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Annexe |
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Henri IV fait pression sur le parlement de Paris pour obtenir l'enregistrement de l'Édit de Nantes (7 janvier 1599). Vous me voyez en mon cabinet, où je viens parler à vous non point en habit royal ou avec l'épée et la cape, comme mes prédécesseurs, ni comme un prince qui vient parler aux ambassadeurs étrangers, mais vêtu comme un père de famille, en pourpoint, pour parler familièrement à ses enfants. Ce que je veux dire, c'est que je vous prie de vérifier l'édit que j'ai accordé à ceux de la Religion. Ce que j'en ait fait est pour le bien de la paix ; je l'ai faite au dehors, je veux la faire au dedans de mon royaume. Vous me devez obéir quand il n'y aurait considération que de ma qualité et obligation que m'ont mes sujets et particulièrement vous de mon parlement. J'ai remis les uns en leurs maisons, dont ils étaient bannis, les autres en la foi qu'ils n'avaient plus. Si l'obéissance était due à mes prédécesseurs, il m'est dû autant ou plus de dévotion, parce que j'ai rétabli l'État, Dieu m'ayant choisi pour me mettre au royaume, qui est mien par héritage et acquisition. Je sais bien qu'on fait des brigues au parlement, que l'on a suscité des prédicateurs factieux, mais je donnerai bien ordre contre ceux-là et ne m'en attendrai à vous. C'est le chemin que l'on prit pour faire des barricades et parvenir par degrés à l'assassinat du feu roi. Je me garderai bien de tout cela ; je couperai la racine à toutes ces factions et à toutes ces prédications séditieuses, faisant accourcir tous ceux qui les suscitent. J'ai sauté sur des murailles de villes, je sauterai bien sur des barricades. Ne m'alléguez point la religion catholique ; je l'aime plus que vous, je suis plus catholique que vous : je suis le fils aîné de l'Église, nul de vous ne l'est ni ne peut l'être. Vous vous abusez si vous pensez être bien avec le pape ; j'y suis mieux que vous. Quand je l'entreprendrai, je vous ferai tous déclarer hérétiques, pour ne vouloir pas obéir. J'ai plus d'intelligences que vous ; vous avez beau faire, je saurai ce que chacun dira... ...Donnez à mes prières ce que n'auriez voulu donner à mes menaces ; vous n'en aurez point de moi. Faites ce que je vous commande au plus tôt, dont je vous prie. Vous ne le ferez seulement pour moi, mais aussi pour vous et pour le bien de la paix. Cité par L. Gothier et L. Troux, Recueil de textes d'histoire, tome lll, Les temps modernes. Paris. 1959. |