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Comment les protestants ont-ils accueilli l'Édit de Nantes ? |
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Une certaine déception se fait jour dans « le petit troupeau » des réformés lors de la publication de l'édit. Beaucoup avaient espéré davantage de la part d'un ancien coreligionnaire, spécialement des conditions plus libérales pour l'exercice du culte public. L'espérance royale, clairement énoncée, du retour à l'unité religieuse, fait de cet « édit perpétuel » une législation transitoire, et laisse aussi planer des inquiétudes pour l'avenir. La négociation entre le roi et ses anciens compagnons d'armes n'a d'ailleurs jamais été facile. Si les conseillers les plus proches comme Sully ou du Plessis Mornay ont approuvé l'abjuration de juillet 1593 comme un acte de réalisme politique indispensable pour achever la guerre civile, beaucoup de huguenots ont été désorientés par cette conversion. L'assemblée générale représentant neuf provinces, renforcée par la grande noblesse réformée, siège quasiment en permanence de 1596 à 1598 dans les villes du val de Loire et joue le rôle de groupe de pression pour obtenir le maximum ; mais n'est pas en position de force pour contrer un monarque qui apporte la paix intérieure et extérieure à un royaume exténué. |