LES PRODIGES

IN HOC SIGNO VINCES  (par ce signe tu vaincras)

Au IVe siècle, la conversion de l'empereur romain Constantin a donné lieu à de nombreuses hypothèses. Il aurait vu, avant la bataille du pont Milvius, une croix de feu dans le ciel avec les mots IN HOC SIGNO VINCES (par ce signe tu vaincras). Croix qu'il fait reproduire sur son étendard. Mais l'Église de l'époque a peut-être « arrangé » ce miracle pour des raisons évidentes.

texte sur Constantin le Grand

Constantin

En fait, Constantin, comme beaucoup de ses contemporains, inclinait au monothéisme. Il avait abandonné les dieux du panthéon romain pour le dieu solaire. Celui-ci était souvent symbolisé par une sorte de croix. Après son retour à Rome, l'Église l'aurait persuadé que le vrai Dieu était le Christ et que son emblème était justement une croix. Il est possible que, devant la puissance montante de l'Église, Constantin ait vu là un renfort précieux dans l'appui de celle-ci. Ce n'est cependant que sur son lit de mort que Constantin accepta le baptême.

Depuis la conversion de l’empereur romain Constantin au christianisme, la Bible devient le pilier de la culture occidentale.

Accès à la section "Suaire de Turin"  LE SAINT SUAIRE DE TURIN

Le saint suaire de Turin est un morceau de lin de 4,30 m sur 1,10 m qui passe pour avoir conservé l'empreinte du Christ lors de sa sépulture. Cette croyance remonte au milieu du XIVe siècle alors que le suaire était conservé près de Troyes, donnant lieu à des expositions et des pèlerinages. Après plusieurs changements de propriétaires, il est entreposé dans la chapelle royale de Turin en 1694.

Deux siècles plus tard, une photographie du tissu est prise et le négatif révèle des détails insoupçonnés. L'imagination entre alors dans une phase encore plus intense puisque apparaît entièrement un corps d'homme ressemblant à celui du Christ, ou plus exactement à l'idée qu'on s'en fait puisqu'on n'a jamais vu aucun portrait ni aucune description physique de Jésus.

Des Pères de l’Église, comme saint Irénée, croient que Jésus était laid de corps, mais très beau en esprit. L’écrivain chrétien Tertullien et saint Augustin prétendent que si Jésus avait eu un visage digne de sa divinité, il n’aurait pu être conspué, flagellé et crucifié. À la défense de Jésus, le théologien Origène prétend qu’il n’était quand même pas malingre ni difforme.

En 1978, les analyses du tissu par Walter McCrone mettent en évidence des pigments à base d'oxyde de fer, établissant qu'il s'agit en fait du travail d'un artiste particulièrement habile utilisant un procédé connu depuis le XIIe siècle.

Le coup d'arrêt, définitif mais contesté, à cette croyance est porté par la datation au carbone 14 en 1988. Trois laboratoires se voient confier des échantillons du suaire et le verdict est implacable : le tissu daterait de la période comprise entre 1260 et 1390. Mais les protocoles techniques d'analyse utilisés sont dénoncés, la bonne foi des scientifiques est mise en cause. La datation au carbone 14 n'est pas fiable. 

J'ai tenté dans mon approche de conserver la plus grande objectivité. J'ai réuni sur le sujet une vaste documentation, pour et contre. Personnellement, à travers ce que j'ai lu, la falsification me paraît exclue : il s'agit bien d'un suaire, mais de quelle époque ?. Quant à dire qu'il s'agit du suaire du Christ ...   (pour accéder à la section, cliquez sur la boule argentée du titre)

accès à la section "saint Janvier"  LA LIQUÉFACTION DU SANG DE SAINT JANVIER

Saint Janvier a été décapité en 305. Sa dépouille a été transportée à Naples et, de nos jours, deux ampoules conservent encore une substance considérée comme étant du sang de ce personnage. Le miracle tient du fait que ce « sang » a la propriété de se liquéfier lors de grandes occasions comme le 19 septembre de chaque année, le jour de la fête du saint.

De faibles variations de température peuvent expliquer ce phénomène. Les chimistes savent réaliser des préparations qui entrent en fusion à la température ambiante. Ce phénomène avait déjà été exposé dans le Grand Dictionnaire Universel Larousse du XIXe siècle. Il n'est pas difficile de comprendre qu'un défilement continu de fidèles venant toucher la précieuse fiole puisse provoquer une légère augmentation de sa température et provoquer la liquéfaction du mélange. Le clergé tient ici un excellent instrument de domination et l'a utilisé à plusieurs reprises à des fins politiques.

Ici, les preuves scientifiques me paraissent plus probantes que dans le cas du Suaire de Turin.

DU SANG SUR LES HOSTIES

En 1263, à Bolsena, en Italie, un prêtre célèbre la messe. Au moment de la consécration, on remarque que du « sang » est apparu sur les hosties. Le pape Urbain IV s'empresse d'instituer une fête pour célébrer le miracle. C'est la fête du Corpus Christi qui devient, au XVe siècle, la principale fête chrétienne. Ce célèbre phénomène surnaturel de la tradition chrétienne sera immortalisé par une fresque de Raphaël au Vatican.

Quelques siècles plus tard, Johanna Cullen, de l'université George Mason de Fairfax, en Virginie, reconstitue le « miracle » en faisant incuber des hosties en présence d'une bactérie, la serratia marcescens, fréquente sur les aliments comportant de l'amidon, comme le pain et les pâtes. Cette bactérie produit, au bout de trois jours, un pigment rouge sang connu sous le nom éloquent de prodigiosine. En 1848, le biologiste allemand Ehrenberg l'avait identifié sur des pommes de terre cuites. La formation de « sang » sur le pain est d'ailleurs antérieure à l'ère chrétienne. Lors du siège de Tyr, en 332 avant notre ère, les soldats d'Alexandre le Grand en avaient trouvé sur leur pain. La serratia marcescens prolifère quand le temps est chaud. Elle n'est pas toxique.

Encore un "Miracle" démonté par la science.