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Runes et Ogams

Runes et Ogams, les origines

L'origine des runes n'est pas celtique ! On a découvert dans une grotte souterraine en Suède des symboles pré-runiques datant du second âge du Bronze (IIème millénaire av JC) . Bien sûr, à cette époque, les runes sont sous leur forme primitive de pictogramme. Elles proviennent de la stylisation des signes sacrés gravés sur les pierres. Les Germains et Scandinaves ont conservé cet alphabet sacré en laissant des messages gravés sur les pierres de manière à pouvoir interroger l'au-delà et communiquer avec la Terre-Mère.

Les runes ont une fonction divinatoire et initiatrice. Elles ont été remises à la mode en Europe à la fin du 17ème siècle. L'engouement pour la civilisation celtique datant de la même époque, les "romantiques" ont associé les runes aux Celtes. D'ailleurs, une incontournable façon de tirer les runes s'appelle la Croix celtique. Les jeux de rôles actuels ont d'ailleurs repris cette association erronée. Il est également intéressant de constater que les symboles figurant sur les runes ont des traits communs avec les écritures romaine et grecque antiques. Les Celtes anciens n'ont pas d'alphabet propre. Après JC, il faut distinguer :

- l'écriture ogamique, faite de traits verticaux, horizontaux et obliques, présente sur les pierres ; l'alphabet est appelé Beth-Luis-Nion (en rapport avec les arbres correspondants).

- l'écriture calligraphique, employée sur les livres du haut-moyen âge, irlandais notamment. Plusieurs sites web proposent les polices de caractère TrueType de ces deux "écritures" (nous recommandons celui du Miroir des Mondes).

Ainsi, les runes norroises (ou scandinaves) constituent un alphabet magique servant à la fois à l'écriture courante et à la divination. L'étymologie du mot rune signifie "mystère", "chuchotement", et en ce sens, les ogams sont également des runes . Cependant, dans ce cas précis, le terme est inadéquat puisqu'il désigne un alphabet celtique à l'aide d'un mot d'origine scandinave. Les ogams - à l'inverse des runes norroises - ne servent qu'à la magie (malédictions efficaces tant que le support écrit subsiste) et à la divination ( les ogams sont gravées sur des baguettes d'if et jetées). A l'époque, la difficulté de lecture de l'écriture ogamique rend impossible l'élaboration de texte de grande longueur. Les sons transcris par les différentes lettres montrent que l'alphabet ogamique fut calqué sur l'alphabet latin. Au début de l'époque chrétienne, les ogams ne sont plus utilisés que pour les tombes afin de fixer éternellement la demeure du défunt. Malheureusement, nous n'avons presque rien retrouvé des techniques d'utilisation des ogam.

Les runes nordiques

On raconte que ce fut Odinn, le plus ancien des dieux nordiques, qui perça en premier les mystères des runes.

"Odinn voulait connaître les runes et les révéler. Les runes, ces signes mystérieux, écriture secrète et magique, symboles d'une connaissance interdite auxquelles les dieux n'avaient pas accès. Neuf jours et neuf nuits, il médita dans l'ombre protectrice d'Ygdrasil. Puis il demanda aux autres dieux de réaliser son désir. C'était un véritable sacrilège que de réclamer ce pouvoir interdit aux dieux, aussi refusèrent-ils.

Alors Odinn demanda l'arbitrage des Nornes. Les gardiennes des portes sombres, après réflexion, lui furent favorables ; mais elles lui imposèrent de terribles conditions. Odinn accepta le sacrifice, en toute connaissance de cause. Il se pencha sur la fontaine de Mimir. Comme il ne voyait rien, il sacrifia son oeil droit, qui tomba dans la source sacrée. Alors il vit. Il vit les temps infinis, la profondeur de la mémoire, le passé et le futur des hommes. Puis, il se perça le flanc de sa lance et les dieux le pendirent, la tête en bas, par un pied, sur l'if sacré où il était né.

Tous les bourgeons de l'arbre se mirent à saigner. Pendant neuf terribles nuits de souffrance, le dieu borgne resta suspendu à Ygdrasil. Neuf nuits, comme il faut neuf mois pour faire un homme. Ses seuls compagnons étaient ses corbeaux, Hugin et Munin, et ses deux loups, Freki et Geri. Ils accompagnaient de leur chant de désespoir son horrible supplice. Odinn lutta pour surpasser sa douleur, s'appliquant à percer le secret des runes. Il finit par les découvrir et les retint dans une indicible souffrance, à la fin de la neuvième nuit.

Alors que les ténèbres cédaient la place au soleil, le dieu fut illuminé par la lumière des runes enfin révélées. En découvrant les runes, Odinn devint "le prince du pouvoir gravé". Odinn enseigna qu'il faut utiliser les runes dans toutes les circonstances de la vie, car elles sont un guide, une aide ; elles sont l'espoir des désespérés, les fidèles compagnes du coeur brisé par la solitude."

Pour information, Ygdrasil est une frêne, un arbre merveilleux éternellement vert au-dessous duquel les dieux (toujours nordiques) se réunissent tous les jours.

Les runes en question (attention, runes non-celtiques !)

Les runes sont au nombre de 24, plus une rune "vide" représentant le wyrd (la destiné). Elles sont divisées en trois familles de huit runes, aussi appelées aettir. Chacune de ces familles est dédiée à une divinité. Ainsi, on distingue :  Ce tableau représente les runes dites de caractères anglo-saxonnes.

Aettir de Frey

Dieu de la fertilité, de la paix et de l'abondance. Cet aettir est dédié au corps et au monde matériel et symbolise la rencontre de l'homme et des grands principes qui régissent la vie terrestre.

Feoh

Ur

Thorn

Os

Rad

Ken

Gyfu

Wyn

Aettir de Heimdall

Dieu de la lumière et du feu, cet aettir symbolise le travail de l'âme. C'est aussi l'aettir du Wyrd (destin et âme), mais également de de l'esprit et de l'illumination.

Hagel

Not

Is

Ger

eoh

Peorth

Eolh

Sighel

Aettir de Tyr

Dieu de la guerre et de la victoire, cet aettir possède une forte connotation gestatrice. C'est élévation spirituelle et l'accomplissement humain. C'est aussi l'aettir de l'esprit et de l'illumination, mais également l'aettir du Wyrd (destin et âme).

Tyr

Beorc

Ehwaz

Man

Lagu

Ing

Daeg

Odal

Wyrd

Le destin

 

Les tirages

 

·      Ancienne méthode

Tacite décrit l'oracle pratiqué par les Germains : ils découpaient une branche d'arbre fruitier en plaquettes qu'ils couvraient ensuite de signes. Les plaquettes marquées de glyphes sacrés étaient ensuite éparpillées sur une étoffe blanche. Le prêtre en choisissait trois au hasard, et ces trois runes lui apportaient la réponse à la question. Il s'agit du tirage des Nornes, évoqué dans la légende ci-dessus

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