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civilisation celtique antique > 2 - La société celtique
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a.b.c.d.e.f.g - 3
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C - Les Celtes
et la guerre
Les
combats, les guerriers et leur équipement
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Les combats permettent de délier les petits et les
gros conflits. Ainsi, ils vont des petites querelles aux grandes batailles.
L'élite du peuple, généralement les grands propriétaires, conduit les
troupes à la bataille et est chargée sur le champ de bataille de protéger
le chef ou le roi. L'apparence des guerriers est d'une grande importance.
Polybe décrit la bataille de Telamon, en 225 av. JC, qui fut une échec pour
les Celtes : "Les hommes sont nus au premier rang, ceux des premières
lignes sont parés de colliers et de bracelets d'or". Ainsi, il semble
que les Celtes combattent nus, se peignant parfois le corps avec de la
teinture bleue pour impressionner leur adversaire ! Ils brandissent
également des gonfanons, enseignes de guerre formées par une sorte de
bannière quadrangulaire et fréquemment représentée sur les monnaies
gauloises. Les enseignes sont également des emblèmes militaires constitués
vraisemblablement par des statuettes d'animaux, plus particulièrement de
sangliers, portées sur une longue hampe. Ces enseignes sont connues par les
représentations antiques, notamment les trophées d'armes celtiques.
Certaines statuettes ont des dispositifs de fixation qui semble indiquer
cette utilisation.
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Statue de guerrier en bronze - IIème
ou Ier siècle av JC - Oise
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Char à deux roues
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Les chevaux sont très importants lors des combats.
Ils n'ont pas d'étriers, sont montés par les chevaliers mais servent aussi
à tirer les chars. Le chef est généralement sur un char rapide à deux roues
mais pour combattre avec honneur, il descend de ce char et ses guerriers
font de même.
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Les soldats utilisent des trompettes (carnyx) dont
le son est puissant et discordant. Ces trompettes ont pour rôle d'effrayer
l'ennemi. Strabon, géographe grec antique, décrit le point faible des
Celtes lors des combats : "Ils se ruent dans la bataille sans se
dissimuler et sans regarder ni à droite ni à gauche". Il suffit alors
de provoquer leur colère dans un endroit désiré pour qu'ils
"foncent" et tombent dans le piège.
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Au niveau de l'équipement du guerrier, il se compose
de lances, d'épées, de poignards, de boucliers, de casques et de temps en
temps d'armures à mailles métalliques. Nous détaillerons plus tard ces armes.
Ces armes sont aujourd'hui retrouvées dans les tombes. Parfois, elles sont
pliées ou cassées en plusieurs morceaux de manière à leur ôter leurs valeurs
et leurs symboles. Plus les armes sont impressionnantes et décorées, plus son
propriétaire jouit d'un statut social élevé. Certaines sont offertes en
offrande aux puissances surnaturelles (elles ne peuvent pas servir car étant
trop fragiles !). Généralement, les armes sont en fer ou en bronze, parfois
en or avec des incrustations de corail, d'ivoire, d'ambre, ce qui confirme la
qualité du réseau de distribution. Elles sont considérées comme des objets
personnels et ne sont donc prêtées. A la mort du guerrier, elles sont
enterrées avec le défunt.
Les
armes offensives
L'épée et son fourreau
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Epées en fer
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Réservée à une élite du peuple au début du second
âge du fer, l'épée se répand et devient ensuite un objet standard de la
panoplie du guerrier. Du fait d'une utilisation de plus en plus courante,
la forme de l'épée se modifie. A l'origine courte et effilée (quelques décimètres),
l'épée s'allonge vers la fin du VIème siècle avant JC pour devenir plate et
longue, dépassant parfois le mètre de longueur. Le bout de la lame subit
lui aussi une transformation et devient arrondi.
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Poignard en fer - Charente - Ier
siècle av JC
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Fourreau d'épée en bronze - IIIème
siècle av JC - Londres
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L'épée est en fer car les Celtes manient très bien
cette matière. De ce fait, elle est d'une qualité irréprochable et crainte
par de nombreux peuples en même temps qu'admirée. Elle est davantage conçue
pour trancher que pour porter des coups. Ces épées sont imitées et
exportées en Corse et dans certains peuples italiques.
La soie est séparée de la lame par une petite
pièce indépendante en fer. Cette lame est généralement simple,
contrairement à la poignet et au fourreau qui possèdent de nombreuses
décorations, en particulier des symboles astraux. Le plus souvent, la
poignée est en matière périssable. D'après les nombreuses fouilles et les
oeuvres des auteurs antiques, on sait maintenant que le guerrier celte
porte l'épée dans son fourreau sur son côté droit. Cependant, il peut aussi
la porter à hauteur d'épaule si celle-ci est longue.
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Exemple de motifs pouvant décorer un
fourreau
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La longue épée de taille et d'estoc, arme par
excellence des guerriers celtiques laténiens, est portée dans un fourreau généralement
en bronze. Cependant, les premiers sont métalliques, ornés simplement et
ressemblent à de pâles copies des fourreaux en cuir, notamment au niveau
des motifs. Le fourreau est constitué de deux plaques, l'une positionnée
par dessus l'autre et fixée à cette dernière sur la face arrière par une
chape qui peut-être décorée. La plaque de droit (exceptionnellement la
plaque de revers) présente souvent une ornementation gravée, repoussée ou
estampée : la paire de "dragons" emblématiques, disposée sous l'entrée
du fourreau, est la plus répandue. Les décorations indiquent le rang social
du propriétaire. Elles peuvent également représenter des batailles, et
possèdent des sens religieux censés éloigner le maléfique.
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L'arc
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On
trouve très peu de traces d'arc chez les Celtes, sauf dans quelques tombes.
Si l'arc est utilisé par les Celtes, son utilisation semble réduite à la
chasse.
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Les armes de jet (lances, javelots, frondes...)
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Lance en fer
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En revanche, les armes de jet sont omniprésentes
chez le guerrier. L'évolution de ces armes est un peu la même que celle de
l'épée. Les armes de jet deviennent aussi d'usage courant dans la panoplie
du guerrier qui est désormais équipé d'une épée, d'une lance, de deux
javelots, éventuellement d'une fronde, d'un bouclier et d'un casque dont
nous reparlerons un peu plus tard.
Comme les épées, les armes de jet s'allongent, infligeant
d'énormes dégâts et s'ornent de motifs au fur et à mesure du temps.
Toutefois, elle restent peu décorées, mais les motifs sont remarquables
lorsqu'elles le sont.
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Lance (fer, bronze) - Londres - Fin du Ier siècle av JC
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Les armes défensives
Le casque
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Casque (fer, bronze, or, argent,
corail - Agris

Casque en bronze - Londres

Casque en bronze - Doubss
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Le casque est la seule arme défensive vraiment
portée par les Celtes. Le plus souvent, il est fait en bronze. Certains
cependant échappent à la règle et sont en fer. Par la suite il est surmonté
d'une pointe plus ou moins haute. A l'arrière du casque se trouve un
couvre-nuque. Sur les côtés, on trouve parfois des pièces en métal servant
à protéger les joues (paragnathids?).
Les casques aussi sont ornés de magnifiques
décorations. Les plus beaux d'entre eux sont probablement réservés à une
élite guerrière. Les cornes représentent la férocité et la virilité. Par la
suite, la forme des casques se modifie. Ils deviennent moins hauts, moins
élancés, aboutissant parfois à de simples calottes hémisphériques en fer ou
en bronze.
A côté de tous ces casques métalliques, il existe
sans doute des calottes en cuir qui, avec le temps disparaîtront.
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Casque (bronze, or, fer, émail) -
Anfreville sous les monts

Casque en fer - IIIème siècle av JC -
Roumanie

Casque (fer, bronze, corail) - fin
IVème siècle av JC - Canosa
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La cotte de mailles et la cuirasse
Il semble en fait que les Celtes ont transmis la
cotte de mailles aux Romains, et non l'inverse. Pourtant, très peu de traces de
cottes de mailles sont retrouvées dans le monde celtique. Elles sont rares
car probablement très chères de fabrication. Il en va de même pour les
cuirasses métalliques. Elles apparaissent véritablement à la fin de l'âge du
fer. Cependant, comme pour les casques, il existe sans doute des cuirasses en
matière périssable (comme le cuir par exemple) qui disparaissent sans laisser
de traces...
Le bouclier
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Habillage de bouclier (bronze, émail)
- Londres
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Le bouclier est sans aucun
doute l'élément essentiel de défense du guerrier celte. Ces derniers
l'utilisent parfois lors de batailles en frappant l'épée dessus : le bruit
provoqué mêlé à leurs chants et cris de guerre est un moyen certain
d'impressionner l'ennemi.
On ne retrouve aucune pièce métallique de bouclier
avant le IIIème siècle avant JC, il devait alors être en matière organique.
A partir de cette période, la forme rectangulaire ou ovale et allongée du
bouclier semble être fixée. Sa hauteur est d'environ un mètre. Il est alors
composé le plus souvent de trois planches de bois, assemblées soit par de
la résine, soit par un ensemble de clous et de chevilles de bois. Le tout
peut être recouvert de feutre de laine.
Très souvent, le bouclier est renforcé d'éléments
de fer, en particulier l'umbo qui protège la partie centrale, à l'endroit
où est fixée la poignée qui permet de le tenir et de le manipuler. Le
bouclier en lui-même est peu décoré, mais cet umbo métallique est quelques
fois orné de motifs.
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Bouclier en bronze - IIème Ier siècle
av JC
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La trompette (carnyx)
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Carnyx
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Le carnyx n'est pas une arme, mais une trompette
de guerre utilisée verticalement et qui sert à effrayer l'ennemi. C'est un
long tube de bronze terminé par un pavillon généralement en forme de hure de
sanglier, symbole de la combativité et de l'invincibilité. Parfois, il est
en forme de tête de loup ou encore en forme de tête humaine qui semble
grommeler.
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Monnaie (argent)
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Les bâtiments
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Nous ne sommes pas réellement sûr de la
"celticité" des forts celtiques. En effet, leur date de
construction reste incertaine. Ils ont peut-être été bâtis par les
prédécesseurs des Celtes, ceux qui ont levés la plupart des mégalithes qui
parsèment l'Europe de l'ouest (voir rubrique symbolisme/mégalithes de ce
site). Quoi qu'il en soit, ils sont utilisés par les Celtes et sont
"celtisés".
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Forteresse de Maiden Castle, Dorset,
Angleterre

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Fort celtique Dùn Aengus (Dùn Aonghasa), sur l'île
d'Inishmore (Inis mor), au large de Galway dans le Connemara
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Fort celtique Dùn conchùir (Dùn Cunchuibhùir) sur
l'île de Inishmaan (Inis meàin)
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Tactiques de combat
Sur une place forte
Les Celtes se font souvent la guerre,
par conséquent, les moyens de défenses des bâtiments doivent être prévus pour
des attaques surprises violentes. Nous avons vu que les oppida ont de hauts
remparts. Des fossés profonds s'y ajoutent, rendant les assauts encore plus
difficiles. Ainsi, les Romains, plutôt que de lancer une attaque qu'ils
risquent de perdre préfèrent souvent assiéger le fort. Au terme d'un siège
long, la population manque de vivres et d'eau, et doit se rendre. C'est ce
qui c'est passé lors du siège d'Alésia avec Vercingétorix. Cependant, les
Celtes se battent le plus souvent entre eux. Ils n'utilisent pas alors la
tactique des Romains, et préfèrent se ruer directement sur les fortifications
ennemis, surtout sur les portes qui sont le point faible de la défense. Ils
peuvent aussi dresser des tours en bois qui permettent de mieux dominer
l'adversaire. Les assiégés, derrière les palissades, en haut de leurs
remparts, jettent des pierres et des lances.
En terrain découvert
La tactique des Celtes au début d'un
affrontement est de faire le plus de bruit possible en soufflant dans les
carnyx et en tapant sur leurs bouliers (un peu comme les C.R.S
aujourd'hui...). Ils déchaînent leur fureur guerrière avant le début du
combat de manière à déstabiliser l'ennemi. Les cavaliers s'avancent devant
l'adversaire en l'insultant et en jetant des lances dans sa direction. Ceux
qui sont sur des chars descendent parfois pour livrer bataille au sol. Enfin,
l'infanterie donne l'assaut. Après le fin du combat, certains prisonniers
sont fait esclaves mais la plupart sont décapités (cf culte de la tête).
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