MARTIN LUTHER est né à Eisleben en Saxe en 1484. Éducation familiale très stricte. Son père, entrepreneur dans les mines
argentifères de la région, le poussa vers l'étude du droit à
l'université d'Erfurt. A vingt et un ans, Martin décide de
devenir religieux contre l'avis de son père. Ordonné prêtre
deux ans plus tard, puis moine au couvent de Wittenberg, et
enfin docteur en théologie en 1512. Professeur en écriture
sainte et prédicateur, il commente les 150 Psaumes de la
Bible, les Épîtres de Saint-Paul et notamment l'Épître aux
Romains, devenu depuis un des grands textes de référence de la
Réforme.
A cette époque, la plupart des prédicateurs catholiques allemands vendaient des indulgences pour financer la reconstruction de la basilique Saint-Pierre à Rome. En échange, ils absolvaient certains péchés et écourtaient les peines de purgatoire. Martin Luther, convaincu que c'est la foi qui sauve et non les 'avantages' religieux acquis par l'argent, rédigea 95 thèses dont le retentissement fut immédiat en Allemagne et au-delà. Il n'était pas davantage question, au début, pour le théologien de se séparer de Rome que de réformer l'Eglise. Mais le débat suscité par ses thèses le conduisit à des prises de position qui creusèrent progressivement un fossé entre lui et l'Eglise catholique.
A trente-six ans, il publie trois écrits. Un appel 'A la noblesse chrétienne de la nation allemande' où il proclame 'le sacerdoce universel' (tous les baptisés, et pas seulement les clercs, doivent se considérer comme prêtres). Inutile de préciser que cet ouvrage fut très mal reçu par la hiérarchie catholique. Dans 'la Captivité babylonienne de l'Eglise', il ne reconnaît plus que deux sacrements sur quatre: le baptême et la communion qui commémore le repas de Jésus avec les apôtres. Il y critique par ailleurs la confession qui est devenue, selon lui, un moyen d'assujettissement des fidèles. Enfin, dans 'la Liberté du chrétien', il insiste sur le fait que le croyant ne dépend que de Dieu. Ces trois écrits furent complétés par un 'Traité sur les vœux monastiques' qu'il rejette pour poser les trois fondements de la doctrine réformée: l'Écriture seule, sans les rajouts de l'Église; la grâce seule, c'est-à-dire le don gratuit de Dieu; et la foi en Jésus qui, par sa mort, a effacé tous les péchés humains.
Quelques mois plus tard, une bulle du pape Léon X déclare hérétiques 40 des 95 thèses. Après avoir brûlé publiquement l'injonction papale, Luther est convoqué devant la Diète d'Augsbourg, où il refuse de se rétracter. Mis au banc de l'Empire, il est soustrait à la justice par son prince, le duc Frédéric de Saxe. Au bout d'un an, il revient à Wittenberg d'où il prend parti dans la guerre des paysans. Il se prononce contre les positions d'autres protestants qui débordent les siennes et rédige la charte de la réforme luthérienne sous le titre 'la Confession d'Augsbourg'.
Il est mort en 1546. Les deux tiers de l'Allemagne étaient devenus luthériens.
A. S.
(D'après Jean Delumeau, 'Des religions et des hommes'.).
Page réalisée par Intern@tif - Mercredi 18 Février 1998
