La période entre les deux Testaments

(dite inter testamentaire)

Les livres deutérocanoniques

La chronique historique d'Israël (et donc l'Ancien Testament) se termine environ 400 ans avant la naissance de Jésus qui marque le début du Nouveau Testament. Naturellement, bien des choses se sont produites dans cet espace temps. Et plusieurs livres furent rédigés pour relater ces quatre siècles. Mais à l'époque, les Juifs pensaient aussi que le temps de la révélation de Dieu était terminé depuis Esdras.

400 ans de dominations étrangères

Entre la dernière ligne de l'Ancien Testament et la première du Nouveau, quatre siècles s'écoulent. La Palestine avait été le jouet de plusieurs nations. Les Assyriens, premièrement, puis les Babyloniens et les Perses. C'est ensuite la Grèce qui devient, dans cette région du monde, la super puissance. Son influence a été considérable et dura assez longtemps. L'âge d'or de la Grèce commença en 480 avant Jésus-Christ. Politiquement, la Grèce commence à devenir puissante avec Philippe II de Macédoine, puis surtout avec son fils, Alexandre le Grand qui étendit l'Empire grec sur la Perse, l'Égypte, la Syrie et jusqu'aux plaines de l'Indus. Ses fils se partagèrent l'empire : Ptolémée en Égypte et Séleucos à l'Est. La Palestine se trouva alors comme prise dans une tenaille

Puis, c'est Rome qui devient la puissance dominante dès les années 170 avant Jésus-Christ. Les Romains envahirent tout le bassin Méditerranéen, mais gardèrent la culture grecque dont ils étaient imprégnés.

Au moment de la naissance de Jésus, ce qui reste d'Israël est sous domination romaine. La langue parlée est l'araméen plus que l'hébreu, mais le Nouveau Testament sera écrit, pour l'essentiel, en grec.

Les livres cachés

Les livres qui furent écrits durant cette période dite inter-testamentaire, n'entrèrent pas dans le canon juif, même s'ils étaient lus et appréciés. Lorsqu'une version grecque de l'Ancien Testament fut mise en place (la Septante), les livres de cette période furent également traduits. C'est ainsi

qu'ils entrèrent, sans forcer, dans les premières Bibles de l'ère chrétienne. Ils furent pourtant appelés livres apocryphes (cachés) et, plus tard, deutérocanoniques ou deuxième canon

Les livres deutérocanoniques furent rédigés, pour la plupart, entre les années 300 et 70 avant Jésus-Christ. Ils ne firent jamais partie de la Bible hébraïque, ni des traductions protestantes de la Bible. En revanche, on les trouve dans les traductions catholiques et orthodoxes.

Les principaux livres de cette deuxième liste sont :

Tobit,   Judith,   Ajout à Esther,   Sagesse de Salomon,   Ecclésiastique (ou Siracide),   Baruch
 Lettre de Jérémie,   Ajout à Daniel,   1 et 2 Maccabées.

Dans certaines versions très anciennes, on trouve même d'autres titres (dans les églises orthodoxes d'Orient) : Psaume 151, 3 et 4 Maccabées, 1 et 2 Esdras, Prière de Manassé.

 

Tobit

Un conte dont le héros, Tobit, est devenu aveugle à cause de la fiente de pigeon tombée dans ses yeux. Son fils, Tobias, va chez une cousine (Sara) pour chercher un remède. Or, Sara rencontre elle-même beaucoup de malheur puisque ses sept maris successifs meurent la nuit de noce à cause d'un démon. Pour faire fuir ce démon, il faut brûler le cœur et le foie d'un certain poisson. Du même poisson, on extrait du fiel qui va guérir les yeux de Tobit.

Il est facile de comprendre pourquoi les Juifs ne firent pas entrer ce livre dans leur Bible.

 

Judith

C'est l'histoire inventée d'une femme, Judith, qui use de séduction pour sauver Jérusalem assiégée. Elle quitte la ville pour s'introduire dans le camp des ennemis. Là, elle utilise ses charmes pour endormir la méfiance du général Holopherne, l'entraîne dans la boisson et... lui tranche la gorge.

 

Ajout à Esther (Esther grec)

Lorsque nous avons présenté le livre d'Esther, nous mentionnions son originalité : le nom de Dieu ne s'y trouve pas. Les traducteurs de la Septante, trouvant que le livre manquait de dimension religieuse, ajoutèrent quelques passages où ils firent intervenir Dieu.

 

Sagesse de Salomon

Un poème à la gloire de la sagesse, rédigé autour des années 100 avant Jésus-christ et ne pouvant être attribué à Salomon.

 

L'Ecclésiastique (ou Siracide)

Ouvrage d'un certain Sira, rédigé vers 180 avant Jésus-Christ, et dont le thème central est la sagesse. La sagesse se trouve à Jérusalem plus qu'à Athènes, selon son auteur.

 

Baruch

Il y a pour ce livre un problème de datation. Il semble avoir été rédigé entre le IIe et le Ier siècle avant Jésus-Christ, mais présente une situation plus proche du IVe siècle, époque de l'exil. Le thème est encore et toujours la sagesse. C'est également un livre enthousiaste qui déborde de reconnaissance à l'égard de Dieu qui donne cette sagesse.

Le livre porte le nom de Baruch, qui était le secrétaire de Jérémie, mais manifestement, l'auteur a pris ce nom pour crédibiliser son texte. C'est ce que l'on nomme un pseudépigraphe.

 

La lettre de Jérémie

C'est un texte dans l'esprit du prophète Jérémie, mais qui est bien plus tardif. Il encourage les exilés et les captifs à rester attachés au Dieu de leurs pères.

 

Les ajouts à Daniel (Daniel grec)

Plusieurs épisodes ajoutés à l'histoire et au livre de Daniel : la prière des trois jeunes gens jetés dans la fournaise ardente ; l'histoire d'une jeune fille, Suzanne, accusée d'adultère et innocentée par Daniel ; Bel et le dragon, récit de deux épisodes où Daniel ridiculise premièrement le Dieu Bel, et deuxièmement, combat un dragon adoré par les Babyloniens.

 

1 et 2 Maccabées

Longs récits historiques de la révolte des cinq frères Maccabées contre l'envahisseur Antiochus IV (roi syrien). Les événements sont relatés avec force détails et beaucoup d'exactitude historique. Ces livres sont très intéressants sur ce plan.