L’ORDRE DES MAÎTRES ROYAUX ET CHOISIS
ÉGALEMENT APPELÉ MAÇONNERIE OU GRADES CRYPTIQUES
Tout Maçon curieux des
Grades Cryptiques est invité à lire : A History of the Cryptic Rite (en 2 vols.)
par Eugene E. Hinman, Ray V. Denslow & Charles C. Hunt, publié par le
General Grand Council, Royal and Select Masters, U.S.A.; Tacoma, Wa. 1931.
Cette notice a été
établie à partir de cet ouvrage monumental, ainsi que de : Coil’s Masonic Encyclopedia, par Henry
W. Coil, révisée par Allen E. Roberts; Macoy Publishing, Richmond, Va.
1966; et de Masonic Rites and Degrees
par Ray V. Denslow, publié chez l’auteur, 1955.
Bien que l’un des petits Ordres, c’est l’un des plus
importants, et des plus curieux systèmes maçonniques. Il se compose de deux
Grades : ceux de Maître Choisi
et de Maître Royal, d’origines
très diverses, auxquels un troisième : le Super-Excellent
Maître, a été rattaché, bien qu’assez étranger à la série. A ce
noyau, le Très Excellent Maître a
généralement été ajouté, dans les pays pratiquant la forme anglaise de
l’Ordre de la Sainte Arche Royale. Notre Grand Conseil a, en outre choisi
d’adjoindre à la série l’Excellent Maçon,
ou cérémonie du Passage des Voiles.
Après la création de la Grande Loge d’Angleterre de
1717, bien des Grades maçonniques firent leur apparition, se fondant sur
des légendes tirées des Anciens Devoirs, alors même que de nombreux
éléments disparaissaient du cérémonial, bien que des passages de ces
Constitutions manuscrites y ayant trait, étaient lues lors des réceptions.
Ceci devait inexorablement amener à l’apparition de Grades additionnels,
tels que l’Arche Royale, rapidement enrichie dans les îles britanniques de
développements tels que les Maçon de Marque, Maître de Marque, Excellent
Maçon ou Maître, Super-Excellent Maître ou Maçon, etc. . . . , pendant
qu’en France une immense variété de Grades voyaient le jour, introduisant
de nombreuses légendes complémentaires. La plupart, sinon la totalité, des
Grades encore pratiqués de nos jours, remontent à tel ou tel de ces rites ou grades du 18e
siècle.
Bien qu’une forme du Maître Choisi (Select Master)
ait pu être pratiqué de nombreuses années avant, à Albany (vers 1769), et
Charleston (vers 1782) la première occurrence documentée de la collation du Maître Choisi, est un diplôme daté du 9
novembre 1790 à Savannah (Georgia), par lequel Moïse Cohen, Grand
Inspecteur Général du Rite de Perfection à Kingston, Jamaïque, certifie
qu’il a conféré certains Grades à Abraham Jacobs, parmi lesquels ceux de
“Maçon Choisi des 27” et “Grand Maître Écossais”, lesquels ne firent jamais
partie de ce rite ou système.
Bien qu’à l’époque les intitulés des Grades peuvent
souvent prêter à confusion, on croît que ce “ Maçon Choisi des
27 ” est bien ce que nous appelons maintenant le “ Maître
Choisi ”. Une copie préservée du “ rituel de Jamaïque (ou de
Panama) ” du Rite de Perfection donne suffisamment de détails quant à
la forme de la loge et le cérémonial d’ouverture, de fermeture et de
réception pour voir qu’il est très proche de notre Maître Choisi.
Un certain Henry Wilmans, natif de Brême en
Allemagne, immigré à Charleston vers 1788, s’installa à Baltimore,
Maryland, vers 1792, où il visita une Loge comme Passé Maître d’une Loge
St-Jean N°13, de Caroline du Sud. Cette même année, en vertu d’une Patente
de Grand Inspecteur Général du Rite de Perfection l’investissant de
pouvoirs pour “établir, ordonner, ériger et donner vigueur” à de tels
ateliers, il y fonda un “Grand Conseil de Maçons Choisis (Select Masons)”.
En 1795 Philip P. Eckel succéda à ses prérogatives au
sein du “Chapitre” de Maçons Choisis de Baltimore. Jeremy L. Cross en reçut
le Grade en 1816, avec pouvoirs de le diffuser.
De nombreux chercheurs ont avancé que le projet réel
avait toujours été d’intégrer ce Grade au système d’Arche Royale. Mais cela
ne peut être. Pourquoi, en effet, Henry Wilmans, parvenant à la Grande
Maîtrise de la G.L. du Maryland un an avant sa mort, n’essaya-t-il même
jamais de faire procéder à l’intégration ? Et, plus tard, pourquoi Eckel et son associé Hezekiah Niles,
firent-ils tout leur possible pour maintenir le Grand Conseil à
Baltimore ? Philip Eckel non
plus, qui devait devenir un membre très influent de l’Ordre de l’Arche
Royale, ne tenta jamais l’intégration.
A part quelques rares références antérieures, la
première mention du Grade de Maître Royal
n’apparaît pas avant 1804, lorsque Abraham Jacobs se rendit à New York où
il l’aurait conféré à Thomas Lownds. C’était alors l’apogée de la crise
profonde entre deux Suprêmes Conseils rivaux du R.E.A.A., ceux dirigés par
John J Gourgas et Joseph Cerneau, et on ne saura peut-être jamais
précisément quand (1807 ou 1808) et par qui notre Grade fut effectivement
conféré à New York.
La première mention documentaire de la collation de
ce Grade se trouve dans les archives du Columbian Grand Council of Royal
Master Masons de New York, fondé par Thomas Lownds le 2 septembre 1810.
Sept ans plus tard, ce corps semble s’être adjoint le Grade de Super-Excellent Maître et, bien que Lownds
ne semble pas avoir pratiqué le Maître Choisi avant 1817, le Grand Conseil
ne devait intégrer un Conseil de Maîtres Choisis le 8 décembre
1821.seulement.
Pendant ce temps, Jeremy L. Cross s’étant vu conférer
le Select Master par Eckel en 1816, disséminait le Grade en Nouvelle
Angleterre, puis fondait un Conseil à Windsor, au Vermont, tandis que John
Barker faisait de même dans les états du Sud. En 1818, Cross recevait le Royal
Master (avec ou sans le Super-Excellent), et commençait
immédiatement à conférer les deux Grades à New Haven, au Connecticut. La
même année le premier Grand Conseil de Maîtres
Royaux et Choisis y été constitué, suivi en 1820 par la
Virginie, puis le New Hamsphire en 1823.
La première tentative réussie d’amener ces Grades
dans le giron de l’Arche Royale eut lieu au Maryland, où le Grand Chapitre
autorisa ses Chapitres en 1817 à conférer le Select Master, pour,
dix ans plus tard circulariser tous les Grands Chapitres les incitant à
faire de même. Dès cette époque, les Grands Chapitres existant alors aux
États-Unis, s’attribuèrent ou abandonnèrent tout à tour la pratique de ces
Grades, tandis que le Grand Chapitre Général leur recommandait d’en prendre
le contrôle. Après 1827, comme pour rendre les choses plus difficiles,
quelques Députés Inspecteurs du Rite Écossais autorisaient les Conseils de
Princes of Jérusalem (16°) de leur secteur à s’emparer de ces
Grades.
En 1847, le Grand Chapitre Général autorisait les
Chapitres à conférer les Grades de Maître Royal et Choisi dans les états
non encore pourvus de Conseils et, en 1850, le Suprême Conseil du R.E.A.A.
de la juridiction Nord publia un manifeste proclamant sa compétence sur les
Grades de Royal & Select et décrétant propriété exclusive. Le
Suprême Conseil de la juridiction Sud faisait rapidement de même pour ne
pas être en reste. En 1853, lorsque le Grand Chapitre Général inversa sa
position, renonçant à tout droit, le Grand Chapitre du Maryland (jusqu’en
1872) ainsi que celui de Virginia (de 1841 jusqu’à nos jours) les conserva
sous sa coupe, tout comme la Virginie Occidentale dès sa création. D’autres
Grands Chapitres prirent aussi le contrôle des Grades Cryptiques, même
après la renonciation formelle de 1853 : le Texas (de 1864 à 1907),
l’Illinois (1877-1882), le Mississippi (1877-1888), le Kentucky, l’Arkansas
et le Wisconsin (1878-1881), le Nebraska (1878-1886) et la Caroline du Sud
(1880-1881).
Outre les premiers déjà vus, des Grands Conseils se
constituèrent au Massachusetts et en Georgie en 1826, au Kentucky en 1827,
dans l’état de New York en 1828, en Louisiane en 1829 et dans l’Ohio en
1830. Dans la fin des années 1840 deux autres Grands Conseils devaient voir
le jour, puis 10 de 1850 à 1860, 6 autres avant 1870 et enfin 3 avant 1880.
Enfin, après plusieurs tentatives, un Grand Conseil Général fut constitué
le 23 août 1880, puis ratifié dès le 1er mars 1881 par le nombre
requis d’états constituant.
La Maçonnerie Cryptique, telle qu’actuellement
pratiquée fut “ré-introduite” en Angleterre par patentes octroyées par le
Grand Conseil de l’État de New York en 1871, et le Grand Conseil
d’Angleterre fut constitué en 1873. L’Ordre “re-gagna” l’Écosse grâce à des
patentes octroyées par le Grand Conseil de l’Illinois en 1878 et le Grand
Conseil d’Écosse vit le jour en 1880. Il a depuis volontairement abandonné
sa souveraineté pour être incorporé au Grand Chapitre Suprême de la Sainte
Arche Royale de ce pays.
De nos jours, quelques quatre-vingt Grands Conseils
administrent plus de 1 600 Conseils rassemblant aux environs de 300 000
Maçons Cryptiques de par le monde.
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