retour 1ère page


LA CONTRE-REFORME (IV)
page précédentedecopage suivante

Enfin, contre la théorie Luthérienne de l'impanation, le concile affirme la transsubstantiation : "si quelqu'un dit que dans le très Saint sacrement de l'Eucharistie, il reste la substance du pain et du vin avec le corps et le sang du Christ, et nie cette merveilleuse et unique conversion de toute la substance du pain au corps et de toute la substance du vin au sang, qui ne laisse subsister que les apparences du pain et du vin, conversion que l'Eglise catholique appelle du nom très approprié de transsubstantiation, qu'il soit anathème."
Sur la question de la communion sous les deux espèces, Casinius fut consulté et déclara que rien ne s'oppose à la concession du calice, mais que c'est au pape d'en décider. En 1564 Pie IV accorda l'usage du calice pour l'Autriche, la Bohème et divers diocèses d'Allemagne. Mais cette concession fut annulée trois ans plus tard pour cause d "abus".
Les Princes demandèrent de revoir la législation matrimoniales qui admettait la validité des mariages clandestins contractés en l'absence de témoins. Le concile statua que les unions clandestines étaient nulles, et que le mariage devait se faire devant trois témoins dont l'un serait le curé de l'un des conjoints ou son délégué.

L'INQUISITION ET L'INDEX

PAUL III (1534 - 1549) réactive l'Inquisition. L'institution n'est pas nouvelle : depuis 1179 et le concile de Latran en passant par le concile de Vérone en 1184 et le concile de Toulouse en 1231 les décrets successifs avaient abouti à la forme bien connue de l'inquisition moyenâgeuse, dirigée par des inquisiteurs, généralement des Dominicains, venant de Rome, dotés de pouvoirs d'exception et de tribunaux spéciaux. L'hérésie Cathare avait été détruite par le fer et le feu par cette première inquisition. Les VAUDOIS le furent en 1530 avec Jean de ROMA comme inquisiteur. Mais PAUL III souhaite lui donner une structure plus permanente, orientée contre l'hérésie Luthérienne, et institue la CONGRÉGATION DU SAINT OFFICE. Son but est de "défendre la foi et la discipline ecclésiastique en portant des décrets dogmatiques, et qualifiant de téméraire, erronée, hérétique, toute proposition tendancieuse. L’action des inquisiteurs en Espagne avait commencé en 1480 avec la bulle de Sixte IV, et durera jusqu'à l'arrivée des troupes de Bonaparte (Joseph, en 1808). Elle fera des dizaines de milliers de victimes. En France, l'inquisiteur MATHIEU ORY avait déjà œuvré et condamné Michel SERVET et Etienne DOLET. Pour des raisons à la fois de tolérance et de politique intérieure, Michel DE L'HOSPITAL persuade le roi FRANCOIS II d'empêcher le développement incontrôlable de l'inquisition. Ce qui est fait par l'Edit de Romorantin en 1560, lequel rend les tribunaux royaux seuls compétents. Mais les inquisiteurs présents ne disparaissent pas pour autant
De la doctrine, on passe vite aux livres qui la contiennent. Ce sont alors les livres et les imprimeurs qui vont avoir affaire à cette institution. L'INDEX devient le catalogue officiel des ouvrages interdits. Leur publication, leur diffusion, leur vente, leur possession sont proscrits par le SAINT OFFICE à la tête duquel se trouve le fort zélé cardinal CARAFFA.
Devenu pape en 1555 sous le nom de PAUL IV, ce même CARFFA publie une bulle "cum ex apostalus officio" qui est dirigée contre les Princes, évêques ou autres personnages politiques importants tombés dans l'erreur et l'hérésie. Il tient ainsi à faire savoir que nul n'est maintenant à l'abri des foudres de l'Inquisition. Il faut dire qu'en France une partie de la noblesse est devenue protestante. Et les solidarités de caste sont parfois plus importantes que les conflits religieux.

REGLEMENTS DISCIPLINAIRES

Toute la hiérarchie de l'Eglise avait été remise en question avec la réforme protestante. Le Concile de TRENTE avait donné les orientations. PIE V (1562-1572) et GREGOIRE XIII (1572-1585) donnèrent une existence à celles-ci. PIE V prit des mesures réglementaires pour interdire aux ecclésiastiques le jeu, les spectacles, les banquets publics. Il s'attaqua à la commende et obligea Catherine de MEDICIS à préciser les termes du concordat dans le sens d'un renforcement du contrôle papal. Personne ne devait pouvoir toucher des bénéfices ecclésiastiques sans l'accord de Rome. Les choix des évêques furent effectués après enquête religieuse. Les prélats une fois nommés furent soumis à l'observation stricte des dispositions du concile de TRENTE. Obligation de résidence, et ministère pastoral. Il fit révoquer ceux qui passaient outre.
Dans le domaine de la propagation du dogme, il fit composer un manuel à l'usage des fidèles. Ce fut le "Catéchisme du Concile de Trente", à la rédaction duquel les Dominicains s'attelèrent