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En 1517, un moine nommé LUTHER fait parler de lui. Professeur de théologie
à l'université de Wittembert, Il affiche ses 95 thèses sur les indulgences sur la porte de l'église de la
ville. Elles sont une charge féroce contre la collecte de fonds
entreprise par le Pape en échange de rémissions des péchés. Cette
campagne fait scandale en Allemagne depuis déjà un certain temps.
Aussitôt l'homme est écouté. L'Électeur de Saxe le protège. Des
paysans se révoltent au nom de l'Evangile. Ils en arrivent même à
pendre des moines collateurs d'indulgence ( illustration ). Le Pape Léon
X ne peut faire autrement que condamner
l'auteur du libelle. Mais celui-ci jette au feu symboliquement la
bulle qui le condamne. L'affaire est grave. LUTHER, porté par un
soutien populaire incontestable s'enhardit et publie des textes
vengeurs et pleins de verve qui font mouche et qui trouvent leur
chemin vers la France grâce à un imprimeur Bâlois. 600 exemplaires
sont envoyés aux libraires parisiens. On se les arrache. Les
autorités ecclésiastiques françaises s'interrogent . L'Episcopat
allemand a déjà demandé à la Sorbonne une analyse des thèses
Luthériennes.
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Noël BEDA et Claude BARTHELEMY
vont prendre leur temps, et condamnent LUTHER par leur DETERMINATIO
le 15 Avril 1521. MELANCHTON, un partisan de LUTHER y répond très
ironiquement et sa traduction circule sous le manteau à PARIS. Les
autorités religieuses de France s'émeuvent du succès des thèses
Luthériennes, et le 3 Aout 1521 elles ordonnent l'interdiction de
tous ses ouvrages. L'imprimeur Simon de COLINES rejoint le groupe de
Meaux et publie la traduction française du NOUVEAU TESTAMENT.
BRICONNET est obligé de décréter lui-même l'interdiction des oeuvres
et des idées de LUTHER. C'est la fin du groupe de MEAUX qui éclate.
Guillaume FAREL se rend en Guyenne, puis à Bâle. Une première
exécution publique a lieu à la Porte St HONORE. Un ermite du nom de
Jean VALLIERE refusait l'Immaculée Conception ( La Vierge enceinte
sans avoir été touchée ). On brûle des livres de LUTHER devant Notre
Dame. Louis de BERQUIN qui s'est lançé, (avec
l'approbation du roi, selont certains auteurs) dans un travail de
traduction des oeuvres d'ERASME et de LUTHER est arrêté une première
fois. Il est délivré par le Roi. Noel BEDA et la Sorbonne condamnent
les travaux de LEFÈVRE D'ETAPLES. 1524 la SORBONNE interdit l'étude
et la possession des ouvrages en Grec. Le 5 Février 1526 la cour
condamne ceux qui "lisent les livres de la Sainte Ecriture
translatés du latin en français..." LEFEVRE D'ETA PLE
s'enfuit à Strasbourg, ainsi que ROUSSEL. Les exécutions se
poursuivent. En 1527 un gentilhomme poitevin et un notaire. En 1528
un batelier de Meaux. Noël BEDA qui dès 1521 a obtenu d'exhumer l'
ancienne charge de "syndic" de Sorbonne pour en faire un instrument
de combat contre les idées nouvelles, se démène et publie contre ÉRASME, contre BERQUIN et tous les HUMANISTES, qu'il accuse de faire
le lit de l'hérésie. La situation est jugée si sérieuse par le
clergé que des Synodes Régionaux sont organisés en 1528. Antoine DU PRAT qui prend la direction de celui de
Paris fait publier une série de lois répressives qui correspondent à
la liste détaillée des erreurs dogmatiques professées par LUTHER.
Mais les Humanistes dont ÉRASME et BERQUIN tentent de discréditer et
d'atténuer l'influence de BEDA par des ouvrages critiques que le roi
soutient. C'est à ce moment qu'a lieu l'affaire de la statue de la
Vierge de la rue du Roi de Sicile (voir 1528). L'émotion populaire est énorme. Les
processions expiatoires se succèdent dans Paris. A la Fete Dieu, François 1er fait amende honorable, descend dans
la rue avec tous les corps constitués et remplace la statue mutilée
par une statue d'argent (illustration). BERQUIN est arrêté et
exécuté en 1529 en absence du Roi. Bien que traducteur de LUTHER il
n'etait pas un de ses partisans. Sa mort marque la fin de l'impunité
pour les intellectuels Humanistes du Royaume et un second repli des
adeptes de la Réforme .
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