|
|
TROISIEME PERIODE (18 Janv 1561 - 4 Déc
1563) |
|
C'est PIE IV (1559 - 1565), aidé de son
légat MORONE, et de son neveu Saint Charles BORROMEE qui mène
jusqu'à son terme le Concile de TRENTE. La situation a
considérablement changé et tout le monde souhaite alors ce concile.
L'Empereur Ferdinand 1er et le roi d'Espagne Philippe II,
successeurs de Charles-Quint veulent régler les rapports du clergé
et de leurs Etats avec Rome. En France, la régente Catherine de
Médicis et son chancelier modéré Michel de l'Hôpital ont besoin de
ce concile pour éclaircir la crise ouverte par les guerres de
religion. Mais les intérêts en jeu laissent présager de fortes
pressions de la part des Chefs d'Etats afin de faire du Concile un
outil au service de leur politique. L'autorité ecclésiastique se bat
pour maintenir son pouvoir et Rome spécifie que les ambassadeurs des
Etats doivent communiquer leurs demandes aux légats préalablement à
toute discussion. En 1561, les ambassadeurs Français demandent que
le concile soit transféré dans une ville plus proche de la frontière
de France. Ils demandent le renouvellement des Décrets de CONSTANCE
(voir Gallicanisme) sur les rapports du Pape et du
concile. L'archevêque de Grenade à la dix-huitième session parle
d'insérer dans les décrets l'expression suivante : "le concile,
représentant de l'Eglise universelle". Une discussion s'engage sur
les relations de l'épiscopat avec la papauté : l'évêque tient-il sa
juridiction directement du pape ou bien du Christ lui-même ? Les
Italiens et les Jésuites viennent au secours de la Papauté. LAINEZ,
le Général des Jésuites démontre que le pouvoir vient immédiatement
de Dieu, mais que le pouvoir de juridiction ne vient aux évêques que
médiatement de Dieu et immédiatement du pontife romain. Le 13 novembre 1562, douze évêques français
apparaissent avec à leur tête le Cardinal de LORRAINE. Les Gallicans
ont alors l'espoir de triompher. Mais LORRAINE se fait retourner par
l'habile BORROMEE. Nouveau conflit en 1563 lorsque les légats
présentent un projet de "réformation des princes". L'idée est que
Rome retrouve son pouvoir dans les Etats. Le projet prévoit que
réserve soit faite aux tribunaux ecclésiastiques de toutes les
affaires du clergé, qu'il soit défendu aux Princes de toucher aux
fruits des bénéfices vacants .... Devant cette mise en cause du
CONCORDAT, les ambassadeurs de France se retirent à Venise. On
oublie le projet. Malgré toutes ces difficultés, le concile se
termine le 4 Décembre 1563 après avoir rempli sa tâche. Ses
dispositions sont confirmées par la bulle "Benedictus Deus". Pie IV
rédige une " Profession fidei Tridentina" que les évêques et
professeurs d'université devront jurer.
|
Le concile de TRENTE n'a été rendu possible
que lorsque tous les Etats se sont retrouvés face à un problème
politique : celui d'une nouvelle religion qui pouvait
potentiellement renverser les habitudes et les pouvoirs en place.
Ses dispositions traitent donc ce problème. En cela le Concile peut
être qualifié de Contre-Réforme... mais il arrive trop tard. C'est
d'un contre-feux, qu'il s'agit. En réaffirmant ses bases
doctrinales, l'Eglise se rassure et se remobilise. D'abord, les sources de la Révélation sont maintenues
: la mission enseignante de l'Eglise est de veiller à la parfaite
intégrité de ces deux sources de la foi : l'Ecriture Sainte et la
Tradition. Le Concile renouvelle l'ancien canon de la Sainte
Ecriture, fixe dans la Vulgate le texte authentique et se préoccupe
de son interprétation et de sa diffusion. La doctrine centrale du
Luthéranisme est celle de la corruption irrémédiable de la nature
humaine et la justification par la foi seule. Le Concile lui oppose
une réfutation définitive. Dans la Vème session, il définit le péché
originel, transmis par nos premiers parents, qui est enlevé par le
baptême. Néanmoins demeurent en l'homme la concupiscence et la
tendance au mal. La VIe session aboutit au
fameux DECRETUM DE JUSTIFICATIONE. C'est le chef d'œuvre du Concile
de Trente. Il spécifie qu'on doit croire que la rémission des péchés
ne s'obtient que gratuitement par la miséricorde divine à cause du
Christ. L'assurance qu'on pourrait avoir de la rémission de ses
péchés n'est pas ce qui procure cette rémission. Personne n'est
absous de ses péchés ou justifié à moins qu'il ne croie fermement
qu'il est absous et justifié... Enfin, si aucun homme pieux ne doit
douter de la miséricorde divine, du mérite du Christ, de la vertu et
de l'efficacité des sacrements, tout homme, s'il se considère en
lui-même avec sa propre faiblesse peut craindre et trembler pour son
état de grâce. Le Concile estime par ailleurs qu'il faut attribuer à
la grâce prévenante le début de toute activité salutaire, mais
l'homme doit coopérer à cette impulsion pour arriver à la
justification. Le Concile rétablit le
prestige de la Messe et de l'Eucharistie, mis à mal par les
protestants. Il définit à la fois la réalité de la présence et
l'intégrité de cette présence : " Si quelqu'un nie que dans le
sacrement de la très sainte Eucharistie soient contenus vraiment,
réellement et substantiellement le corps et le sang avec l'âme et la
divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et par conséquent le Christ
tout entier, mais prétend qu'ils n'y sont qu'en signe ou en figure,
ou par leur vertu, qu'il soit anathème". Quant au mode de la
présence à l'objection de Calvin qui prétend que si le Christ se
trouvait sur terre il n'y serait plus au ciel, le concile répond :
"il n'y a pas contradiction entre ces deux faits que notre Sauveur
continue toujours d'être au ciel et à la droite de son Père, selon
sa manière d'être naturelle, et que néanmoins il nous soit présent
en plusieurs autres lieux..."
|
|