V - LE VRAI CODE DE LA BIBLE

Un soulagement pour les sceptiques, une déception pour les croyants

La découverte du Code Secret est apparue comme une nouvelle exceptionnelle. Elle n'a certainement pas révolutionné la vie des gens car, apparemment, elle n'a aucune application pratique. Quelles sont les conséquences de cette publication ? L'idée de Dieu est fréquemment soulevée par les médias. Régulièrement on entend des questions sur Dieu, sur la conciliation de la science et de Dieu ou bien encore sur la Bible. Le sujet n'est pas complètement dépassé. Mais il y a toujours deux sons de voix. Une voix dit que Dieu est mort ou bien suffisamment loin pour qu'il ne nous concerne pas. L'autre dit qu'il peut quand même exister un Dieu pour aider les hommes.

Quel est l'impact de ce message, et particulièrement de ce livre "La Bible : le Code Secret" ? C'est difficile à évaluer. Pour simplifier on peut dire que de la même façon qu'il existe deux messages, il existe aussi deux sortes d'auditeurs : ceux chez qui un livre comme celui-là confirme certainement l'image d'un Dieu en qui ils espèrent ou en qui ils croient ; et ceux pour qui ce message est plutôt gênant car il vient susciter des interrogations, mais très vite tout cela se dilue dans la volonté de protéger sa position ou dans un rejet lui aussi conservateur.

Lorsque au travers de ce présent livre paraît la réfutation de l'existence du Code Secret, cela va probablement rassurer les sceptiques, et décevoir ceux qui avaient été confortés par une telle découverte.

Voilà qui est vraiment dommage, car pour une fois la science et la foi trouvaient un terrain d'entente. Encore une fois le mariage est raté. En effet, la foi est souvent considérée comme opposée à la science. Le scientifique est sceptique par définition, dira-t-on. Mais est-ce là une réalité ? Non, c'est une apparence, c'est une image héritée de l'histoire et de la volonté d'émancipation d'un certain nombre d'hommes.

Beaucoup de scientifiques n'ont pas rompu le dialogue avec la foi. C'était vrai hier, mais cela le reste aujourd'hui. Pasteur disait : "un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup l'en rapproche". Dans la pratique, je crois que cela dépend surtout de la volonté de chacun, Dieu laissant libre les hommes d'être dépendants de Lui-même ou de leur impuissance. La difficulté est que la question de la foi n'est pas scientifique, elle est d'abord morale. Il est difficile de rester neutre devant une telle question. Dieu ne s'impose pas, il propose. La foi s'offre à ceux qui accepte la faiblesse de la condition humaine. La foi est souvent vue comme le recours des lâches qui veulent se protéger de leur faiblesse, mais c'est bien souvent la force d'âme de ceux qui décident de prendre le chemin du bien, et non celui de leur volonté. En effet, pour avoir la foi, il faut quelque part renoncer à ses prétentions, et cela est difficile.

Faut-il que la nouvelle de l'invalidité du Code Secret déçoive les croyants et rassure les sceptiques ? Je ne pense pas, car une vraie foi n'a pas, comme fondement, une preuve scientifique. Le débat autour du Code Secret est très loin du débat de la foi. Afin de ne pas faire fausse route, il est important d'y voir clair sur cette question.

La foi et la science

Le monde contemporain a parmi ses piliers moraux une véritable foi dans la science. Le mot est-il exagéré ? Lorsqu'on pense que des hommes en grand nombre livrent leur corps défunt à la congélation dans l'espoir un jour de retrouver vie, est-on loin de la foi en la résurrection des chrétiens ? Il est vrai que ce n'est pas le cas du plus grand nombre, mais on peut regarder la dévalorisation des repères moraux au profit du développement technique, du matérialisme : il y a bel et bien souvent l'occasion d'exercer un choix entre ces deux objectifs. Or la science est le moteur du développement technique, le mécène du matérialisme. C'est ainsi que la science a gagné ses lettres de noblesses. Le rôle du spécialiste a remplacé le rôle du sage. La science s'est ingérée dans la plupart des postes de confiance. Elle est devenue un pilier de notre société.

Il n'est donc pas très surprenant de voir apparaître des messages pseudo-scientifiques pour tenter de confirmer toutes sortes de messages qui n'ont souvent pas grand chose de scientifique. Lorsqu'on désire accréditer une idée, l'appui de la science est souvent nécessaire. C'est ainsi qu'on voit le développement de toutes sortes de pseudo-sciences telle que la sophrologie, la numérologie, la radiesthésie, etc... la liste est longue. Il est aussi arrivé bien souvent que d'aucuns tentent de démontrer la foi par la science.

Kant a montré la nécessité pour la science de se limiter à la procédure du raisonnement logique ayant l'expérience comme support pratique, sinon elle risque fort de faire fausse route. C'est de ces dérives pseudo-scientifiques que sont nées beaucoup d'erreurs dans le passé et le présent. Ainsi la foi n'appartient pas au terrain de la science. Même si parfois elle y trouve un appui, elle n'y trouvera jamais de preuves.

Lorsqu'un livre comme "La Bible : le Code Secret" est publié, il est bien naturel de rechercher à concilier la science et la foi. Etant donné que la science est une référence de la société, celui qui a la foi aura naturellement tendance à concilier ses références : il aura l'impression d'être plus stable s'il peut trouver un appui scientifique à sa foi.

Or cette conciliation n'aura jamais lieu dans le fond. La foi et la science sont deux démarches complémentaires. La science vise à connaître ce qui est proche de nous, sur le terrain de notre vécu, afin de repousser les limites de nos connaissances plus loin dans l'inconnu. La foi, au contraire, commence aux confins de l'inconnu et cherche à impliquer ces principes dans nos connaissances les plus quotidiennes. La foi a comme objet d'intérêt l'origine de tout, le sens de la vie, la finalité ou le commencement de tout. En une phrase, on pourrait dire que la foi naît là où tout commence et finit. Elle essaye ensuite de rapprocher cet infini de soi.

La science n'aura pas de place dans la compréhension du tout avant qu'elle n'ait résolu Toutes les questions de la vie. Lorsqu'elle usurpe cette place, il en résulte de graves conséquences, en particulier le nihilisme, la perte du sens de toute valeur. On peut constater en effet que les valeurs en particulier les valeurs morales n'ont aucun appui, aucune existence dans la raison ou l'expérience, car les valeurs fondamentales sont issues du mécanisme de la foi qui donne un sens à la vie avant de raisonner. De même la foi n'a pas de place dans la compréhension du monde tout proche de nous. Il nous est donné de comprendre le monde par la raison et par l'expérience. Ce message-là est en général clair pour tous.

On a bien souvent donné l'image de nos ancêtres voyant Dieu dans la pluie ou le vent, alors qu'aujourd'hui les mécanismes de la météorologie ont assez clairement expliqué ces phénomènes. C'est à cause de ces conquêtes de la science que beaucoup ont relégué la foi au rang de la superstition. Mais cela n'est pas la seule cause ; en effet, il y a un intérêt à abandonner la foi, à rejeter toute transcendance (tout lien direct avec le principe même de la vie) : c'est une impression de liberté pour notre conscience.

Mais c'est aller très loin que rejeter la foi sous prétexte que la science à fait des progrès. La science pourra-t-elle un jour faire le tour de toutes questions ? Cela est beaucoup plus qu'improbable. Les savants vous le diront : si la connaissance grandit, les questions ne cessent aussi d'augmenter. La science est comme un homme qui agrandit les limites de son champ. Plus son champ augmente en surface, plus la frontière avec l'inconnu grandit. Dans ces conditions, l'homme pourra-t-il un jour Tout connaître ? La réponse est de savoir si la connaissance est finie ou bien infinie.

Pour répondre à cette question, j'aurais deux arguments à avancer : le premier est un argument logique (la science), et le second un argument plus intérieur (la foi) :

  • Connaître tout suppose qu'on peut en particulier connaître tous les nombres. Or rien que l'étude des nombres est un domaine si vaste qu'on ne peut en voir le bout avec un nombre d'hommes limités en un temps limité. Essayons juste d'avoir un aperçu des nombres qui se trouvent entre 0 et 1. Il y 0.1, puis 0.2, 0.3, 0.4, 0.5, 0.6, 0.7, 0.8, 0.9 et puis après 0.11, 0.12, 0.13, 0.14,... et encore 0.111, 0.112, 0.113, et puis encore 0.1111, 0.1112, ... sans parler de 0.11131548758421, 0.11131548758422,… En fait, il n'y a pas de fin car on peut toujours trouver un nouveau nombre qui soit une subdivision entre deux autres nombres. (Les mathématiciens vous expliqueront, même, que les nombres entre 0 et 1 sont en quantité encore plus grande qu'un simple infini) Conclusion : connaître tout, c'est connaître aussi tous les nombres, et comme c'est infini, nous n'y arriverons jamais.

  • Un peu plus jeune, j'avais le désir de comprendre le monde ; et lorsque j'ai découvert que plus on apprend, plus on a de questions, j'ai vraiment eu l'impression de me sentir comme une fourmi voulant déplacer une montagne, comme une poussière dans un univers sans borne. J'ai compris que jamais personne n'y arriverait, que toute connaissance est très parcellaire, incomplète, imprécise, intimement liée à notre culture, notre contexte, notre vie. Devant un tel constat, il y a deux attitudes : l'impression d'être égaré dans un monde absurde (la raison conduit à cela) ou bien la conviction d'être le fruit d'une volonté si grande par rapport à la nôtre que la taille de l'univers comparé à la plus petite particule en présente une image bien faible (c'est la foi qui conduit à cela).

La foi et la science ne sont pas contradictoires, mais ce sont deux attitudes naturelles complémentaires : l'une procède de l'intérieur, l'autre de l'extérieur.

L'existence de Dieu

Peut-on démontrer l'existence de Dieu ? Le problème est difficile.

Nous venons de voir que la foi et la science ne procèdent pas de la même nature. Cela conduit naturellement aux questions suivantes : Dieu est-il à inclure dans la foi ? Toute preuve est-elle inhérente à la science ? Cela donnerait à conclure que nous n'aurons jamais de preuve de l'existence de Dieu.

Dans la philosophie, il existe pourtant de nombreuses démonstrations de l'existence de Dieu, en particulier celles de Descartes et de Spinoza, qu'on a appelé la preuve ontologique de l'existence de Dieu. Elle se résume à peu près à cela : Nous arrivons tous à imaginer l'idée d'un Dieu, l'idée de quelque chose de parfait, qui soit l'origine et l'accomplissement de tout. Cela suffit à prouver que cet être parfait existe. En effet, supposons que Dieu n'existe pas ; nous supposons par là que le parfait n'existe pas, et ce parfait que nous imaginons n'est finalement qu'imperfection. Nous affirmons par-là notre impuissance à imaginer le parfait. Ce qui est une contradiction, car il semble bien que chacun de nous en possède le concept. En résumé : si nous arrivons à penser à quelque chose de parfait, c'est la preuve qu'il existe ; sans quoi, il serait impossible d'y penser, car rien ne nous le révélerait, ni ne permettrait d'y penser. Il existe encore d'autres idées du même ordre, mais pour bien en comprendre le sens et la relativité, il faut avoir beaucoup de recul.

Ce n'est pas dans la logique du raisonnement que j'aimerais donner une idée de l'existence de Dieu, mais dans l'observation de ce qui nous entoure. Le désordre n'engendre pas l'ordre, nous l'avons déjà vu. Nous avons vu que dans la nature, s'il existe certaines formes esthétiques au milieu du désordre, c'est parce qu'il existe des lois qui obligent à l'ordre d'exister au même titre que n'importe quel désordre. Par contre, l'ordre ne naît jamais du désordre ; cette constatation est générale. Si l'on peut trouver un ordre clair et structuré dans un phénomène quelconque, cela est nécessairement du à l'existence d'une loi ou d'une volonté qui régit cet ordre. La loi n°2 de la thermodynamique, qui est une constatation de cette loi physique, dit : "la nature livrée à elle-même progresse de l'ordre vers le désordre".

Il faut se souvenir tout de même qu'au milieu du désordre, il se trouve un peu d'ordre. C'est d'ailleurs cette constatation qui permet, par le moyen du Code Secret, de trouver des mots se croisant à l'intérieur de tableaux. Si l'on trouve de l'ordre au milieu du plus grand désordre, ce n'est jamais dans une cohérence globale, c'est toujours un tout petit peu d'ordre au milieu d'un grand fouillis de désordre sans aucun sens. En effet la loi de l'ordre dans le désordre peut se résumer à peu près à cela : si on peut trouver, dans le désordre, une petite portion d'ordre, alors on peut y trouver aussi toutes les portions de désordre possibles ayant la même taille, c'est à dire infiniment plus.

Lorsqu'on a bien isolé ces deux pensées, et qu'on observe la nature, la question qu'il convient de se poser est la suivante : la nature ressemble-t-elle à un désordre qui contient un tout petit peu d'ordre ou bien à un ordre structuré ? Il n'y a pas beaucoup d'hésitations pour répondre avec un peu de bon sens : Pratiquement tout ce qui nous entoure donne l'impression d'avoir une utilité ? Si chaque élément d'un ensemble est utile, si chacun s'inscrit avec un rôle qui fait fonctionner un tout, il est clair qu'on ne peut pas parler de désordre. Or tout semble utile dans la nature : le soleil pour donner l'énergie et la vie, l'inclinaison de la terre pour les saisons si utiles au rythme biologique,... Tout à un rôle, jusqu'à la plus petite molécule d'A.T.P. pour transporter de l'énergie, l'électron si fondamental dans les processus électriques ou chimiques ; si bien qu'en observant un élément inconnu en biologie, en physique, etc... on se pose naturellement la question : à quoi cela sert-il ? Comme si nous étions tous persuadés que tout possède un sens. C'est la plus grande preuve d'ordre. Le monde que nous voyons regorge d'un ordre si complexe que des millions de personnes, pour ne pas dire des milliards s'efforcent tous les jours de le décoder.

Devant ce constat d'un ordre indéniable, il y a nécessité de l'existence de lois qui conduisent à ce résultat, d'une volonté qui ait construit cet ordre. Le hasard ne produit que le désordre. L'ordre vient de la loi. Mais d'où viennent les lois sinon d'une volonté ? Comme le disait Voltaire en résumé : "Je ne conçois pas d'horloge, sans horloger".

Devant une telle évidence, comment se fait-il que les hommes chassent Dieu de leur existence ? Il faut déjà constater que ce phénomène est moderne. Comme nous avons beaucoup parlé de prophéties dans le livre de Drosnin, il convient aussi de parler des prophéties de la Bible : Voici près de 2 000 ans, un auteur de la Bible a annoncé que viendrait une apostasie générale. Il est clair que depuis 200 ans, un mouvement d'apostasie (rejet de la foi) a pris des proportions instituées et généralisées comme jamais dans l'histoire de l'humanité. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la sécularisation. Mais pourquoi cette apostasie ?

  • D'une part, comme nous l'avons un peu expliqué, la science y a beaucoup contribué. La science permet de repousser les problèmes et les questions importantes un petit peu plus loin. Elle ne les résout jamais. Lorsque les questions troublantes sont assez loin, lorsqu'elles ne sont plus dans notre espace vital, lorsqu'elles ne sont plus quotidiennement devant nous, il est très facile de penser que nous maîtrisons tout. Dieu est suffisamment loin de nos préoccupations quotidiennes pour ne plus avoir à y penser. Ainsi le matérialisme remplace les valeurs de la vie. Seulement, cette façon de raisonner est un leurre : l'espace de liberté y est très étroit.

  • D'autre part, il y a aussi lieu de penser que Dieu est bien gênant. Comment cela ? Le problème d'un Dieu, est très étroitement lié avec l'existence d'un absolu, et tout de suite après avec l'existence d'une morale. Et c'est là que l'épine se fait sentir : il est clair que nous sommes loin de comprendre ce qui est le meilleur pour tous les hommes. Nous sommes incapables de construire une justice et donc une morale exacte. Seulement, il existe au fond de chacun, ce qu'on appelle la conscience, la notion de culpabilité. Si une morale existe, elle nous condamne, car nous sommes tous coupables envers notre conscience. Or pour se libérer de cette terrifiante entrave, il n'y a qu'un moyen facile : rejeter cette morale qui nous condamne, et tout de suite après rejeter Dieu qui est garant de la morale. En effet, à qui notre conscience a-t-elle à rendre compte sinon à celui qui a établit tout ordre dans l'univers ? Il est donc naturel que l'homme veuille se débarrasser de Dieu, ainsi il peut être libre. Mais si, à l'encontre de notre choix de pensée, Dieu est réellement le garant de la justice, jusqu'où cette émancipation nous conduira-t-elle ?

Ainsi repousser l'existence de Dieu est une initiative naturelle, mais il existe deux façons d'y arriver :

- La première est de rejeter complètement son existence.

- La seconde est de reléguer Dieu à une distance telle que nous sommes libres de toute redevance vis à vis de lui.

La deuxième solution est probablement la plus utilisée. En effet, elle permet d'éviter la conclusion trop catégorique et inconfortable du rejet de l'existence de Dieu, tout en se libérant de la tutelle divine. Si cette seconde solution convient si bien, pourquoi n'est-elle pas adoptée par tous ? La raison se comprend aisément. Si l'on accepte l'existence d'un Dieu qui a établi tout ordre, le doute persiste quant à son exigence, et ainsi il n'y a plus la garantie de ce qu'on appelle la liberté. C'est sans doute pourquoi il est parfois plus facile d'être radical.

Poussons maintenant notre réflexion un peu plus loin. L'ordre de la nature semble bel et bien avoir été établi par une volonté. Or toute volonté poursuit un but. Alors quel est donc le but de l'univers, de l'homme, de ma vie ? Si Dieu est un Dieu d'ordre qui a conçu le monde avec tant de perfection, il a sans doute prévu un but pour mon existence. La réponse à cette question est fondamentale, quel est le sens de ma vie ? Il est difficile d'imaginer que toutes choses soient créées pour un but … sauf nous les hommes capables de raison. Mais où se trouve la réponse à cette question ? Chaque religion présente une réponse, et chaque homme y répond plus ou moins personnellement. Comment y voir clair ? Et bien il n'y a qu'une méthode, tâtonner. Ouvrir ses oreilles, faire preuve de bons sens et d'une véritable recherche.

La réponse facile est : "à chacun son chemin", mais cela ne conduit qu'au rejet de toute valeur, ou plus exactement à la liberté morale ; ce qui est le contraire de la recherche du sens de la vie. S'il existe un sens, il est nécessaire de pouvoir en être convaincu, sous peine d'inutilité complète. Si tous les chemins se valent, alors j'ai intérêt à choisir celui qui me convient le mieux, le plus facile. Mais si tous les chemins ne se valent pas ? Il faut rechercher le bon, il faut y mettre de l'énergie, jusqu'à ce qu'on l'ait trouvé. La vie n'a pas d'autre intérêt que d'en trouver le sens. Et lorsqu'on l'a trouvé, seulement à ce moment là, la vie en vaut la peine. Sans sens, la vie est absurde : le matérialisme n'a jamais satisfait personne. Il faut trouver le chemin...

Au travers de tout le dédale de sens qui sont proposés, lequel est le bon ? Nécessairement, il faut posséder une conviction assurée du chemin trouvé. Il faut chercher jusqu'à l'obtention d'une conviction qui nous permet de ne plus chercher ailleurs. Sinon, notre chemin est inutile. Mais est-ce possible ? Il y a deux solutions : soit cela est possible, soit la vie est absurde. L'ordre qui paraît émaner du monde indique que cela est possible. Alors il faut chercher…

Et la Bible dans cette histoire ?

Le titre accrocheur du livre que nous avons étudié commence en gros par "la Bible", c'est un titre riche en évocations. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons :

  • La première étant l'histoire. La Bible est un livre qui a beaucoup marqué notre civilisation. Il ne faut pas oublier les centaines et centaines d'années où la France et beaucoup d'autres pays ont été dominés par une religion chrétienne possédant la Bible comme livre sacré. L'enseignement biblique était largement diffusé. La Bible par ce biais a imprégné notre culture à toutes sortes de niveaux, que ce soit la littérature, la justice, les fêtes populaires, les rythmes de vie… C'est par exemple de la Bible que vient la semaine de sept jours.

  • La seconde raison est que la Bible se présente elle-même comme une révélation de Dieu, c'est-à-dire un guide pour l'homme. Le guide de la vie. C'est ainsi que le mot "Bible" signifie "Le Livre". Ce mot est souvent repris par des auteurs modernes comme synonyme de référence, livre indispensable. Le mot "Bible" en cela est évocateur.

De plus, on peut comprendre que le choix de la Bible pour faire apparaître un Code Secret présente un avantage : l'impression donnée par ce livre religieux donne tout de suite un sentiment d'autorité, de surnaturel ; c'est un message de Dieu, c'est une grande puissance du passé qui se réveille. Toutes ces impressions accordent tout de suite un intérêt à un tel titre, mais nous avons vu que le contenu est fallacieux.

Nous avons pu faire plusieurs références à la Bible tout au long de notre étude. Mais toujours de façon très superficielle. Nous avons aussi eu l'occasion d'apercevoir de nombreuses incohérences entre les messages du Code Secret et le message de la Bible, ce qui n'est pas logique si le Code secret avait une origine divine.

Si le "Code Secret de la Bible" est faux, que dire du "Code de la Bible". Car la Bible se présente elle-même comme un code de vie. De même que le code de la route nous permet de conduire avec cohérence, la Bible est un code qui nous offre de vivre avec cohérence. Si le Code Secret de la Bible se présentait comme une extraordinaire découverte finalement erronée, la Bible, ce livre extraordinaire, n'a pas besoin de cacher son excellence : il contient bien un code de vie extraordinaire.

On entend dire beaucoup de choses sur la Bible :

- Il y a plusieurs bibles. Cela est faux : il y a des centaines de manuscrits qui présentent des variantes mineures, si faibles qu'on ne peut mettre en doute l'unicité de la Bible.

- La Bible s'interprète comme on veut. Cela aussi est faux dans l'ensemble : le message de la Bible est clair. Lorsque nous lisons une longue lettre écrite par un ami, peut-elle se comprendre radicalement de plusieurs façons. A moins d'être poète, et de ne pas s'intéresser à la réalité, le sens de la lettre est clairement déterminé. Il en est de même pour la Bible, celui qui la lit en comprend clairement le sens. Il est vrai, par contre, qu'il s'y trouve quelques passages imagés, qui sont difficiles non seulement à interpréter, mais aussi à comprendre parfois. Ces passages sont une minorité, et n'empêchent aucunement de comprendre la clarté du message général. S'il existe tant de discours autour de la Bible et de ses interprétations, ces discours portent soit sur des détails, soit sur l'attitude à avoir dans la réception du message, à savoir si le message nous concerne ou non. Le texte ne s'interprète pas de diverses manières, les différences de position proviennent essentiellement du recul ou de l'implication à avoir envers les textes. Le sens du message lui-même est très clair.

La Bible est vraiment un livre qui a fait couler beaucoup d'encre, et ce n'est probablement pas fini. Rien que l'histoire du texte biblique est une épopée à elle seule, mais ce qui interpelle le plus les esprits est sans doute le message même de la Bible. En effet, ce message est porteur d'une véritable révolution, aujourd'hui autant qu'hier, et pour tous.

Avant de voir quel est le message de la Bible, voyons un peu comment elle est conçue. La Bible est, en fait, un regroupement de plusieurs livres faits par de nombreux auteurs au cours de plusieurs siècles. Il y a deux groupements principaux, l'un s'appelle l'Ancien Testament et l'autre le Nouveau Testament. Le premier est le recueil d'écrits qui fonde le judaïsme constitué environ entre 1500 av. J.C. et 300 av. J.C. ; le second est celui qui fonde le christianisme, écrit entre 30 ap. J.C. et 110 ap. J.C. Le premier groupement s'appelle l'Ancien Testament. Il peut être divisé en quatre sections :

- La Torah, faites d'histoires et de lois destinées au peuple juif qui est l'écrit le plus important du judaïsme.

- Les écrits historiques, qui racontent l'histoire du peuple juif pendant plus d'un millénaire.

- Les livres littéraires, qui sont de la poésie ou des recueils de sagesse

- Les écrits prophétiques qui sont des paroles que des prophètes juifs ont reçues de la part de Dieu.

Le second groupement , le Nouveau Testament, est fait de trois sections.

- Les livres historiques qui raconte la vie de Jésus et ce qui s'est passé après,

- Les lettres des apôtres, envoyées principalement aux premières églises.

- L'apocalypse, qui parle en termes imagés de nombreuses prophéties.

Le code de la Bible

Voyons maintenant quel est le message de la Bible :

Elle explique que le monde, l'univers et l'homme existent réellement par la volonté de Dieu. Elle explique que tout homme a un besoin profond de Dieu, mais qu'il est incapable d'accéder à Dieu.

Dans l'histoire humaine, Dieu a fait connaître sa volonté à plusieurs hommes qui devaient être des témoins devant la face du monde de ce qu'est une vie juste. C'est le cas du peuple hébreu auquel Dieu a donné par Abraham, par Moïse, et par beaucoup d'autres, une ligne de conduite à tenir. Cette ligne de conduite devait être un code de vie. On peut tout particulièrement citer les Dix Commandements qui sont dix lois indispensables à tout homme pour l'équilibre de sa vie sociale et intérieure.

Dieu a très tôt annoncé la venue d'un homme particulier, le Messie, qui conduirait le monde dans le droit chemin. Jusqu'ici, nous étions dans la partie juive de la Bible (dans l'Ancien testament), mais les juifs et les chrétiens se séparent sur le fait suivant : Jésus s'est présenté comme étant le messie attendu. Les chrétiens sont ceux qui l'ont reconnu comme tel et les juifs sont ceux qui attendent toujours la venue du messie.

Jésus était porteur d'un message inattendu. C'est ce qui a heurté la compréhension des juifs de l'époque. Il parlait de la nécessité, pour chacun, d'une conduite morale, d'une attitude droite de cœur et non seulement de règles de conduite extérieure ; il annonçait la nécessité de renoncer à ses prétentions, le devoir de faire du bien autour de soi et la nécessité d'aimer les hommes. Ce message était différent d'un Code de Loi. Il n'a pas été reçu par ceux qui pensaient que le Messie viendrait comme un homme puissant et soumettrait le monde à son autorité.

Le message de la Bible est vraiment révolutionnaire ; non pas dans le sens d'une révolution sociale, mais d'une révolution individuelle, d'un bouleversement complet de notre façon naturelle, instinctive de voir le monde. Le message de Jésus annonce le désir de Dieu de conduire les hommes à considérer leur faiblesse. Dieu se propose de les aider à se relever de cette faiblesse. Il désire que les hommes aient l'objectif de pratiquer le bien.

En un mot, Jésus propose la révolution par un amour véritable. Il n'existe pas d'autres religions ayant un message similaire. La Bible est le seul discours religieux présentant un Dieu allant vers les hommes, se mettant à leur niveau pour les comprendre et les aider. La plupart des religions présentent la vie comme un chemin difficile dans lequel il faut atteindre certaines valeurs, certaines vertus pour la réussir. Ce sont beaucoup d'efforts. Mais la Bible, par Jésus, présente un message tout à fait extraordinaire. La vie se base tout simplement sur le constat que l'homme a besoin de l'aide de Dieu, sur la reconnaissance des ses torts, de ses péchés, sur l'acceptation du pardon et de l'aide de Dieu pour le conduire sur un chemin d'une transformation intérieure.

La Bible explique que, sans l'aide de Dieu, la découverte de la vraie vie est impossible ; il est nécessaire d'accepter Dieu comme maître de sa vie. Mais les hommes, avides de liberté, ne comprennent souvent pas que cette soumission n'est pas servile. La Bible explique pourtant que ce chemin est l'unique chemin de la vraie liberté, d'un cœur paisible, libre et heureux jusque dans la vie éternelle.

Même si la Bible est bien connue de nom, son message est très peu connu malgré les siècles d'histoires qui ont imprégné notre culture de la Bible. Ce message est véritablement clair et fabuleux. Cette découverte, comparée au Code Secret, est vraiment extraordinaire. Elle possède une différence notable : à l'inverse du Code Secret, le message de la Bible n'est pas secret ; c'est un code lisible par tous, et pour tous.

La Bible dit que la nature témoigne de l'existence de Dieu. Dieu a réellement prévu un chemin pour que les hommes soient heureux. Ce chemin, il l'a consigné dans la Bible, et révélé par Jésus qui était un envoyé de Dieu très particulier. Il se présente lui-même comme fils de Dieu, comme Dieu. C'est Dieu lui-même qui est venu annoncer aux hommes la réponse à leur attente et à leur besoin. La Bible est bel et bien un livre extraordinaire qui n'a nul besoin de secret pour le révéler.

CONCLUSION

Que peut-on dire à la suite d'une telle étude ? On pourra en tirer plusieurs leçons.

Il ne faut pas se laisser duper par une crédulité mal placée. Le Code Secret a emballé beaucoup de monde. Il a connu son heure de gloire, mais comme tant d'autres histoires, il trouvera l'heure de sa fin. L'art de convaincre est une arme bien aiguisée chez certains, il ne faudrait pas être la proie de leur verbiage. Mais comment avoir du recul vis-à-vis de toutes les opinions qui passent et se multiplient ? Un petit peu de sagesse n'est pas inaccessible : il suffit de ne pas être trop pressé de connaître, d'avoir la patience que les modes, les rumeurs, les événements de la vie s'éclaircissent d'eux-mêmes. Un gros bateau possède une certaine inertie, il faut de même avoir une certaine inertie dans nos décisions ou nos opinions ; il ne faut pas changer de direction à chaque rafale de vent. Cela ne signifie pas qu'il faut être sans opinion ; bien au contraire, à l'image du bateau, il faut choisir un bon cap et le suivre avec une volonté certaine.

Puisque le Code Secret est faux, faut-il que les sceptiques s'endurcissent ? Et faut-il que les croyants soient troublés dans leur foi ? La science et la foi font très bon ménage quand chacune d'elles retient la place qui lui revient. La tendance qui consiste à chercher les appuis de sa foi dans des preuves scientifiques est une méprise dommageable. La foi se situe bien au-delà de la science, même s'il arrive qu'elles se rencontrent lorsque la science cherche ses limites ou que la foi manque de connaissances. Le sceptique ne devrait donc pas s'endurcir, ni le croyant être troublé par la nouvelle de la contradiction du Code Secret, car celui-ci ne possédait véritablement en lui-même aucun moyen de soutenir la foi.

On pourra aussi retenir que la science ne possède pas toutes les réponses : il faut savoir mesurer la part de confiance qu'on peut lui attribuer afin de ne pas déchanter au jour de la disette. La science est souvent utilisée comme levier pour créditer une idée ou un acte. Il faudrait aussi savoir mettre un doute mesuré envers les affirmations qui ont besoin de montrer leur "scientificité" pour être admises. Le scepticisme n'est pas la bonne réponse, car si toute confiance disparaît, toutes les relations seront très tendues et se dégraderont inévitablement. La position médiane est sans doute la confiance prudente.

Au travers de ces pages, j'espère aussi avoir pu valoriser par quelques faibles propos, la beauté du recueil qui s'appelle tout simplement "Le Livre". Nous avons parlé de Code Secret, or au sens du dictionnaire, la Bible se présente elle-même comme un code : "un ensemble de signes et de symboles permettant de représenter et de transmettre une information entre un émetteur et un récepteur". La Bible est un message rempli de signes et de symboles dont l'émetteur se décline comme étant Dieu lui-même ; le récepteur sera l'homme suffisamment intéressé par le message divin. Le code de la Bible fort heureusement n'est pas secret, son message essentiel est accessible à tout un chacun. Il convient de s'intéresser de près au message que véhicule clairement la Bible : le code qui n'est pas secret.

J'espère que cet exposé atteindra les buts fixés : tout d'abord montrer l'invalidité du Code Secret de la Bible à tous ceux qui, manquant de connaissance, auraient prêter leur confiance à des personnes qui en ont abusé; et ensuite remarquer que le confort intellectuel ne doit pas prévaloir sur la sincérité, (de même que le confort matériel ne doit pas prévaloir sur l'honnêteté). C'est à Gandhi qu'on prête les propos suivant : "L'erreur croît et se multiplie, mais ne devient pas vérité". Et je pense à l'instar de cet apophtegme, qu'il ne faut pas se tromper de route ; le nombre ne fait pas la beauté. Il faut trouver des valeurs sûres. Et naturellement, il faut commencer par les rechercher… J'espère avoir pu partager et faire comprendre mes découvertes. C'est sans doute là, le but le plus élevé que j'ai souhaité pour ce livre