L'action
missionnaire de Mgr Giraud ne se limite pas aux seules paroisses de
La Mine et Gazinet.
Sous sa juridiction vont s'ouvrir d'autres lieux de culte à: Tours (1922), Restigné (1923), Digne (1927), Cannes (1935), Bordeaux (1936), Mios (1938), Aix en Provence (1939), Pessac (1941), Paris et Toulouse (1943).
Plusieurs dizaines de prêtres sont ordonnés. En 1929 il consacre un second coadjuteur en la personne de Mgr Jalbert-Ville, ancien condisciple à Rome du futur Pie XII. Mais depuis longtemps déjà il manquait à l'Eglise Gallicane une affirmation de ses positions doctrinales.
Une Profession de Foi est donc promulguée. Une première ébauche est éditée vers 1930. Elle ne deviendra définitive qu'après plusieurs remaniements, et ce n'est qu'après la guerre qu'en novembre 1945 elle sera largement diffusée.
Elle contient les quatre articles de Bossuet, la déclaration du concile de Constance disant que le pape doit être soumis à l'Eglise et non l'Eglise soumise au pape, la partie étant inférieure au tout. Elle rappelle l'essentiel de la Foi catholique: "ce qui a été cru toujours, partout et par tous", selon ce qu'a dit Saint Vincent de Lérins, doctrine contenue dans les Symboles des Apôtres, de Nicée-Constantinople et de Saint Athanase.
Mais l'originalité de la Profession de Foi de Gazinet réside dans une série de positions dont certaines seront reprises par le pape Jean XXIII, lors du concile Vatican II :
· L'abandon de la confession tribunal de la pénitence pour une forme plus fraternelle de confidence - non obligatoire - du malade spirituel au médecin de l'âme.
· L'abandon des "classes" pour les cérémonies. A l'époque il y avait des mariages et des enterrements de première, seconde ou troisième classe dans les paroisses.
· Le bannissement des excommunications.
· Une liturgie en français plus accessible à tous.
· La décentralisation de l'Eglise.
· La Communion sous les deux espèces. Jésus n'a-t-il pas dit : "Buvez en tous".
· L'élection des évêques par le clergé et les fidèles.
· Le rétablissement du mariage des prêtres et des évêques.
Bref, sous l'épiscopat de Mgr Giraud le gallicanisme se révèle non seulement
comme la défense des "Libertés Gallicanes" chères à Bossuet
et au Père Hyacinthe Loyson, mais aussi comme une façon d'envisager
l'application des leçons de l'Evangile d'une façon beaucoup plus humaine.
