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des textes anciens / Les exploits d'Hercule Les exploits d'Hercule / Héraclès
Héraclès donna le royaume des Ibères aux meilleurs des hommes du pays; quant à lui, ayant rassembla ses troupes, il s'avança jusqu'à la Celtique, la parcourut tout entière, abolissant les coutumes contraires à toutes les lois, celle de tuer les étrangers, par exemple, et comme une multitude d'hommes de toutes nations venaient volontairement guerroyer avec lui, il bâtit une grande ville, - celle qui, en raison de sa course errante en cette guerre, est nommée Alésia. Il mêla même à ses citoyens beaucoup de gens du pays, mais comme ces derniers l'emportaient en nombre, il arriva que tous les habitants tombèrent dans la barbarie. Les Celtes jusqu'à ces temps-ci ont en honneur cette ville qui est pour eux le foyer et la métropole de toute la Celtique. Tout le temps depuis Héraclès jusqu'à nos jours, elle demeura libre, et ne fut jamais mise à sac. Mais enfin Gaius César, celui qui, à cause de la grandeur de ses actions, a été appelé dieu, la prit de vive force, et, comme le reste des Celtes, elle fut contrainte de se soumettre aux Romains. Héraclès, allant de la Celtique en Italie et traversant la région montagneuse des Alpes, remplaça les âpres chemins et les mauvais pas de cette contrée par une route assez bonne pour que des armées avec leurs bêtes de somme et leurs bagages y puissent passer. Les Barbares, habitant ces montagnes, avaient coutume de harceler les armées qui les traversaient, de leur tuer du monde, et de les piller dans les endroits difficiles. Le héros, les ayant tous domptés et ayant fait mourir les auteurs de ces violations de toutes les lois, rendit parfaitement sûres pour l'avenir les routes de ce pays. Puis, ayant franchi les Alpes et travers les plaines de la contrée appelée aujourd'hui Galatie, il continua son voyage par la Ligurie.
Les côtes du continent, disent-ils encore, sont habitées par des Grecs, qui s'étendent le long d'un golfe non moins grand que les Palus Méotides, et dont l'embouchure répond précisément à celle de la mer Caspienne, ils se regardent comme habitants de la terre ferme, et nous comme dés insulaires, parce que la terre que nous habitons est entourée par la mer. Les compagnons d'Héraclès, qui furent laissés dans cette contrée, s'étant mêlés avec l'ancien peuple de Cronos, tirèrent de son obscurité la nation grecque, qui était presque éteinte et étouffée sous les lois, les mœurs et la langue des Barbares, et ils lui rendirent son ancienne splendeur. Aussi, depuis cette époque, Héraclès est de tous les dieux celui qu'ils honorent davantage, et après lui Cronos.
Des aborigènes furent, ce qu'ont affirmé certains auteurs, les premiers que l'on vit en ces contrées: ils s'appelaient Celtes, du nom d'un roi qui savait se faire aimer, et Galates, du nom de sa mère. En grec, on dit, en effet, Galates pour Gaulois. Selon d'autres, les Doriens, qui avaient suivi l'ancien Hercule, habitèrent les lieux qui confinent l'Océan. Les Drasides (druides) rapportent qu'une partie de ce peuple était réellement indigène, mais que des îles les plus reculées et des contrées transrhénanes affluèrent des étrangers que des guerres fréquentes et l'envahissement d'une mer houleuse avaient chassés de leurs demeures. Quelques-uns disent qu'après la chute de Troie, des vaincus en petit nombre fuyant les Grecs répandus partout occupèrent ces pays alors déserts. De leur côté les habitants de ces contrées affirment - ce que nous voyons aussi gravé sur leurs monuments - qu'Hercule, fils d'Amphitryon, s'empressa d'aller détruire Géryon et Taurisque, cruels tyrans dont l'un désolait les Hispanies, et l'autre les Gaules; que, les ayant vaincus tous les deux, il s'unit avec des femmes de race noble, et en eut plusieurs enfants qui appelèrent de leurs noms les contrées où ils commandaient.
Celtus et Iberus sont fils d'Héraclès et d'une femme barbare, et c'est d'eux que viennent ces peuples, les Celtes et les Ibères.
Celtinè : " On dit que Héraclès, quand il amenait d'Erythie les génisses de Géryon, errant à travers le pays des Celtes, arriva chez Brétannos. Ce prince avait une fille nommée Celtinè. Devenue amoureuse d'Héraclès, elle cacha ses génisses et ne lui voulut pas rendre qu'il ne se fût au préalable uni avec elle. Le héros, empressé de sauver ses génisses, mais bien plus encore frappé de la beauté de la jeune fille, s'unit avec elle, et, le moment venu, il leur naquit un fils, Celtos, de qui les Celtes ont pris leur nom. "
Après ce discours sur les îles situées dans les régions du couchant, nous croyons qu'il n'est pas hors de propos de discourir brièvement sur les peuples de l'Europe qui en sont voisins et qui ont été laissés de côté dans les livres précédents. Anciennement, dit-on, régnait sur la Celtique un homme illustre qui avait une fille douée d'une taille extraordinaire et surpassant par sa bonne mine toutes les autres femmes. Cette force corporelle et cette bonne mine qu'on admirait en elle lui avaient donné de l'orgueil, et elle refusait tous les prétendants à sa main, n'en estimant pas un digne d'elle. Or, Héraclès, lors de son expédition contre Géryon, passa par la Celtique où il fonda Alésia. La fille du roi le vit, et, ayant admiré sa valeur et sa taille surhumaine, reçut de tout cœur, et avec l'agrément de ses parents, les caresses du héros; de cette union naquit un fils qui fut nommé Galatos et qui surpassait de beaucoup ceux de sa nation par la vaillance de son âme et par la force de son corps. Arrivé à l'âge d'homme et ayant hérité du royaume de ses pères, il conquit une grande partie du pays limitrophe et accomplit de grands faits de guerre. Devenu fameux par son courage, il appela de son nom Galates les peuples rangés sous sa loi et ce nom s'étendit à toute la Galatie.
Némausos, ville de Gaule, (tient son nom) de l'Héraclide Némausios.
Némausos, ville de Gaule, (tient son nom) de l'Héraclide Némausios.
A l'exception de la Fossa Mariana, canal de navigation qui conduit à une partie des eaux de ce fleuve, cette côte [entre Marseille et le Rhône] ne présente rien de remarquable, et a été surnommée Pierreuse. On rapporte à ce sujet qu'Hercule ayant épuisé ses flèches contre Albion et Bergios, fils de Neptune, implora Jupiter, qui l'aida en faisant pleuvoir des pierres. On serait en effet tenté de croire à cette pluie, à la vue de cette vaste plaine toute couverte de cailloux.
La côte ci-dessus décrite présente sans doute quelque
chose d'incroyable dans le fait de ces poissons qu'on déterre ; elle offre
une autre particularité peut-être plus remarquable encore et dont nous
allons parler. Entre Massalia et les bouches du Rhône il y a une plaine
qui est à cent stades de la mer, et dont le diamètre en mesure autant ;
elle est de forme circulaire. On l'appelle la Plaine de pierres, en raison
du phénomène qui s'y est produit. Elle est en effet remplie de pierres
grosses comme le poing, sous lesquelles croît l'agrostis, plante qui
fournit aux troupeaux une abondante pâture. Au milieu séjournent des eaux,
des mares salées, des dépôts de sel. Toute cette plaine et le pays au
dessus sont exposés aux vents ; mais celui qui y règne surtout est la bise
noire qui y déchaîne son souffle violent et glacial. On dit même qu'elle
entraîne et roule une partie des pierres, qu'elle jette les hommes à bas
de leurs chariots et que la force du vent les dépouille de leurs armes et
de leurs vêtements. Aristote dit que ces pierres, arrachées par
quelques-uns de ces tremblements de terre appelés brastes, ont été
rejetées à la surface et ont roulé dans les creux de ces terrains. Selon
Posidonios, il y avait un lac qui, par suite d'une fluctuation violente,
s'est desséché ; les pierres du fond ont été ainsi brisées en plusieurs
morceaux qui, comme les cailloux des fleuves et les galets des rivages,
sont semblables, polis, et, outre leur ressemblance, d'égale grosseur. Les
deux savants ont donné l'explication de tous ces détails ; elle est
plausible chez l'un comme chez l'autre ; car il faut bien que des pierres
ainsi constituées, non pas par elles-mêmes, aient changé de nature et
passé du liquide au solide, ou bien qu'elles se soient détachées de grands
rochers qui subirent des cassements continus. Toutefois Eschyle, qui avait
observé cette particularité, ou qui l'avait apprise de quelque autre, la
trouvant difficile à expliquer, la relégua dans le domaine de la fable.
Voici ce que chez lui Prométhée dit à Héraclès en traçant au héros sa
route du Caucase aux Hespérides : Comme s'il n'eût pas mieux valu, dit Posidonios, jeter ces pierres sur les Ligures eux-mêmes et les en écraser tous, que de représenter Héraclès ayant besoin de tant de pierres (contre ses ennemis). Mais en vérité il lui en fallait bien autant, puisqu'il avait contre lui une foule innombrable ; en sorte que sur ce point le mythographe mérite plus de créance que celui qui réfute son mythe.
Après les Massaliotes viennent les Ligures, que Lycophron appelle Ligystins. Ils sont ainsi nommés d'un certain Lygis, qui voulait arrêter Héraclès allant à la conquête des bœufs de Géryon : et alors, à ce que disent les fables, Héraclès manquant de toute espèce d'armes pour se défendre, pria Zeus de lui venir en aide ; le dieu, ayant rassemblé un nuage, en fit pleuvoir des pierres : de là entre Massalia et Rhèginè la plaine de pierres, toute couverte de pierres grosses à remplir la main, qui selon les savants, seraient des fragments de rochers brisés par les coups de foudre incessants ou des exhalaisons typhoniques : c'est ainsi que de grandes roches plates auraient été mises en menus morceaux, à ce que disent ceux qui laissent la fable radoter à son aise.
Vous, invincibles empereurs, vous avez, pour ainsi dire seuls, ouvert devant vos pas divins les routes des Alpes fermées par les neiges d'hiver, comme jadis Hercule emmena, sans un compagnon, à travers ces mêmes sommets, les dépouilles de l'Hibérie.
Quand il arriva dans les Alpes, qui séparent la Gaule de l'Italie, et que personne avant lui n'avait traversé avec une armée, à l'exception d'Hercule Graius -à cause de qui l'endroitest nommé Passage de Graius- il tailla en pièces les tribus alpines qui tentaient de le retenir (...).
Dans les Alpes proches des cieux, à l'endroit où le dieu grec [Graius?] a écarté les roches qui descendent vers la plaine et se laissent aborder, il est un lieu consacré où se dressent des autels d'Hercule: l'hiver, une neige durcie l'enferme et élève sa tête blanche vers les astres. On croirait que, pour lui, il n'est plus de ciel; jamais il ne s'adoucit, aux rayons d'un soleil déjà haut ni à la brise printanière; des aiguilles de glace le hérissent, ainsi que les frimas de l'hiver; il pourrait supporter, sur ses épaules menaçantes, la voûte tout entière.
Les Lépontiens et les Salasses, selon Caton, font partie des Taurisques. Mais les autres écrivains assurent presqu'à l'unanimité, d'après l'étymologie grecque, que les Lépontiens ne sont que des compagnons d'Hercule laissés par le héros dans les Alpes, où le froid avait commencé à geler leurs membres. C'est aussi de Grecs [Graios], et de Grecs de la même armée, qu'ils font descendre les habitans des Alpes grecques [Grées], et notamment les Euganiens, tribu l'illustre origine, comme l'indique son nom.
[…] et à leurs rois [les rois des Arborigènes], il [Héraclès] donna une grande région appartenant aux Ligures et à quelques uns de leurs voisins, sur laquelle ils avaient voulu régner après qu'il en eut expulsé les habitants sans foi ni loi.
Quant à Héraclès, il s'efforçait de prouver qu'Ambracie et l'Epire tout entière étaient son fief. Tous ces peuples qui lui avaient fait la guerre, Celtes, Chaones, Thesprôtes, tous les Epirotes, Héraclès faisait bien voir qu'il les avait domptés, quand ils s'étaient unis et avaient formé le projet de lui enlever les vaches de Géryon. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
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