Fonctionnement des églises baptistes
Depuis leur commencement, les églises baptistes ont pour vocation d'être les plus fidèles possible aux principes et aux doctrines du Nouveau Testament. Toutes, hélas, n'y arrivent pas, et toutes ne sont pas fidèles aux Écritures. Mais je voudrais dans cette page décrire les particularités des églises baptistes.
D'abord, je dirai que les baptistes ne forment pas une nouvelle religion. Ils sont des chrétiens respectueux des Écritures.
Ensuite, ils ne prétendent pas être un groupe particulièrement choisi par Dieu et seul dans la vérité. Les baptistes ont été ainsi appelés par leurs ennemis. Ils n'ont qu'un seul désir : glorifier leur Sauveur Jésus-Christ et obéir à sa sainte parole.
On soulignera 4 caractéristiques propres aux églises baptistes :
1. Elles exigent une profession de foi véritable de leurs membres.
2. Elles ne baptisent que les croyants.
3. Elles sont indépendantes.
4. Elles croient au sacerdoce de chaque chrétien.
1. Elles exigent une profession de foi véritable de leurs membres.
Les églises baptistes sont des églises de "professants", en opposition aux église dites "multitudinistes" qui baptisent les nourrissons et considèrent comme chrétiens tous ceux qui sont ainsi baptisés.
Les églises baptistes prêchent le même message que Jean-Baptiste, le Seigneur Jésus ou les apôtres :
"Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle !" (Marc 1:15).
Ils demandent donc une repentance, c'est-à-dire un demi-tour complet de la part du pécheur; et la foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous sauver parfaitement.
Il est évident qu'un nourrisson ne peut ni se repentir ni croire. C'est pourquoi le baptême dans tout le Nouveau Testament est administré à des adultes qui viennent de croire (voir le point suivant : 2. Elles ne baptisent que les croyants).
Les églises baptistes prêchent ce message très clairement afin que personne ne vive dans l'hypocrisie, se disant chrétien mais vivant comme un diable...
2. Elles ne baptisent que les croyants.
On ne trouve aucun exemple dans les Saintes Écritures de baptême d'un nourrisson. Cette pratique est venue de la Tradition dont Jésus a dit :
" Vous rejetez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition." (Marc 7:9)
Par contre, tous ceux qu'on a baptisés dans le N.T. étaient des croyants qui s'étaient repentis de leurs péchés.
Les exemples les plus frappants sont ceux du ministre éthiopien qui demande à l'apôtre Philippe :
"Voici de l'eau; qu'est-ce qui empêche que je ne sois baptisé? Philippe dit, Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. L'eunuque répondit, Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Il fit arrêter le char; Philippe et l'eunuque descendirent tous deux dans l'eau, et Philippe baptisa l'eunuque." (Actes 8:36-38)
et de la famille du centurion Corneille :
"(Pierre dit :) 'Jésus nous a ordonné de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts. Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés.' Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. Alors Pierre dit, Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous? Et il ordonna qu'ils soient baptisés au nom du Seigneur. Sur quoi ils le prièrent de rester quelques jours auprès d'eux. (Actes 10:42-48)
De plus, il est remarquable que tous étaient baptisés par immersion complète, le Seigneur Jésus compris (Marc 1:10). C'est d'ailleurs le sens du mot grec "baptizo" que les traducteurs de la Bible ont préféré franciser au lieu de le traduire. Tous les dictionnaires de Grec classique sont formels : baptizo signifiait "plonger, immerger, se tremper". Hippocrate, Platon, Philo ou Josèphe, par exemple, employaient ce verbe dans ce sens.
Les Baptistes ont reçu leur nom de leurs ennemis qui les accusaient de "rebaptiser" les catholiques. En réalité, ils baptisaient par immersion ceux qui venaient de se repentir et de croire en Jésus-Christ, fussent-ils catholiques ou protestants. Car on peut avoir été aspergé en tant que nourrisson dans l'église romaine ou l'église protestante sans jamais être devenu un vrai chrétien qui a la vie éternelle et qui marche avec Dieu.
3. Elles sont indépendantes.
Les églises baptistes ne possèdent ni chef ni organisation supranationale qui donnerait des ordres aux églises.
Chaque assemblée se doit d'être autonome et indépendante. Néanmoins, elle peut s'associer avec d'autres églises baptistes afin de ne pas rester seule. Les organisations baptistes, sauf exceptions, préservent l'indépendance des églises qui en sont membres.
Les églises baptistes se doivent de pourvoir à leur propres besoins financiers par les dons volontaires de leurs membres. Elles ne doivent pas compter sur les subsides de l'État ou faire pression sur les chrétiens pour donner de l'argent.
Par-dessus tout, les églises baptistes désirent rester indépendantes du pouvoir et de l'État. L'histoire a montré trop de fois que lorsque l'Église et le pouvoir sont liés, survient la corruption et la persécution des habitants du pays.
Bien que l'Évangile ait une influence sur le comportement et les choix des individus, l'Église n'a pas un rôle politique mais plutôt spirituel. On ne compte plus, certes, les hôpitaux missionnaires, les orphelinats et les lieux d'accueil social commencés par des Baptistes (comme d'autres croyants l'ont fait) : mais leur rôle est avant tout d'obéir à l'ordre du Seigneur Jésus-Christ:
"Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde." (Matthieu 28:19-20)
4. Elles croient au sacerdoce de chaque chrétien.
Il est écrit : "... de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre! A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles! Amen! (Apocalypse 1:5-6)
Le chef de l'Église est Jésus-Christ, agissant et parlant par la Bible et par le Saint-Esprit :
"Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour chef suprême à l'Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous...C'est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s'édifie lui-même dans l'amour." (Éphésiens 1:22-23, 4:16)
Il n'y a pas de hiérarchie. Un ou des pasteurs dirige son église, en accord avec tous les membres actifs. Il n'a pas de supérieur humain; son Chef est Jésus-Christ et sa responsabilité est grande envers les chrétiens dont il a la charge. Il n'est pas nommé par une instance supérieure mais choisi et accepté par les membres de l'église locale concernée. Le pasteur ne possède aucun pouvoir supérieur aux autres chrétiens. Il doit, par contre, pour exercer convenablement son ministère, avoir reçu un don d'enseignement et mener une vie irréprochable. Le ou les pasteurs organise les activités de l'Église, enseigne la parole de Dieu, visite ceux qui le demandent, célèbre les baptêmes, le repas du Seigneur, les mariages et les enterrements.
Les décisions engageant l'église locale sont prises en réunion des membres. Chaque croyant est "un sacrificateur" (Apocalypse 1:6), c'est-à-dire un médiateur entre Dieu et les hommes. Chaque croyant a reçu le Saint-Esprit de Dieu et a un même accès au Père par la foi (Ephésiens 2:18). Chaque membre du corps a un rôle à jouer pour l'édification de ses frères et sœurs en Christ (Romains 12:3-5).
Les croyants sont appelés à confesser leur péché à Dieu seul, en les abandonnant et en recevant de Jésus-Christ le pardon et la purification :
"Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité." (1 Jean 1:8-9)
