Comment les catholique ont-ils accueilli  l'Édit de Nantes ?

La plupart des catholiques sont partagés entre la satisfaction du retour à la paix et l'acceptation difficile de la coexistence avec une confession religieuse jugée hérétique. Seuls quelques ultras isolés souhaitent la poursuite du conflit pour l'éradication du protestantisme. Le pape Clément VIII ne consent même pas à « la pire chose du monde » admettre la liberté de conscience condamnée comme qu'exaltation d'un pur indivi-dualisme religieux contraire à la définition chrétienne de l'Église. Si la grande majorité voit dans le ralliement d'Henri IV au catholicisme des raisons d'espérer une élimination progressive d'un corps toujours considéré comme étranger, certains trouvent les concessions trop fortes. L'Église catholique et les membres du parti dévot, lequel se constitue en intégrant beaucoup d'anciens ligueurs, jouent également le jeu des groupes de pression. Leur espoir réside en premier dans la résistance des parlements, cours souveraines de justice qui doivent enregistrer l'édit pour qu'il entre en application. La mauvaise volonté du parlement de Paris, qui oblige Henri IV à déployer toute son habileté politique dans une synthèse de bonhommie et d'autoritarisme, fait traîner l'acceptation jusqu'en 1599. Si le ralliement de la cour la plus prestigieuse du royaume entraîne ceux des cours provinciales, l'opiniâtreté de celle de Rouen repousse l'enregistrement jusqu'en 1609.

L'acceptation de l'Édit de Nantes est donc vécue par les catholiques non pas comme l'expression d'un idéal philosophique ou religieux, mais comme la moins mauvaise des solutions imposée par la priorité politique absolue de clore une guerre civile et d'amorcer la reconstruction du royaume. Pour beaucoup, il s'agit d'une pause avant de relancer le processus d'unification religieuse par d'autres moyens que la guerre, puisque cette dernière n'est pas parvenue à résoudre le problème.