (v. 1250).
Le vitrail, et la sculpture sont considérés comme les arts les plus
importants du gothique. Pourtant les "arts mineurs" suscitent
aussi des chefs d'œuvre. Miniaturistes, ivoiriers ou orfèvres
excellent dans leur art.