Le canon des Saintes Écritures
"Et tous ceux qui marcheront de manière ordonnée selon cette règle de conduite, paix et miséricorde sur eux, oui sur l’Israël de Dieu. " Galates 6:16 " selon (...) règle de conduite ". Ou : " selon (...) canon (règle)". Lit : " d’après le roseau (à mesurer) ". Gr. : toï kanoni ; lat. : regulam, " prescription " ; J18(héb.) : qenéh hammiddah, " le roseau à mesurer ".
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1. Genèse |
2. Exode |
3. Lévitique |
4. Nombres |
5. Deutéronome |
Les Prophètes
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6. Josué |
7. Juges |
8.
Samuel |
9.
Rois |
10. Isaïe |
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11. Jérémie |
12. Ézékiel |
13. |
Les Écrits (Hagiographes)
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14. Psaumes (livres 1 à 5) |
15. Proverbes |
16. Job |
17. Chant de Salomon |
18. Ruth |
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19. Lamentations |
20. Ecclésiaste |
21. Esther |
22. Daniel |
23. |
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24. |
Remarque:
les écrivains inspirés ont emprunté à la majorité des
livres du canon hébraïque, tous écrits avant Nehémia et
Malaki, en revanche ils n’ont tiré aucune citation des prétendus
écrits inspirés rédigés après Nehémia et Malaki et jusqu’à
l’époque de Christ. Cela confirme l’opinion
traditionnelle des Juifs, et aussi la croyance de la congrégation
chrétienne du Ier siècle, selon lesquelles le canon des Écritures
hébraïques se termine avec les écrits de Nehémia et de Malaki.
Le témoignage des catalogues primitifs.
Un coup d’œil
sur le tableau concernant les principaux catalogues primitifs révèle
que certains catalogues des Écritures grecques du IVème siècle,
datés d’avant le concile de Carthage, sont en parfait
accord avec le canon actuel et que d’autres omettent
seulement la Révélation. Avant la fin du IIe siècle, les
quatre Évangiles, les Actes et 12 lettres de l’apôtre Paul
étaient universellement acceptés. Seule l’authenticité de
quelques-uns des petits écrits était mise en doute dans
certaines régions, vraisemblablement parce que pour quelque
raison leur circulation fut limitée au début, et qu’il
fallut donc plus longtemps pour qu’on reconnaisse leur
canonicité.
Parmi les catalogues
primitifs, l’un des plus intéressants est le canon que L.
Muratori découvrit à la Bibliothèque ambrosienne de Milan (Italie)
en 1740, et qu’il publia lui-même. Bien que le début fasse
défaut, ce catalogue fait référence à Luc comme au troisième
Évangile, ce qui sous-entend qu’il mentionnait d’abord
Matthieu et Marc. Le Canon de Muratori, en latin, date de la
deuxième moitié du IIème siècle de n. è. C’est l’un
des documents les plus intéressants, comme en témoigne cette
traduction partielle : "Le troisième livre de l’Évangile
est celui de Luc. Luc, médecin réputé, l’écrivit en son
nom propre [...]. Le quatrième livre de l’Évangile est
celui de Jean, l’un des disciples [...]".
On notera que, vers
la fin du Canon de Muratori, seules deux lettres de Jean sont citées.
Cependant, une encyclopédie déclare que ces deux lettres de
Jean " ne peuvent être que la deuxième et la troisième,
dont le rédacteur se présente simplement comme étant ‘ l’ancien
’. Ayant déjà traité, quoique incidemment, de la
première en rapport avec le quatrième Évangile, et affirmé
ainsi sa croyance absolue dans son origine johannique, l’auteur
se sentait autorisé ici à se limiter aux deux lettres plus
courtes ". À propos de l’absence apparente de toute référence
à la première lettre de Pierre, cette encyclopédie dit ensuite
: "L’hypothèse la plus vraisemblable est peut-être la
perte de quelques mots, voire même d’une ligne dans
laquelle il était dit que la première épître de Pierre et l’Apocalypse
de Jean avaient été reçues".
Vers 230 de n. è.,
Origène acceptait comme faisant partie des Écritures inspirées
la lettre aux Hébreux et celle de Jacques, qui ne figuraient ni
l’une ni l’autre dans le Canon de Muratori. En
indiquant que certains mettaient en doute leur canonicité, il
montrait qu’à l’époque la canonicité de la plupart
des Écritures grecques était reconnue, seuls quelques-uns émettant
des réserves au sujet des lettres moins connues. Plus tard,
Athanase, Jérôme et Augustin confirmèrent les conclusions des
listes antérieures en déclarant canoniques les 27 livres que
nous connaissons aujourd’hui.
La majorité des
catalogues du tableau sont des listes précises des livres
reconnus canoniques. Ceux d’Irénée, de Clément d’Alexandrie,
de Tertullien et d’Origène sont complétés à partir des
citations qu’ils font et qui révèlent la façon dont ils
considèrent les écrits auxquels ils se réfèrent. À celles-ci
s’ajoutent encore les textes d’Eusèbe, l’un des
historiens des premiers siècles. Toutefois, le fait que ces
auteurs omettent de mentionner certains écrits canoniques n’est
pas une raison pour contester leur canonicité. S’ils n’y
ont pas fait référence dans leurs ouvrages, c’est
simplement par choix ou en raison des sujets traités. Mais
pourquoi n’y a-t-il pas de listes précises antérieures au
Canon de Muratori?
Ce ne fut pas avant
la venue de critiques comme Marcion, au milieu du IIème siècle,
que la question se posa de savoir quels livres les chrétiens
devaient accepter. Marcion composa son propre canon pour l’adapter
à ses doctrines, ne retenant que certaines des lettres de l’apôtre
Paul et une forme altérée de l’Évangile selon Luc. Cela,
ajouté à la multitude d’écrits apocryphes en circulation
dans le monde d’alors, conduisit ceux qui dressaient les
catalogues à établir la liste des livres qu’ils jugeaient
canoniques.
Réflexion digne d’intérêt: tous les rédacteurs
des Écritures grecques chrétiennes ont été, de façon ou d’autre,
étroitement associés au collège central originel de la congrégation
chrétienne, lequel comprenait les apôtres que Jésus avait
choisis personnellement (Judas ayant été remplacé). Matthieu,
Jean et Pierre figuraient parmi les 12 premiers apôtres, et Paul
fut par la suite choisi comme apôtre sans toutefois être compté
au nombre des 12. Si Paul était absent lors de l’effusion
spéciale de l’esprit à la Pentecôte, Matthieu, Jean et
Pierre, eux, étaient présents, ainsi que Jacques, Jude et
probablement Marc (Actes 1:14). Pierre classe spécifiquement les
lettres de Paul avec "le reste des Écritures" (2
Pierre 3:15, 16). Marc et Luc furent les proches collaborateurs
et compagnons de voyage de Paul et de Pierre (Actes 12:25 ; 1
Pierre 5:13; Col. 4:14 ; 2 Tim. 4:11). Tous ces écrivains ont
été dotés par l’esprit saint de pouvoirs miraculeux, soit
à la Pentecôte avec l’effusion spéciale de l’esprit,
soit lors de la conversion de Paul (Actes 9:17, 18) ou, comme
sans doute dans le cas de Luc, par l’imposition des mains
des apôtres (Actes 8:14-17). La rédaction de toutes les Écritures
grecques chrétiennes a été achevée pendant la période où s’exerçaient
les dons de l’esprit.
Voir les principaux catalogues primitifs des Écritures grecques chrétiennes
Le Rôle de la Grande Synagogue dans la fixation du Canon
Dès les temps reculés, notamment à la partir de sa déportation à Babylone, les membres du peuple juif virent la nécessité de se réunir, afin de ne pas perdre l' identité religieuse. Ceux-ci constituaient parfois une communauté (Ez 3:15). Qui plus est, sous le règne d'Assuérus et à l'époque de la reine Esther (475 BCE), des rassemblements organisés avaient lieu, car on voit mal comment le peuple juif aurait pu préparer sa défense. Il est clairement établi que depuis leur déportation et jusqu'à leur retour dans la terre promise, les représentants du peuple, les anciens, jouaient un rôle religieux prépondérant. Sur ce sujet on peut considérer les livres de Néhémie et d'Esdras. Par ailleurs, il est clairement fait mention de rassemblements au Psaume 137.
Particulièrement depuis la période du second temple (vers 500 BCE), la synagogue avait un rôle central dans la communauté juive. Toutes les sources les plus anciennes convergent vers le fait que l'activité de la Grande Assemblée ou de la Grande synagogue de Jérusalem a débuté avec Esdras et Néhémie. Esdras était prêtre et copiste et était revenu vers la ville sainte avec un mandat du roi de Perse pour enseigner la loi aux juifs habitant la région et exercer les fonctions de juge. Il est intéressant de noter que dans le livre qui porte son nom au chapitre 2 verset 63, il était connu que l'Urim et le Thummim servaient encore pour prendre des décisions importantes. Ils pouvaient être utilisés pour confirmer ou infirmer des arrêts, des verdicts ou les paroles de quelqu'un qui se disait parler au nom de Dieu.
La période de la Grande Synagogue continua jusque vers l'an 300 de notre ère, après quoi apparut le Sanhédrin ou le tribunal des Juifs. Ainsi avant que ne se fit la Septante, le Canon de Jérusalem était fixé. Il contenait les 43 livres inspirés en hébreu et araméen (39 si on compte 1 livre pour les Psaumes), de la Genèse à Malachie, et il interdisait les livres apocryphes qui furent ajoutés à la Septante. Jésus et les huit rédacteurs des Écritures grecques confirmèrent le Canon de Jérusalem, car ils firent tous des citations en provenance du Canon de Jérusalem mais jamais des livres apocryphes ajoutés à la Septante.
