L'ÉDIT DE NANTES
En avril 1598, le roi Henri IV impose à l'ensemble de ses sujets l'Édit de Nantes qui accorde une relative liberté de culte et des privilèges judiciaires, militaires et politiques à la petite minorité protestante dans un royaume de France où le catholicisme reste religion d'État. Cette légalisation de la cohabitation religieuse dans un État est une résolution exceptionnelle dans une Europe chrétienne qui reste presque unanimement fidèle à l'idéal de communion de foi entre le prince et ses sujets. La nouveauté de cette politique est d'autant plus grande que les États protestants demeurent très attachés au modèle de l'Église d'État et que la tendance dominante est au refoulement du protestantisme dans les états catholiques selon la logique de la Contre Réforme lancée par le Concile de Trente. À une époque où la division religieuse d'un État reste, pour la plupart des acteurs de l'histoire, synonyme de décadence à venir, et où la tolérance n'est admise que comme un moindre mal face à un danger encore plus grand, il importe de comprendre comment les Français ont pu accepter ce régime pendant presque un siècle. L'histoire de la tolérance dans la France d'Ancien Régime est celle du premier apprentissage contraint d'un statut ensuite rejeté, parce que toujours connoté négativement, avant que les mutations culturelles et politiques du XVIIIe siècle ne transforment difficilement cette pratique en valeur positive.
A partir de cet évènement emblématique aux conséquences multiples, voici, présentée en 30 questions, une vision synthétique du problème de la tolérance du protestantisme dans une France catholique.
Auteur : Guy Saupin
Guy Saupin enseigne l'Histoire moderne à l'Université de Nantes.
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