Le rêve de Mordekhaï
A.
En l’an deux du règne du grand roi Ahashvérosh,
le premier Nissân, Mordekhaï
bèn Iaïr bèn Shim‘i bèn Qish de la branche de Biniamîn,
B.
un homme, un Iehoudi, qui
habite Shoushân, la capitale, un homme important
en service à la cour du roi, fait un rêve.
C.
Il était de l’exil qu’avait exilé Neboukhadrèsar,
roi de Babèl, de Ieroushalaîm
avec Yekhonyah, roi de Iehouda.
Voici son rêve: voix, fracas, tonnerre, séisme,
bouleversement sur terre.
E.
Et voici, deux grands serpents apparaissent, les deux
prêts à la guerre. Leur voix se fait entendre fort.
F.
À leur voix, tous les peuples se préparent au combat pour
guerroyer contre le peuple des justes.
G.
Et voici, jour de ténèbre,
obscurité, tourment, souffrance, angoisse, détresse, grand égarement sur la
terre.
H.
Le peuple des justes, tout tremblant de peur, face au
malheur se prépare à la mort. Ils crient vers IHVH-Adonaï Elohîms.
I.
À leur cri, voici, un grand fleuve, des eaux abondantes
sortent d’une petite source.
J.
Le soleil brille et c’est la lumière. Les humbles se
redressent, ils dévorent les glorieux.
K.
Mordekhaï se réveille du rêve
qu’il avait contemplé et de ce que IHVH-Adonaï
projetait de faire. Il garde la parole en son cœur. De toute sa force,
jusqu’à la nuit, il cherche à comprendre.
Le complot découvert
L.
Mordekhaï dort dans la cour du
roi avec Bigtân et Tèrèsh,
deux eunuques du roi, gardiens de la cour.
M.
Il entend leurs machinations, discerne leurs intentions,
et sait qu’ils cherchent à porter la main contre le roi Ahashvérosh.
Il le rapporte au roi.
Le roi interroge les deux eunuques. Ils avouent et il les
supplicie.
O.
Le roi écrit ces paroles pour mémoire, et Mordekhaï écrit aussi au sujet de ces paroles.
P.
Le roi nomme Mordekhaï pour
servir à la cour. Il lui donne une maison pour cela.
Et c’est Hamân bèn Hamdata l’Agagui, il est glorifié aux yeux du roi.
Il médite de nuire à Mordekhaï
et à son peuple.
Chapitre 1
Un festin
1.
Et c’est aux jours d’Ahashvérosh,
lui, Ahashvérosh, le régent de Hodou à Koush: cent
vingt-sept cités.
2.
En ces jours où le roi Ahashvérosh
siège sur le trône de son royaume à Shoushân, la
capitale,
3.
en l’an trois de son règne, il fait un festin
pour tous ses chefs, ses serviteurs, l’armée de Paras, de Madaï, les gérontes et les chefs des cités en face de
lui.
4.
Il leur montre la richesse de la gloire de
son règne, la précieuse splendeur de sa grandeur, des jours multiples :
cent quatre-vingt jours.
5.
Ces jours remplis, le roi fait, pour tout le
peuple qui se trouvait à Shoushân, la capitale,
du grand au petit, un festin de sept jours dans la cour du jardin et du
pavillon du roi,
6.
écru, coton, indigo, saisis par des cordons
de byssus et de pourpre, sur des globes d’argent et des colonnes de marbre;
lits d’or et d’argent, sur un dallage de porphyre, de marbre, de nacre,
d’agate;
7.
breuvages dans des vases d’or, des vases, des
vases divers, et un vin royal, abondant comme la main du roi;
8.
une beuverie en règle, sans contrainte, parce
que ainsi le roi avait fixé à tous les grands de
sa maison de faire la volonté de chaque homme.
9.
Même Vashti, la
reine, fait un festin de femmes, dans la maison royale du roi Ahashvérosh.
La
répudiation de Vashti
10. Le septième jour,
quand le coeur du roi est bien dans le vin, il dit
à Mehoumân, Bizta, Harebona, Bigta, Abagta, Zétar et Karkas, les sept eunuques qui officient face au roi Ahashvérosh,
11. de faire venir Vashti, la reine, face au roi, avec la couronne royale,
pour montrer aux peuples et aux chefs sa beauté: oui, elle est bien à voir.
12. Mais la reine Vashti refuse de venir à la parole du roi par la main
des eunuques. Le roi écume fort. Sa fièvre s’allume en lui.
13. Le roi dit aux sages
qui connaissent les temps que telle est la parole du roi en face de tous
ceux qui connaissent la loi et le droit;
14. ses proches, Karshena, Shétar, Admata, Tarshish, Mèrès, Marsena, Memoukhân, les sept chefs de Paras et Madaï, qui voient les faces du roi et siègent en
premier dans le royaume:
15. « Selon la loi,
que faire, à la reine Vashti parce qu’elle n’a
pas fait ce que le roi Ahashvérosh avait dit par
la main des eunuques ? »
16. Memoukhân dit face au roi et aux ministres:
« Ce n’est pas contre le roi seul que Vashti,
la reine, a tort, mais contre tous les chefs et
contre tous les peuples dans toutes les cités du roi Ahashvérosh.
17. Oui, la parole de la
reine sortira vers toutes les femmes, pour rendre leurs maris méprisables à
leurs yeux, quand elles diront: « Le roi Ahashvérosh
a dit de faire venir Vashti, la reine, en face de
lui, et elle n’est pas venue ! »
18. Ce jour-là, les
princesses de Paras et Madaï qui auront entendu
la parole de la reine le diront à tous les chefs du roi. Assez de mépris et
d’écume !
19. Si c’est bien le roi,
la parole royale sortira en face de lui et sera écrite dans les lois de
Paras et Madaï et ne passera pas: Vashti ne viendra plus en face du roi Ahashvérosh. Le roi donnera sa royauté à l’une de ses
compagnes meilleure qu’elle.
20. Le décret du roi qui
sera fait sera entendu dans tout son royaume oui, il est multiple , et
toutes les femmes donneront de l’estime à leur mari, du grand au
petit. »
21. La parole est bien
aux yeux du roi et des chefs. Le roi fait selon la parole de Memoukhân.
22. Il envoie des actes à
toutes les cités du roi, à chaque cité et cité selon son écriture, à chaque
peuple et peuple selon sa langue, pour que tout homme soit maître dans sa
maison et y parle selon la langue de son peuple.
Chapitre 2
1.
Après ces paroles, quand la fièvre du roi Ahashvérosh se modère, il se souvient de Vashti, de ce qu’elle a fait et de ce qui a été décrété
contre elle.
2.
Les adolescents du roi, ses officiants,
disent: « Qu’ils demandent pour le roi des adolescentes vierges, bien
à voir.
3.
Le roi préposera des préposés dans toutes les
cités de son royaume. Ils grouperont toute adolescente, vierge, bien à
voir, à Shoushân, la capitale, dans la maison des
femmes en main de Hégaï, l’eunuque du roi, qui
garde les femmes et donne leurs onguents.
4.
L’adolescente qui plaira aux yeux du roi
régnera à la place de Vashti. » La parole
plaît aux yeux du roi; il fait ainsi.
5.
Un homme, un Iehoudi,
était à Shoushân, la capitale. Son nom, Mordekhaï bèn Iaïr bèn Shim‘i
bèn Qish, un homme de Iemini.
6.
Il avait été exilé de Ieroushalaîm,
dans l’exil qui avait été exilé avec Yekhonyah,
roi de Iehouda, qu’avait
exilé Neboukhadrèsar, roi de Babèl.
7.
Il est le parrain de Hadassa,
elle, Èstér, la fille de son oncle, car elle
n’avait ni père ni mère. L’adolescente est belle de tournure et bien à
voir. À la mort de son père et de sa mère, Mordekhaï
l’avait prise à lui pour fille.
8.
Et c’est à l’audition de la parole du roi et
de sa loi, quand de multiples adolescentes sont groupées à Shoushân, la capitale, en main de Hégaï,
Èstér est prise à la maison du roi, en main de Hégaï, le gardien des femmes.
9.
L’adolescente plaît à ses yeux et apporte le chérissement en face de lui. Il se hâte de lui donner
ses onguents, ses parts, et sept adolescentes de la maison du roi, aptes à
lui être données. Il la distingue en bien avec ses adolescentes dans la
maison des femmes.
10.
Èstér n’avait rien
rapporté sur son peuple, ni son enfantement; oui, Mordekhaï
lui avait ordonné de ne pas le rapporter.
11.
Tous les jours, Mordekhaï
va en face de la cour de la maison des femmes, pour savoir si Èstér est en paix et ce qu’il est fait d’elle.
12.
Le tour de chaque jeune fille arrive pour
venir enfin vers le roi Ahashvérosh après avoir
subi la loi des femmes, douze lunaisons. Oui, ainsi se remplissent les
jours de leurs onguents: six lunaisons dans l’huile de myrrhe, six
lunaisons dans les aromates et les onguents des femmes.
13.
Avec cela l’adolescente vient vers le roi. Il
lui est donné tout ce qu’elle dit, pour venir avec, de la maison des femmes
à la maison du roi.
14.
Le soir elle vient, et le matin elle retourne
à la maison des femmes, la deuxième, en main de Sha‘ashgaz,
l’eunuque du roi, le gardien des concubines. Elle ne viendra plus vers le
roi, sauf si le roi la désire et si elle est criée en nom.
La reine Èstér
15.
Quand arrive le tour d’Èstér,
la fille d’Abihaïl, l’oncle de Mordekhaï, qui l’avait prise à lui pour fille, de venir
vers le roi, elle ne demande pas une parole, sinon ce que lui avait dit Hégaï, l’eunuque du roi, le gardien des femmes. Et
c’est Èstér, la porteuse de grâce aux yeux de
tous ceux qui la voient.
16.
Èstér est prise pour le
roi Ahashvérosh, en sa maison royale, la dixième
lunaison, la lunaison de Tébét, en l’an sept de
son règne.
17.
Le roi aime Èstér
plus que toutes les femmes; elle porte grâce et chérissement
en face de lui plus que toutes les vierges. Il met la couronne royale sur
sa tête; il la fait régner à la place de Vashti.
18.
Le roi fait un grand festin pour tous ses
chefs et serviteurs, le festin d’Èstér. Il fait
un allégement pour les cités, et donne des charges à main de roi.
19.
Quand les vierges sont groupées une deuxième
fois, Mordekhaï siège à la porte du roi.
20.
Èstér ne rapporte pas son
enfantement ni son peuple, comme Mordekhaï le lui
avait ordonné. Èstér fait la parole de Mordekhaï, comme lorsqu’elle était en tutelle chez lui.
Le complot
21.
En ces jours, Mordekhaï
siège à la porte du roi. Bigtân et Tèrèsh, deux eunuques du roi, gardiens du seuil,
écument; ils demandent à porter la main contre le roi Ahashvérosh.
22.
Mordekhaï connaît le propos.
Il le rapporte à Èstér, la reine. Èstér le dit au roi, au nom de Mordekhaï.
23.
Le propos est recherché et trouvé; les deux
sont pendus à un arbre. Et c’est écrit dans l’acte: « Paroles des
Jours », en face du roi.
Chapitre 3
L’oppresseur des Iehoudîm
1.
Après ces paroles, le roi Ahashvérosh
fait grandir Hamân bèn Hamdata, l’Agagui. Il le
porte et met son trône au-dessus de tous les chefs qui sont avec lui.
2.
Tous les serviteurs du roi, à la porte du
roi, s’inclinent, ils se prosternent devant Hamân;
oui, le roi l’ordonne ainsi. Or Mordekhaï ne
s’incline pas, il ne se prosterne pas.
3.
Les serviteurs du roi, à la porte du roi,
disent à Mordekhaï: « Pourquoi passes-tu
outre à l’ordre du roi ? »
4.
Et c’est quand ils le lui disent jour après
jour et qu’il ne les entend pas, ils le rapportent à Hamân
pour voir si les paroles de Mordekhaï tiennent;
oui, il leur avait rapporté qu’il était un Iehoudi.
5.
Hamân voit que Mordekhaï ne s’incline pas, qu’il ne se prosterne pas
devant lui. Hamân se remplit de fièvre.
6.
Il est méprisable à ses yeux de porter la
main contre Mordekhaï seul; mais ils lui
rapportent quel est le peuple de Mordekhaï. Hamân demande à exterminer tous les Iehoudîm
de tout le royaume d’Ahashvérosh, le peuple de Mordekhaï.
7.
La première lunaison, la lunaison de Nissân, en l’an douze du roi Ahashvérosh,
il fait tomber le Pour c’est le sort en face de Hamân,
jour après jour, lunaison après lunaison, jusqu’à la douzième lunaison,
c’est la lunaison d’Adar.
8.
Hamân dit au roi Ahashvérosh: « Il existe un peuple dispersé et
séparé parmi les peuples, dans toutes les cités de ton royaume. Leurs lois
diffèrent de celles de tous les peuples. Les lois du roi, ils ne les
appliquent pas. Il ne vaut rien au roi de les laisser.
9.
Si c’est bien pour le roi, il sera écrit de
les perdre. Je pèserai dix mille talents d’argent aux mains des exécuteurs
de l’ouvrage, à faire venir aux trésors du roi. »
10.
Le roi ôte de sa main sa bague et la donne à Hamân bèn Hamdata
l’Agagui, l’oppresseur des Iehoudîm.
11.
Le roi dit à Hamân:
« L’argent t’est donné et le peuple pour en faire comme bien à tes
yeux. »
12.
Les actuaires du roi sont appelés à la
première lunaison, le treizième jour. Il est écrit tout ce que Hamân ordonne aux satrapes du roi, aux pachas des cités
et des cités, aux chefs des peuples et des peuples, cité et cité selon son
écriture, peuple et peuple selon sa langue, écrit au nom du roi Ahashvérosh, et scellé avec la bague du roi.
13.
Les actes sont envoyés en main de coureurs
vers toutes les cités du roi, pour exterminer, tuer et perdre tous les Iehoudîm, de l’adolescent à l’ancien, marmaille et
femmes, en un seul jour, le treize de la douzième lunaison, la lunaison
d’Adar, et leur butin, le piller.
La lettre
13-A. Voici le texte de la lettre :
« Le grand roi Ahashvérosh écrit ceci aux
satrapes des cent vingt-sept provinces, depuis Hodou
jusqu’à Koush, et aux chefs de districts, leurs
subordonnés.
13-B. Dominant des peuples nombreux et
maître de toute la terre habitée, j’ai voulu ne pas me laisser exalter par
l’orgueil du pouvoir, mais me conduire toujours avec droiture et grâce pour
donner toujours une vie de quiétude perpétuelle aux sujets de mon
gouvernement et assurer que le royaume soit calme et tranquille pour y
circuler jusqu’au bout de ses frontières, renouvelant la paix à laquelle
aspirent tous les fils d’humains.
13-C. Quand j’ai demandé à mes
conseillers comment réaliser à fond cette parole, Hamân,
qui s’est distingué chez nous par sa sagesse et son discernement, connu
pour sa grande fidélité, et arrivé en seconde place après les prérogatives
royales,
13-D. nous a rapporté qu’un peuple
malfaisant, dispersé parmi tous les clans du monde, séparé par ses lois de
toutes les nations, fait fi des ordres du roi afin de ne pas affermir le
régime du gouvernement que j’assure sans faille.
13-E. Nous avons donc su que seul ce
peuple se conduit selon des lois étranges en haïssant tous les hommes,
transgresse nos ordres, s’oppose à nos intérêts et provoque de très grands
maux pour que le royaume ne s’affermisse pas.
13-F. Nous avons promulgué un ordre :
oui, tous les hommes à vous désignés par les lettres de Hamân,
préposé aux affaires, et pour nous un second père, eux avec toutes leurs
femmes et leurs enfants, seront exterminés entièrement, à la racine, par
les épées de leurs ennemis, sans pitié ni pardon, le quatorze de la
douzième lunaison, celle d’Adar, cette année,
13-G. afin qu’ils descendent dans
l’Hadès, par mort violente, en un seul jour ceux qui provoquent les
malheurs, autrefois comme aujourd’hui, et qu’ils laissent à l’avenir et à
jamais les affaires du gouvernement stables et tranquilles. »
14.
Copie de l’écrit est donnée en loi à toute
cité et cité, découverte pour tous les peuples, d’être prêts ce jour-là.
15.
Les coureurs sortent en hâte avec la parole
du roi. La loi est donné à Shoushân,
la capitale. Le roi et Hamân s’assoient pour
boire; la ville de Shoushân s’égare.
Chapitre 4
Une clameur amère
1.
Mordekhaï savait tout ce qui
s’était fait. Mordekhaï déchire ses habits, se
revêt de sac et de poussière. Il sort dans la ville. Il clame, une grande
clameur amère.
2.
Il vient jusqu’en face de la porte du roi,
car il ne devait pas venir à la porte du roi en vêtement de sac.
3.
Dans chaque cité et cité, au lieu où la
parole du roi et sa loi arrivent, c’est grand deuil pour les Iehoudîm, jeûne, pleurs, lamentation, sac, poussière
étendue pour la multitude.
4.
Les adolescentes d’Èstér,
ses eunuques viennent et le lui rapportent. La reine en est fort émue. Elle
envoie des habits pour en vêtir Mordekhaï et pour
qu’il écarte son sac loin de lui. Il n’accepte pas.
5.
Èstér appelle Hatakh, un des eunuques du roi, qu’il avait placé en
face d’elle. Elle lui donne ordre de savoir: « Qu’est-ce et
pourquoi ? »
6.
Hatakh sort vers Mordekhaï, vers les places de la ville, face à la porte
du roi.
7.
Mordekhaï lui rapporte tout ce
qui est advenu, l’affaire de l’argent que Hamân
avait dit de peser pour le trésor du roi, contre les Iehoudîm,
pour les perdre;
8.
la copie de l’écrit de la loi donnée à Shoushân pour les exterminer, il la lui donne pour la
montrer à Èstér, pour le lui rapporter et lui
ordonner de venir vers le roi demander grâce et implorer en face de lui,
pour son peuple.
Souviens-toi
8A. « Souviens-toi des jours de
ton abaissement et comment ma main t’a nourrie. Oui, Hamân,
le second personnage du royaume, a parlé contre nous pour nous exterminer.
8B. Crie vers IHVH-Adonaï, parle au
roi pour nous délivrer de la mort. »
9.
Hatakh vient. Il rapporte à
Èstér les paroles de Mordekhaï.
10.
Èstér dit à Hatakh et l’ordonne à Mordekhaï:
11.
« Tous les serviteurs du roi et le
peuple des cités du roi savent que tout homme ou femme qui vient vers le
roi dans la cour intérieure sans être convoqué, sa loi est une: le mettre à
mort. Seul celui à qui le roi tend son sceptre d’or vit. Et moi je n’ai pas
été appelée pour venir chez le roi voici trente jours ! »
12.
Ils rapportent à Mordekhaï
les paroles d’Èstér.
13.
Mordekhaï dit de répondre à Èstér: « N’imagine pas en ton être échapper dans
la maison du roi, seule de tous les Iehoudîm.
14.
Oui, même si tu te taisais, te taisais en ce
temps, le soulagement et le sauvetage se dresseraient, pour les Iehoudîm, d’un autre lieu. Mais toi et la maison de ton
père vous seriez perdus. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps
semblable que tu es arrivé au règne ? »
15.
Èstér dit de répondre à Mordekhaï:
16.
« Va, réunis tous les Iehoudîm qui se trouvent à Shoushân.
Jeûnez pour moi: ne mangez pas, ne buvez pas pendant trois jours, nuit et
jour. Moi aussi je jeûnerai ainsi avec mes adolescentes. Ensuite, je
viendrai chez le roi, ce qui n’est pas selon la loi. Si je suis perdue, je
suis perdue ! »
17.
Mordekhaï passe. Il fait tout,
comme le lui a ordonné Èstér.
Mordekhaï
17A. Mordekhaï
prie IHVH-Adonaï en se souvenant de toutes les oeuvres
de IHVH-Adonaï.
17B. Il dit: « IHVH-Adonaï,
IHVH-Adonaï, roi Sebaot, tu as tout en ton
pouvoir. Nul n’opposera une parole à ta volonté de sauver Israël.
17C. N’as-tu pas fait le ciel et
la terre, tous les prodiges qui sont sous le ciel, toi, l’Adôn de tout ? Nul ne se dresse contre toi,
IHVH-Adonaï.
17D. Toi, tu sais tout. Tu sais
que ce n’est pas par présomption, par orgueil ni par amour de la gloire que
j’ai fait cela, ne pas me prosterner devant l’orgueilleux Hamân. Oui, j’accepterais de lui baiser la plante des
pieds pour le salut d’Israël.
17E. Mais ce que j’ai fait,
c’était pour ne pas exalter la gloire d’un humain, au-dessus de la gloire
d’Elohîms, et pour ne pas me prosterner devant un
autre que toi, Adonaï. Ce n’est pas par orgueil que j’ai agi.
17F. Maintenant, Adonaï IHVH-Elohîms, roi, Elohîms d’Abrahâm, épargne ta nation, oui, ils nous traquent pour
nous détruire, ils aspirent à anéantir ton antique possession.
17G. Ne lâche pas ta part, que tu
as rachetée de Misraîm.
17H. Entends donc ma prière et agrée
ta possession, transforme notre deuil en joie, pour que nous vivions et
louangions ton nom, IHVH-Adonaï, ne tranche pas la bouche de tes
laudateurs. »
17I. Tout Israël crie de toutes
ses forces, oui, la mort est devant leurs yeux.
Èstér
17K. La reine Èstér
aussi se réfugie en IHVH-Adonaï, saisie par la peur de la mort. Elle quitte
les vêtements de gloire qu’elle avait et se revêt de vêtements de
mortification et de deuil. Au lieu de parfum précieux, elle se couvre la
tête de cendre et d’ordures; elle violente fort son corps et recouvre par
les mèches de sa chevelure tous les lieux témoins ordinaires de ses
joyeuses parures. Elle supplie IHVH-Adonaï Elohîms
et dit :
17L. IHVH-Adonaï ! Toi seul
notre roi, aide-moi donc, moi, la solitaire qui n’ai
pas d’autre aide que toi, oui, mon risque est dans ma main.
17M. J’ai entendu, depuis le jour
de ma naissance, dans le rameau de la maison de mon père, que toi,
IHVH-Adonaï, tu as pris Israël du milieu de toutes les nations et nos pères
d’entre tous ceux qui étaient avant eux pour qu’ils soient pour toi une
possession, en pérennité, et que tu leur fasses ce dont tu avais parlé.
17N. Maintenant nous avons fauté,
face à toi, et tu nous as donnés en main de nos ennemis, car nous avions
louangé leurs Elohîms, toi, le juste,
IHVH-Adonaï.
17O. Maintenant notre amère
servitude ne leur suffit plus : oui, ils ont mis leurs mains dans les mains
de leurs idoles pour annuler le décret de ta bouche, pour exterminer ta
possession, fermer la bouche de tes laudateurs, faire cesser la gloire de
ta maison et de ton autel,
17P. pour ouvrir la bouche des
nations pour la louange des idoles du néant et pour s’extasier en pérennité
devant un roi de chair.
17Q. Ne donne pas, IHVH-Adonaï,
ton rameau à ceux qui ne sont pas, qu’ils ne se jouent pas de notre chute.
Oui, retourne contre eux leur dessein, mets en exemple celui qui nous a
défiés.
17R. Souviens-toi, IHVH-Adonaï,
manifeste-toi au temps de notre angoisse, fortifie-moi, roi des Elohîms, gouverneur de toute puissance !
17S. Mets donc en ma bouche des
paroles exactes en face du lion, renverse son coeur
pour qu’il haïsse notre ennemi, pour le perdre et perdre les hommes de son
avis.
17T. Et nous, sauve-nous donc par
ta main, aide-moi, moi, la solitaire, qui n’ai
rien d’autre que toi.
17U. Toi, tu sais tout et sais
que je hais la gloire des coupables, oui, j’exècre le lit des incirconcis,
de tout étranger.
17W. Toi, tu connais mon destin,
oui, j’exècre le signe de mon élévation sur ma tête les jours où je me
manifeste, je l’exècre comme un linge menstruel. Je ne le porte jamais mes
jours de repos.
17X. Ta servante aussi n’a pas
mangé à la table de Hamân, je n’ai pas honoré les
festins du roi et n’ai pas bu du vin des libations.
17Y. Ta servante ne s’est jamais
réjouie, du jour où ils m’ont transférée ici jusqu’à présent, si ce n’est
en toi, IHVH-Adonaï, Elohîms d’Abrahâm.
17Z. Elohîms,
toi qui fortifies tout, entends donc la voix de tous les désespérés,
délivre-moi de la main des ouvriers du tourment, délivre-moi de ma peur.
Chapitre 5
Le sceptre d’or
1.
Et c’est le troisième jour.
1A. Quand elle finit de prier, elle
ôte ses vêtements usuels et se revêt de majesté. Elle se manifeste dans sa
splendeur, et crie vers Elohîms qui voit tout, le
sauveur. Elle prend deux adolescentes: sur l’une d’elles, elle s’appuie
mollement. La deuxième va derrière elle et porte sa traîne.
1B. Elle rutile dans la plénitude de
sa beauté. Ses faces irradient, comme rayonnante d’amour, mais son coeur est serré de peur.
1C. Elle franchit toutes les portes et
s’arrête en face du roi. Il siège sur le trône royal, revêtu de tous les
ornements de ses solennelles apparitions, tout couvert d’or, de pierres
précieuses, son aspect fait frémir fort.
1D. Il lève ses faces embrasées de
gloire et la regarde au comble de la fureur. La reine s’effondre. L’aspect
de ses faces change. Elle s’évanouit et s’appuie sur la tête de l’adolescente
qui marche devant elle.
1E. Alors Elohîms
change en douceur le souffle du roi. Il s’affole, se lève de son trône, la
prend dans ses bras; jusqu’à ce que son souffle revienne, il la réconforte
par des paroles apaisantes et lui dit:
1F. « Qu’as-tu, Èstér ? Je suis ton frère ! Réconforte-toi,
ne meurs pas ! Oui, notre ordonnance est pour le commun des
gens ! Avance ici ! »
2.
Il soulève le sceptre d’or et le pose sur son
cou.
Il l’étreint et dit: « Parle-moi. »
2A. Elle lui dit: « Je te vois,
mon Adôn, tel un messager d’Elohîms
: mon coeur tremble du frémissement de ta gloire.
Oui, toi, mon Adôn, glorieux à merveille, tes
faces sont pleines de chérissements. »
2B. En parlant, elle tombe évanouie.
Le roi s’affole et tous ses serviteurs cherchent à la ranimer.
Èstér revêt le vêtement
royal. Elle s’arrête dans la cour intérieure de la maison du roi, devant la
maison du roi. Le roi siège sur le trône de son royaume, dans la maison du
royaume, devant l’ouverture de la maison.
2C. Et c’est quand le roi voit Èstér, la reine, debout dans la cour, elle porte grâce
à ses yeux. Le roi tend à Èstér le sceptre d’or
qui est en sa main. Èstér s’approche; elle touche
la tête du sceptre.
3.
Le roi lui dit: « Qu’as-tu, reine Èstér ? Quelle est ta demande ? Il te sera
donné jusqu’à la moitié du royaume ! »
4.
Èstér dit: « Si c’est
bien pour le roi, le roi viendra avec Hamân
aujourd’hui, au festin que je fais pour lui. »
5.
Le roi dit: « Hâtez-vous auprès de Hamân pour faire la parole d’Èstér. »
Le roi vient avec Hamân au festin qu’Èstér fait.
6.
Le roi dit à Èstér
au festin de vin: « Quelle est ta question ? Cela te sera donné.
Et quelle est ta demande ? Elle sera accordée jusqu’à la moitié du
royaume. »
7.
Èstér répond et dit:
« Ma question et ma demande,
8.
si j’ai trouvé grâce aux yeux du roi et si
c’est bien pour le roi de résoudre ma question et d’accorder ma demande,
que le roi vienne avec Hamân au festin que je
ferai pour eux. Demain je ferai selon la parole du roi. »
9.
Hamân sort en ce jour,
joyeux, le coeur bien. Mais quand Hamân voit Mordekhaï à la
porte du roi, qu’il ne se lève pas et ne bronche pas devant lui, Hamân est plein de fièvre contre Mordekhaï.
10.
Hamân se maîtrise et vient
à sa maison. Il mande et fait venir ses amis, et Zèrèsh,
sa femme.
11.
Hamân leur raconte la
gloire de sa richesse, la multitude de ses fils, combien le roi l’a fait
grandir et l’a porté au-dessus des chefs et des serviteurs du roi.
12.
Hamân dit: « La reine
Èstér aussi n’a fait venir que moi seul avec le
roi au festin qu’elle a fait; et demain aussi je suis invité chez elle avec
le roi.
13.
Mais tout cela ne vaut rien pour moi, tout le
temps où je vois Mordekhaï, le Iehoudi, siéger à la porte du roi. »
14.
Zèrèsh, sa femme, lui dit
avec tous ses amis: « Qu’ils fassent un bois haut de cinquante
coudées. Le matin, dis-le au roi, et qu’ils y pendent Mordekhaï.
Puis viens avec le roi au festin, joyeux. » La parole excelle en face
de Hamân. Il fait le bois. »
Chapitre 6
Le vêtement royal
1.
En cette nuit, le sommeil du roi errait. Il
dit de faire venir l’acte des mémoires « Paroles des Jours ».
2.
Il s’y trouve écrit ce que Mordekhaï avait rapporté contre Bigtân
et Tèrèsh, les deux eunuques du roi, des gardiens
du seuil, qui cherchaient à porter la main contre le roi Ahashvérosh.
3.
Le roi dit: « Qu’a-t-il été fait
d’estime et de grandeur à Mordekhaï pour
ceci ? » Les adolescents du roi, ses officiants, disent:
« Pas une parole n’a été faite pour lui. »
4.
Le roi dit: « Qui est dans la
cour ? » Hamân vient dans la cour
extérieure de la maison du roi pour dire au roi de pendre Mordekhaï sur le bois qu’il avait préparé pour lui.
5.
Les adolescents du roi lui disent: « Voici
Hamân, il est debout dans la cour. » Le roi
dit: « Qu’il vienne ! »
6.
Hamân vient. Le roi lui
dit: « Que faire à un homme que le roi désire honorer ? » Hamân se dit en son coeur:
« À qui le roi désirerait-il faire honneur plus qu’à moi ? »
7.
Hamân dit au roi:
« L’homme que le roi désire faire honorer,
8.
ils feront venir le vêtement royal que revêt
le roi, le cheval sur lequel le roi est monté et la couronne royale sera
mise sur sa tête.
9.
Le vêtement et le cheval seront donnés en
main d’un homme des chefs du roi, des gérontes, et ils revêtiront l’homme
dont le roi désire l’honneur. Ils le feront monter à cheval sur la place de
la ville, et ils crieront en face de lui: ‹ Il est fait ainsi à
l’homme que le roi désire honorer ›. »
10.
Le roi dit à Hamân:
« En hâte, prends le vêtement et le cheval ainsi que tu l’as dit, et
fais ainsi à Mordekhaï le Iehoudi,
qui siège à la porte du roi. Ne laisse pas tomber une parole de tout ce
dont tu as parlé. »
11.
Hamân prend le vêtement et
le cheval. Il revêt Mordekhaï. Il le fait
chevaucher sur la place de la ville. Il crie en face de lui: « Il sera
fait ainsi à l’homme que le roi désire honorer ! »
12.
Mordekhaï retourne à la porte
du roi. Hamân se presse vers sa maison, endeuillé,
la tête recouverte.
13.
Hamân raconte à Zèrèsh, sa femme, et à tous ses amis tout ce qui lui
est advenu. Ses sages, et Zèrèsh sa femme, lui
disent: « Si Mordekhaï est de la semence des
Iehoudîm, lui en face duquel tu as commencé à
tomber, tu ne pourras rien contre lui. Oui, tu tomberas, tu tomberas en
face de lui. »
14.
Ils lui parlaient encore quand arrivent les
eunuques du roi. Ils affolent Hamân pour le faire
venir au festin qu’Èstér faisait.
Chapitre 7
Quelle est ta demande ?
1.
Le roi vient avec Hamân
pour boire avec la reine Èstér.
2.
Le roi dit à Èstér,
le deuxième jour aussi, au festin de vin: « Quelle est ta demande,
reine Èstér. Elle te sera donnée. Et quelle est
ta requête ? Elle te sera accordée jusqu’à la moitié du royaume. »
3.
La reine Èstér
répond. Elle dit: « Si j’avais trouvé grâce à tes yeux, roi, et si
c’est bien pour le roi, que mon être me soit donné pour ma demande et mon
peuple pour ma requête.
4.
Oui, nous avons été vendus, moi et mon
peuple, pour être exterminés, tués, perdus ! Si nous avions été vendus
en tant qu’esclaves et domestiques, je me serais tue; mais non,
l’oppresseur n’évalue pas dans le dommage du roi ! »
5.
Le roi Ahashvérosh
dit, il dit à la reine Èstér: « Quel est-il,
celui-là, et d’où est-il, celui dont le coeur
s’est rempli pour faire ainsi ? »
6.
Èstér dit: « L’homme,
l’oppresseur, l’ennemi, c’est Hamân, ce
mal ! » Hamân est terrifié en face du
roi et de la reine.
7.
Le roi dans sa fièvre se lève du festin de
vin au jardinet du pavillon. Hamân se dresse pour
demander à la reine Èstér son être; oui, il avait
vu que pour lui le malheur était achevé de la part du roi.
La pendaison de Hamân
8.
Le roi retourne du jardin du pavillon à la
maison du festin du vin. Hamân tombe sur le lit
où se trouvait Èstér. Le roi dit: « Est-ce
aussi pour conquérir la reine, avec moi dans la maison ? » La
parole sort de la bouche du roi. Les faces de Hamân
se recouvrent.
9.
Harebona, l’un des eunuques,
dit en face du roi: « Voici aussi le bois que Hamân
avait fait pour Mordekhaï, qui a parlé pour le
bien du roi. Il se dresse dans la maison de Hamân,
haut de cinquante coudées. » Le roi dit: « Pendez-le
dessus. »
10.
Ils pendent Hamân
sur le bois qu’il avait préparé pour Mordekhaï.
La fièvre du roi se modère.
Chapitre 8
La bague du roi
1.
En ce jour, le roi Ahashvérosh
donne à la reine Èstér la maison de Hamân, l’oppresseur des Iehoudîm,
et Mordekhaï vient en face du roi; oui, Èstér lui avait rapporté qui il était pour elle.
2.
Le roi ôte sa bague qu’il avait reprise à Hamân. Il la donne à Mordekhaï.
Èstér installe Mordekhaï
dans la maison de Hamân.
3.
Èstér continue; elle parle
en face du roi. Elle tombe à ses pieds et lui demande la grâce d’écarter le
maléfice de Hamân l’Agagui
et son dessein qu’il préméditait contre les Iehoudîm.
4.
Le roi tend à Èstér
le sceptre d’or. Èstér se lève et se dresse en
face du roi.
5.
Elle dit: « Si c’est bien pour le roi,
si j’ai trouvé grâce en face de lui, si la parole est régulière face au roi
et si je suis bien à ses yeux, moi, il sera écrit de retourner les actes de
la pensée de Hamân bèn Hamdata, l’Agagui, qu’il
avait écrit pour perdre les Iehoudîm de toutes
les cités du roi.
6.
Oui, comment pourrais-je voir le malheur qui
trouverait mon peuple, et comment pourrais-je voir la perte de ma
patrie ! »
7.
Le roi Ahashvérosh
dit à la reine Èstér et à Mordekhaï
le Iehoudi: « Voici la maison de Hamân; je l’ai donnée à Èstér.
Lui, ils l’ont pendu sur le bois pour avoir porté sa main contre les Iehoudîm.
8.
Et vous, écrivez sur les Iehoudîm
comme il sera bien à vos yeux, au nom du roi, et scellez-le avec la bague
du roi; oui, un écrit écrit au nom du roi et
scellé avec la bague du roi il n’y a rien à y répondre. »
9.
Les actuaires du roi sont appelés en ce
temps, à la troisième lunaison, la lunaison de Sivân,
le vingt-trois. Il est écrit tout ce que Mordekhaï
ordonne pour les Iehoudîm, aux satrapes et
pachas, aux chefs des cités, de Hodou à Koush, cent vingt-sept cités, cité et cité selon son
écriture, peuple et peuple selon sa langue, et aux Iehoudîm
selon leur écriture et selon leur langue.
10.
Il écrit au nom du roi Ahashvérosh
et scelle avec la bague du roi. Il envoie les actes en main de coureurs à
cheval, montés sur les coursiers royaux, les poulains des haras,
11.
par lesquels le roi donne aux Iehoudîm qui sont dans toute ville et ville de se
rassembler et de se dresser sur leur être pour exterminer, tuer et perdre
toute l’armée du peuple ou de la cité qui les oppresserait, eux, la
marmaille et les femmes, ou qui les pillerait, pour le butin.
12.
En un seul jour, dans toutes les cités du roi
Ahashvérosh, le treize de la douzième lunaison,
elle, la lunaison d’Adar.
Le texte de la lettre
12A. Le texte de la lettre est copié
ci-dessous
12B. « Le grand roi Ahashvérosh aux satrapes des cent vingt-sept cités, de Hodou à Koush, et à tous ceux
qui entretiennent nos intérêts, salut !
12C. Nombreux sont ceux qui, après
avoir mérité une grande gloire par l’extrême générosité de leurs
bienfaiteurs, s’enorgueillissent fort et non seulement cherchent à nuire à
nos sujets, mais encore, ne pouvant supporter la satiété, fomentent de
funestes projets contre leurs bienfaiteurs eux-mêmes.
12D. Non seulement ils écartent la
reconnaissance des humains, mais encore ils s’exaltent de l’élévation
d’hommes qui ignorent ce qu’est le bien et pensent qu’ils échapperont au
jugement qui hait la culpabilité, celui qui appartient à Elohîms qui scrute tout.
12E. À maintes reprises, nombre
d’entre eux ont incité les gouverneurs, nommés pour administrer la cité, à
s’associer afin de répandre un sang innocent, provoquant pour eux des
malheurs sans remède.
12F. Par des paroles mensongères et
coupables ils trompent la faveur innocente des souverains.
12G. Cela, il est possible de
l’apprendre non seulement d’après l’histoire des jours d’antan, qui a été
transmise, mais aussi de ce qui se passe sous nos yeux, si vous portez
attention aux actions coupables perpétrées par des gouverneurs, ouvriers du
tourment.
12H. Il convient donc qu’à l’avenir
nous assurions la paix et la tranquillité du royaume pour tous les humains.
12I. Nous ferons des réformes et nous
jugerons toujours avec justice ce qui viendra sous nos yeux.
12K. Oui, Hamân
bèn Hamdata Makédôn, qui est vraiment étranger au sang perse, après
s’être établi parmi nous en étranger s’est éloigné de notre vertu de grâce.
12L. Il a bénéficié de notre amour des
hommes, que nous vouons à toutes les nations, au point que nous l’appelions
notre père. Il occupait la deuxième place après le trône royal et tous se
prosternaient devant lui.
12M. Mais il n’a pas su porter son
élévation, il a tenté de nous priver du souffle de la vie.
12N. Par des paroles tortueuses et
rusées il a cherché à perdre Mordekhaï, notre
sauveur et notre constant bienfaiteur, ainsi qu’Èstér,
notre irréprochable compagne de règne, avec toute leur nation.
12O. Par ces routes, il a pensé nous
surprendre sans défense et faire passer le pouvoir des Parsîm
aux Makedonîm.
12P. Mais nous trouvons que les Iehoudîm, eux que ce triple scélérat vouait à la perte,
ne sont pas coupables mais se conduisent selon les plus justes des lois.
12Q. Ils sont les fils de l’Él vivant, le Suprême, le grand, celui qui a préparé
notre règne pour nous et celui de nos pères en très bon ordre.
12R. Vous ferez donc bien de ne pas
tenir compte des lettres envoyées par Hamân bèn Hamdata: oui, l’homme qui
avait fait cela a été pendu face aux portes de Shoushân
avec toute sa maison. Oui, Elohîms, qui gouverne
tout, a fait venir sur lui le châtiment qu’il méritait.
12S. Le texte de la présente lettre,
publiez-en la copie afin qu’il soit affiché en tout lieu pour permettre aux
Iehoudîm de se conduire selon leurs propres lois
et de les fortifier pour qu’ils repoussent leurs assaillants au temps de la
détresse, ce même jour, le treizième de la douzième lunaison, celle d’Adar.
12T. Oui, l’Elohîms,
qui gouverne tout, a permis cette joie au lieu de la perte du peuple élu.
12U. Ainsi, vous aussi, dans vos fêtes
appelées d’un nom particulier, fêtez ce jour insigne par toutes sortes de
mets et de boissons afin qu’il soit désormais et par la suite un souvenir
du salut qui est survenu pour nous et pour tous les Parsîm
qui recherchent notre bien, mais une perte pour ceux qui complotent contre
nous.
12W. Toute ville et cité, sans
exception, qui n’agira pas ainsi sera détruite impitoyablement par la lance
et par le feu. Non seulement aucun homme n’y aura plus accès, mais encore
elle sera haïe par toutes les bêtes et les oiseaux, en pérennité. »
13.
Copie de l’écrit est donnée en loi en toute
cité et cité,
1.
découverte à tous les peuples, afin que les Iehoudîm soient prêts pour ce jour-là à se venger de
leurs ennemis.
14.
Les coureurs montés sur les coursiers royaux
sortent affolés et pressés avec la parole du roi. La loi est donnée à Shoushân, la capitale.
15.
Mordekhaï sort face au roi en
vêtement royal, indigo, écru, avec un grand nimbe d’or, et une houppelande
de byssus et de pourpre. La ville de Shoushân
hennit et se réjouit.
16.
Pour les Iehoudîm
c’est la lumière et la joie, l’exultation et l’estime.
17.
Dans toute cité et cité, dans toute ville et
ville, au lieu où la parole du roi et sa loi arrivent, pour les Iehoudîm c’est la joie, l’exultation, un festin, un
jour faste ! Parmi le peuple de la terre, ils sont multiples à se
faire Iehoudîm: oui, le tremblement devant les Iehoudîm était tombé sur eux.
Chapitre 9
La vengeance
1.
À la douzième lunaison, la lunaison d’Adar,
le treizième jour, alors que la parole du roi
et sa loi arrivent pour être exécutées, le jour où les ennemis des Iehoudîm s’impatientaient pour les dominer, c’est
l’inverse: ce sont les Iehoudîm qui dominent
leurs haineux.
2.
Les Iehoudîm se
sont rassemblés dans leurs villes, dans toutes les cités du roi Ahashvérosh, pour porter la main sur les chercheurs de
leur malheur. Personne ne se dresse contre eux; oui, leur tremblement était
tombé sur tous les peuples.
3.
Tous les chefs des cités, les satrapes, les
pachas, les exécuteurs de l’ouvrage du roi portaient les Iehoudîm: oui, la peur de Mordekhaï
était tombée sur eux.
4.
Oui, Mordekhaï
était grand dans la maison du roi; sa rumeur allait dans toutes les cités.
Oui, l’homme Mordekhaï allait et grandissait.
5.
Les Iehoudîm
frappent tous leurs ennemis; coup d’épée, tuerie, perdition; ils font ce
qu’ils veulent de leurs haineux.
6.
À Shoushân, la
capitale, les Iehoudîm tuent et perdent cinq
cents hommes:
7.
Parshandata et Dalphôn et Aspata
8.
et Porata et Adalia et Aridata
9.
et Parmashta et Arissaï et Aridaï et Vayezata.
10.
Les dix fils de Hamân
bèn Hamdata,
l’oppresseur des Iehoudîm, ils les tuent. Ils
n’envoient pas leur main au pillage.
11.
En ce jour, le nombre des tués à Shoushân, la capitale,
1.
parvient en face du roi.
12.
Le roi dit à la reine Èstér:
« À Shoushân, la capitale, les Iehoudîm ont tué cinq cents hommes, et les dix fils de Hamân sont perdus. Dans le reste des cités du roi,
qu’ont-ils fait ? Quelle est ta demande ? Elle t’est donnée, et
quelle est encore ta requête ? Elle t’est accordée. »
13.
Èstér dit: « Si c’est
bien pour le roi, il donnera demain aussi aux Iehoudîm
de Shoushân de faire selon la loi de ce jour, et
que les dix fils de Hamân soient pendus sur le
bois. »
14.
Le roi dit qu’il soit fait ainsi. Une loi est
promulguée à Shoushân. Ils pendent les dix fils
de Hamân.
La fête de Pourîm
15.
Les Iehoudîm de Shoushân se rassemblent aussi le quatorzième jour de la
lunaison d’Adar. Ils tuent à Shoushân trois cents
hommes, mais ils ne lancent pas leur main au pillage.
16.
Le reste des Iehoudîm,
des cités du roi, se rassemblent; ils se dressent sur leur être, se
reposent de leurs ennemis, tuent leurs haineux et tuent de leurs ennemis
soixante-quinze mille; mais ils ne lancent pas leur main au pillage.
17.
Le treizième jour de la lunaison d’Adar, le
quatorzième, ils se reposent et font un jour de festin et de joie.
18.
Les Iehoudîm de Shoushân se rassemblent le treize de cette lunaison et
le quatorze. Le quinze, ils se reposent, ils font un jour de festin et de
joie.
19.
Sur quoi, les Iehoudîm
dispersés, habitant des villes sans muraille, font du quatorzième jour de
la lunaison d’Adar joie, festin jour faste, où chaque homme fait envoi de
parts à son compagnon.
20.
Mordekhaï écrit ces paroles.
Il envoie des actes à tous les Iehoudîm qui sont
dans toutes les cités du roi Ahashvérosh, les
proches et les lointains,
21.
d’accomplir pour eux et d’être à faire le
quatorzième jour de la lunaison d’Adar et le quinzième jour, année après
année,
22.
comme des jours où les Iehoudîm
se reposent de leurs ennemis, et une lunaison où, pour eux, l’affliction
tourne à la joie, le deuil en jour faste, pour en faire des jours de festin
et de joie, d’envoi de parts, chaque homme à son compagnon, et de dons aux
pauvres.
23.
Les Iehoudîm
acceptent ce qu’ils avaient commencé à faire et ce que leur avait écrit Mordekhaï.
24.
Oui, Hamân bèn Hamdata, l’Agagui, l’oppresseur de tous les Iehoudîm,
avait pensé perdre les Iehoudîm. Il avait jeté le
Pour c’est le sort , pour les bouleverser et les perdre.
25.
Mais venant en face du roi, il dit qu’avec
l’acte sa pensée de malheur qu’il avait préméditée contre les Iehoudîm retournerait contre sa tête: ils le pendent,
avec ses fils, sur le bois.
26.
Ainsi ils ont appelé ces jours Pourîm, selon le nom de Pour. Ainsi pour toutes les
paroles de cette missive et pour ce qu’ils avaient vu en ceci, et pour ce
qui leur était arrivé,
27.
Les Iehoudîm
accomplissent et acceptent pour eux et pour leur semence, et pour tous ceux
qui s’adjoignent à eux; et cela ne passera pas, d’être à faire ces deux
jours selon leur écrit et selon leur temps, en tout, d’année en année.
28.
Ces jours sont commémorés et faits d’âge en
âge, de clan à clan, de cité à cité, de ville à ville. Ces jours de Pourîm ne passeront pas parmi les Iehoudîm;
leur souvenir ne finira pas en leur semence.
29.
La reine Èstér, la
fille d’Abihaïl, écrit avec Mordekhaï,
le Iehoudi, avec toute
autorité pour accomplir cette missive de Pourîm,
la deuxième.
30.
Il envoie des actes à tous les Iehoudîm, aux cent vingt-sept cités du royaume d’Ahashvérosh, des paroles de paix et de vérité,
31.
pour accomplir ces jours de Pourîm en leur époque, comme les avaient accomplis Mordekhaï, le Iehoudi,
et la reine Èstér, et comme ils les avaient
accomplis, eux et leur semence, les paroles des jeûnes et leur clameur.
32.
Le dit d’Èstér
accomplit ces paroles de Pourîm; c’est écrit dans
l’acte.
Chapitre 10
1.
Le roi Ahashvérosh
établit une corvée sur la terre et les Îles de la mer.
2.
Tout le fait de sa puissance et de son
héroïsme, l’affaire de la grandeur de Mordekhaï,
que le roi a fait grandir, ne sont-ils pas écrits sur l’acte:
« Paroles des Jours des rois de Madaï et
Paras » ?
3.
Oui, Mordekhaï, le Iehoudi, le second du roi Ahashvérosh, est grand pour les Iehoudîm,
agréé par la multitude de ses frères. Il cherche le bien de son peuple et
parle de paix pour toute sa semence.
Explication du rêve
3A. Mordekhaï
dit: « D’Elohîms tout cela !
3B. Oui, je me souviens du rêve que
j’ai rêvé, rien n’a été omis de ces paroles.
3C. La petite source est devenue une
rivière avec lumière et soleil, et beaucoup d’eau ! Èstér, c’est la rivière, elle que le roi a épousée et
qui est devenue reine.
3D. Les deux serpents, c’est moi et Hamân.
3E. Les peuples sont ceux qui s’étaient
rassemblés pour trancher le nom des Iehoudîm.
3F. Mon peuple, c’est Israël, qui a
crié vers Elohîms et qui a été sauvé. IHVH-Adonaï
a sauvé son peuple, IHVH-Adonaï nous a délivrés de tous ces malheurs, Elohîms a fait tous ses signes et ces grands prodiges
qui n’avaient jamais existé parmi les peuples.
3G. Aussi, il a fait deux sorts, un
pour le peuple d’Elohîms et un pour tous les
peuples.
3H. Ces deux sorts sont venus au
temps, à l’époque et au jour du jugement en face d’Elohîms,
parmi tous les peuples.
3I. Elohîms
s’est souvenu de son peuple, il a rendu justice à sa possession.
3K. Ces jours, à la lunaison d’Adar,
le quatorze et le quinze de cette lunaison seront pour lui des féries de
joie et d’allégresse face à Elohîms d’âge en âge,
en pérennité pour son peuple Israël. »
3L. En l’an quatre du roi Talmaï et de Kléopatra, Dossithéos qui se disait desservant et Lévi et Talmaï son fils ont apporté la lettre de Pourîm écrite ci-dessus, ils ont déclaré que, telle
quelle, elle avait été traduite par Lussimachos bèn Talmaï, un des hommes de Ieroushalaîm.