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Les Constitutions
d'Anderson
1723
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Les
"Constitutions d'Anderson", dont vous trouverez ci-après la
traduction, sont l'un des textes fondamentaux de la Franc-maçonnerie moderne
puisqu'il s'agit des premières constitutions de la première Grande Loge.
Elles doivent
cependant être replacées dans leur contexte et ne constituent en aucun cas une
loi immuable de la Franc-maçonnerie, puisqu'elles furent modifiées, en
Angleterre même, dès 1738.
(Cliquez
sur le livre ci-contre, vous aurez accès aux textes complets des Constitutions)
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Les Anciennes Obligations des
MAÇONS
FRANCS ET ACCEPTES
TÊTES DE CHAPITRES savoir
1 - Concernant
DIEU et la RELIGION.
II - Du
MAGISTRAT CIVIL Suprême et Subordonné.
III - Des LOGES
IV - Des MAÎTRES, Surveillants, Compagnons et
Apprentis
V - De la
Direction du MÉTIER pendant le
travail.
VI - De la
CONDUITE, à savoir:
1. Dans la Loge
quand elle est constituée.
2. Conduite
après la fermeture de la Loge et avant le départ des Frères.
3. Conduite
quand des Frères se rencontrent sans présence Étrangère mais hors d'une Loge constituée.
4. Conduite
en présence d'Étrangers non Maçons.
5. Conduite
Chez Vous et dans votre Entourage.
6. Conduite
envers un Frère étranger
Recueillies
par l'Auteur dans leurs Anciennes Archives, sur l'ordre du Grand Maître,
l'actuel Duc de Montaigu.
Approuvées
par la Grande Loge et imprimées par ordre dans la première Édition du Livre des
Constitutions, le 25 mars 1722
Les
modifications anglaises de 1738 et de 1813.
L'article 1 des Constitutions d'Anderson
(1723)
Le texte de 1738
Le texte de 1813
1 . Concernant DIEU et la RELIGION
Un
MAÇON est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il comprend bien
l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux. Mais, quoique
dans les Temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays
d'appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu'elle fût,
il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre
seulement à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son
opinion particulière, et qui consiste à être des Hommes bons et loyaux ou
Hommes d'Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou
Croyances qui puissent les distinguer; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre
d'Union et le Moyen de nouer une véritable Amitié parmi des Personnes qui
eussent dû demeurer perpétuellement éloignées.
2 . Du
MAGISTRAT CIVIL SUPRÊME et SUBORDONNE
Un Maçon est un paisible Sujet à
l'égard des Pouvoirs Civils, en quelque lieu qu'il réside ou travaille, et ne
doit jamais être mêlé aux Complots et Conspirations contre la Paix et le Bien-être
de la Nation, ni manquer à ses devoirs envers les Magistrats
inférieurs; car la Maçonnerie a toujours pâti de la Guerre, de l'Effusion de
Sang et du Désordre; aussi les anciens Rois et Princes ont toujours été fort
disposés à encourager les Frères, en raison de leur Caractère Pacifique et de
leur Loyauté par lesquelles ils répondaient en fait aux chicanes de leurs
Adversaires et défendaient l'Honneur de la Fraternité qui fut toujours
florissante dans les Périodes de Paix.
Aussi, si un Frère devenait
Rebelle envers l'État, il ne devrait pas être soutenu dans sa Rébellion, quelle
que soit la pitié que puisse inspirer son infortune; et s'il n'est convaincu
d'aucun autre
Crime, bien que la loyale
Confrérie ait le devoir et l'obligation de désavouer sa Rébellion, pour ne
provoquer aucune Inquiétude ni Suspicion politique de la part du Gouvernement
au pouvoir, il ne peut pas être chassé de la Loge et ses relations avec elle
demeurent indissolubles.
3 . Des LOGES
Une LOGE est un lieu où des
Maçons s'assemblent pour travailler: d'où le nom de LOGE qui est donné à
l'Assemblée ou à la Société de Maçons régulièrement organisée, et l'obligation
pour chaque Frère d'appartenir à l'une d'elles et de se soumettre à ses
Règlements Particuliers ainsi qu'aux Règlements Généraux. La Loge est soit
particulière, soit générale et plus on la fréquente, mieux on la comprend, de
même que les Règlements de la Loge générale ou Grande Loge annexés ci- après.
Dans les Temps anciens, aucun
Maître ou Compagnon ne pouvait s'en absenter, spécialement lorsqu'il y avait
été convoqué, sans encourir une sévère Censure à moins que le Maître ou les
Surveillants n'aient constaté qu'il en avait été empêché par une impérieuse
nécessité.
Les Personnes admises comme
membres d'une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, ayant
l’âge de la maturité d'esprit et de la Prudence, ni Serfs ni Femmes ni Hommes
immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation.
4 . Des
MAÎTRES,
SURVEILLANTS, COMPAGNONS
et APPRENTIS
Toute Promotion parmi les Maîtres
Maçons est fondée uniquement sur la Valeur réelle et sur le Mérite personnel;
afin que les Seigneurs puissent être bien servis, que les Frères ne soient pas
exposés à l'Humiliation et que l'Art Royal ne soit point décrié : pour cela
aucun Maître ou Surveillant n'est choisi à l'Ancienneté, mais bien pour son
Mérite. Il est impossible de dépeindre ces choses par écrit, chaque Frère doit rester
à sa propre place et les étudier selon les méthodes particulières de cette
Confrérie. Tout ce que les Candidats peuvent savoir c'est qu'aucun Maître n'a
le droit de prendre un Apprenti s'il n'a pas un Travail suffisant à lui fournir
et s'il n'est pas un Jeune Homme parfait ne souffrant d'aucune Mutilation ou
Tare Physique qui puisse l'empêcher d'apprendre l'Art et de servir le Seigneur
de son Maître et de devenir un Frère, puis un Compagnon en temps voulu après
avoir durant le Nombre d'Années fixé par la Coutume du Pays; et s'il n'est issu
de Parents honnêtes; ceci afin qu'après avoir acquis les qualités requises il
puisse parvenir à l'Honneur d'être le Surveillant, puis le Maître de la Loge,
le Grand Surveillant et enfin, selon son Mérite, le Grand Maître de toutes les
Loges.
Nul Frère ne peut être
Surveillant avant d'avoir passé le degré de Compagnon; ni Maître avant d'avoir
occupé les fonctions de Surveillant; ni Grand Surveillant avant d'avoir été
Maître d'une Loge, ni Grand Maître s'il n'a pas été Compagnon avant son Élection. Celui-ci doit être, en outre, de noble naissance ou GENTILHOMME de
bonnes Manières ou quelque SAVANT éminent ou quelque ARCHITECTE distingué ou
quelque autre HOMME DE L'ART d'une honnête ascendance et jouissant d'une grande
Estime personnelle dans l'Opinion des Loges. Et afin de pouvoir s'acquitter le
plus utilement, le plus aisément et le plus honorablement de son Office, le
Grand Maître détient le pouvoir de choisir son propre Député Grand Maître qui
doit être alors ou avoir été précédemment le Maître d'une Loge particulière et
qui a le Privilège d'agir comme le ferait le Grand Maître lui-même, son
Commettant, sauf quand le dit Commettant est présent ou qu'il manifeste son
Autorité par une Lettre.
Ces Administrateurs et Gouverneurs,
supérieurs et subalternes de la Loge ancienne, doivent être obéis dans leurs
Fonctions respectives par tous les Frères, conformément aux Anciennes
Obligations et Règlements, en toute Humilité, Révérence, Amour et Diligence.
5 . De la Direction du Métier pendant le Travail
Tous les Maçons travailleront
honnêtement pendant les jours ouvrables afin de profiter honorablement des
jours de fête; et l'horaire prescrit par la Loi du Pays ou fixé par la coutume
sera respecté.
Le Compagnon Maçon le plus expert
sera choisi ou délégué en qualité de Maître
ou Surintendant des Travaux du Seigneur; ceux qui travaillent sous ses
ordre l'appelleront Maître. Les Ouvriers doivent éviter tout Langage déplacé,
et ne point se donner entre eux de sobriquets désobligeants, mais s'appeler
Frère ou Compagnon; et se conduire avec courtoisie à l'intérieur de la Loge.
Le Maître, confiant en son
Habileté, entreprendra les Travaux du Seigneur aussi raisonnablement que
possible et tirera parti des matériaux comme s'ils étaient à lui, ne donnant à
aucun Frère ou Apprenti plus que le salaire qu'il mérite vraiment.
Le Maître et les Maçons recevant
chacun leur juste Salaire seront fidèles au Seigneur et achèveront leur Travail
consciencieusement, qu'il soit à la Tâche ou à la Journée; et ils
n'effectueront pas à la Tâche l'Ouvrage qu'on a l'habitude de faire à Temps.
Nul ne se montrera Envieux de la
Prospérité d'un Frère ni ne le supplantera, ni ne l'écartera de son Travail
s'il est capable de le mener à bien; car personne ne peut achever le Travail
d'autrui, à l'avantage du Seigneur, sans être parfaitement au courant des
Projets et Conceptions de celui qui l'a commencé.
Quand un Compagnon Maçon est
désigné comme Surveillant des Travaux sous la conduite du Maître, il sera
équitable tant à l'égard du Maître que des Compagnons, surveillera avec soin le
Travail en l'absence du Maître dans l'intérêt du Seigneur; et ses Frères lui
obéiront.
Tous les Maçons employés
recevront leur salaire uniment, sans Murmure ni Révolte, et ne quitteront pas
le Maître avant l'achèvement du Travail.
On instruira un Frère plus jeune
dans le travail pour que les Matériaux ne soient point gâchés par manque
d'Expérience et pour accroître et consolider l'Amour Fraternel.
On n'utilisera dans le travail
que les Outils approuvés par la Grande Loge.
Aucun Manœuvre ne sera employé
aux Travaux propres à la Maçonnerie; et les Francs-maçons ne travailleront pas
avec ceux qui ne sont pas francs, sauf nécessité impérieuse; et ils
n'instruiront ni les Manœuvres ni les Maçons non acceptés, comme ils
instruiraient un Frère ou un Compagnon.
6 . De la CONDUITE, savoir
1) Dans la LOGE quand elle est CONSTITUÉE.
Vous ne devez pas tenir de
Réunions privées, ni de Conversations à part sans Autorisation du Maître, ni
parler de choses inopportunes ou inconvenantes; ni interrompre le Maître, ou
les Surveillants ni aucun Frère parlant au Maître: ne vous conduisez pas non
plus de manière ridicule ou bouffonne quand la Loge traite de choses sérieuses
et solennelles; et sous aucun prétexte n'usez d'un Langage malséant; mais
manifestez à votre Maître, à vos Surveillants et à vos Compagnons la Déférence
qui leur est due et entourez-les de respect.
Si quelque Plainte est déposée,
le Frère reconnu s'inclinera devant le Jugement et la Décision de la Loge, qui
est le seul Juge compétent pour tous ces Différents (sous réserve d'Appel
devant la Grande Loge), et c'est à elle qu'il doit être déféré, à moins que le
Travail d'un Seigneur ne risque d'en souffrir, dans lequel cas il serait
possible de recourir à une Procédure particulière; mais les affaires
Maçonniques ne doivent jamais être portées en Justice, à moins d'absolue
Nécessité dûment constatée par la Loge.
2) CONDUITE après fermeture de la LOGE et
avant le départ des FRÈRES.
Vous
pouvez jouir d'innocents plaisirs, vous traitant réciproquement suivant vos
Moyens, mais en évitant tout Excès et en n'incitant pas un Frère à manger ou à
boire plus qu'il n'en a envie, en ne le retenant pas lorsque ses Affaires
l'appellent, en ne disant et en ne faisant rien d'offensant ou qui puisse
interdire une Conversation aisée et libre; car cela détruirait notre Harmonie,
et ruinerait nos louables Desseins. C'est pourquoi aucune Brouille ni Querelle
privée ne doit passer le Seuil de la Loge, et moins encore quelque Querelle à
propos de la Religion, des Nations ou de la Politique car comme Maçons nous
sommes seulement de la Religion Catholique mentionnée ci-dessus; nous sommes
aussi de toutes Nations, Idiomes, Races et Langages et nous sommes résolument
contre toute POLITIQUE comme n'ayant jamais contribué et ne pouvant jamais
contribuer au bien-être de la Loge. Cette Obligation a toujours été strictement
prescrite et respectée; surtout depuis la Réforme en Grande-Bretagne, ou la
Séparation et la Sécession de ces Nations de la Communion de Rome.
3) CONDUITE quand les FRÈRES se rencontrent sans
présence étrangère mais hors d'une LOGE CONSTITUÉE.
Vous devez vous saluer
réciproquement de manière courtoise, comme on vous l'enseignera, vous appelant
mutuellement Frère, échangeant librement les Instructions que vous jugerez
utiles, sans être vus ni entendus, sans prendre le pas l'un sur l'autre, ni
manquer aux marque de Respect qui seraient dues à un Frère, s'il n'était pas
Maçon: car quoique les Maçons en tant que Frères soient tous sur un pied
d'Égalité, la Maçonnerie ne prive pas un Homme des Honneurs auxquels il avait
droit auparavant; bien au contraire, elle ajoute à ces Honneurs, spécialement
lorsqu'il a bien mérité de la Fraternité qui se plaît à honorer ceux qui le méritent et à proscrire les mauvaises
manières.
4) CONDUITE
en Présence d’ÉTRANGERS non MAÇONS.
Vous
serez circonspects dans vos Propos et dans votre Comportement, pour que
l'Étranger le plus perspicace ne puisse découvrir ni deviner ce qu'il ne doit
pas connaître, et vous aurez parfois à détourner la Conversation et à la
conduire prudemment pour l'Honneur de la vénérable Fraternité.
5) CONDUITE Chez Vous
et dans
votre Entourage.
Vous devez agir comme il convient
à un homme sage et de bonnes mœurs; en particulier n'entretenez pas votre
Famille,
vos Amis et Voisins des Affaires
de la Loge, etc., mais soyez particulièrement soucieux de votre propre Honneur,
et de celui de l'ancienne Fraternité, ceci pour des Raisons qui n'ont pas à
être énoncées ici. Ménagez aussi votre Santé en ne restant pas trop tard
ensemble ou trop longtemps dehors, après les Heures de réunion de la Loge; et
en évitant les excès de chair ou de boisson, afin que vos Familles ne souffrent
ni désaffection ni dommage, et que vous-même ne perdiez pas votre capacité de
travail.
6) CONDUITE envers un FRÈRE étranger.
Vous devez l'éprouver
consciencieusement de la Manière que la Prudence vous inspirera, afin de ne pas
vous en laisser imposer par un Imposteur ignorant, que vous devez repousser
avec Mépris et Dérision, en vous gardant de lui dévoiler la Moindre
Connaissance.
Mais si vous le reconnaissez
comme un Frère authentique et sincère, vous devez lui prodiguer le respect
qu'il mérite; et s'il est dans le besoin, vous devez le secourir si vous le
pouvez, ou lui indiquer comment il peut être secouru: vous devez l'employer
pendant quelques Jours ou le recommander pour qu'on l'emploie.
Vous n'êtes pas obligé de faire
plus que vos moyens ne vous le permettent mais seulement dans des circonstances
identiques, de donner la préférence à un Frère pauvre, qui est un Homme bon et
honnête, avant toute autre Personne dans le besoin.
Enfin, toutes ces
OBLIGATIONS doivent être observées par vous, de même que celles qui vous seront
communiquées d'autre manière; cultivez l'Amour Fraternel, Fondement et clé de
voûte, Ciment et Gloire de cette ancienne Fraternité, repoussez toute Dispute
et Querelle, toute Calomnie et Médisance, ne permettez pas qu'un Frère honnête
soit calomnié, mais défendez sa Réputation, et fournissez-lui tous les Services
que vous pourrez, pour autant que cela soit compatible avec votre Honneur et
votre Sûreté, et pas au-delà. Et si l'un d'eux vous fait Tort, vous devez
recourir à votre propre Loge ou à la sienne, ensuite vous pouvez en appeler à
la GRANDE LOGE en Assemblée Trimestrielle, et ensuite à la GRANDE LOGE
annuelle, selon l'ancienne et louable Coutume de nos Ancêtres dans chaque
Nation; n'ayez jamais recours à un procès en Justice sinon quand l'Affaire ne
peut pas être tranchée autrement, et écoutez patiemment les Conseils du Maître
et des Compagnons lorsqu'ils veulent vous éviter de comparaître en Justice avec
des Profanes ou vous inciter à mettre un terme rapide à toutes Procédures, ceci
afin que vous puissiez vous occuper des Affaires de la MAÇONNERIE avec plus
d'Alacrité et de Succès; mais en ce qui concerne les Frères ou Compagnons en
Procès, le Maître et les Frères doivent offrir bénévolement leur Médiation, à
laquelle les Frères en opposition doivent se soumettre avec gratitude; et si
cet Arbitrage s'avère impraticable, ils doivent alors poursuivre leur Procès ou
Procédure Légale, sans Aigreur ni Rancune (contrairement à l'ordinaire) en ne
disant et en ne faisant rien qui puisse altérer l'Amour fraternel, et les
bonnes Relations doivent être renouées et poursuivies; afin que tous puissent
constater l'Influence bienfaisante de la MAÇONNERIE, ainsi que tous les vrais
Maçons l'ont fait depuis le commencement du Monde et le feront jusqu'à la fin
des Temps.
AMEN. AINSI SOIT-IL.
Les
modifications anglaises de 1738 et de 1813.
L'article
premier des "Constitutions d'Anderson" fut modifié à deux reprises en
Angleterre.
Du point de vue des Anglais, il
s'agissait de préciser la première rédaction et d'éviter des dérives dans son
interprétation. Du point de vue de la majorité des Obédiences françaises, ces
modifications sont au contraire perçues comme une restriction de
l'Universalisme Maçonnique qu'elles refusent.
Ce débat n'est pas simple. Il est vraisemblable que
la rédaction d'Anderson soit allée au-delà des traditions maçonniques
opératives. Elle a d'ailleurs suscité de sérieuses controverses en Angleterre
dès sa parution.
Que doit-on faire primer ?
L'ancienne Tradition, qui, compte tenu du contexte de l'époque, pouvait
difficilement ne pas être théiste, ou au contraire ce que d'autres appellent le
"projet andersonnien", qui autorise une très large liberté de
conscience ?
Peut-on par exemple conférer
l'initiation maçonnique à des gens qui se retrouvent dans la pensée de Spinoza
ou dans celle de Confucius ? Peut-on même accepter ceux qui croient en Dieu,
sans pour autant avoir la certitude que Dieu est personnel et révélé ? Peut-on
enfin initier en Franc-Maçonnerie des agnostiques ?, des athées ?
Les réponses sont différentes ...
comme le sont les Obédiences. Notons cependant qu'on trouve quelques
agnostiques et même peut-être quelques athées jusque dans les rangs de
certaines obédiences reconnues par l'UGLE, mais ceci est une autre histoire...
A vous de vous faire votre opinion. Voici les
documents :
L'article 1 des Constitutions d'Anderson (1723)
Un MAÇON est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi
morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un
Libertin irréligieux. Mais, quoique dans les Temps anciens les Maçons fussent astreints
dans chaque pays d'appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation,
quelle qu'elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient
de les soumettre seulement à cette Religion que tous les hommes acceptent,
laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des Hommes
bons et loyaux ou Hommes d'Honneur et de Probité, quelles que soient les
Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer; ainsi, la Maçonnerie
devient le Centre d'Union et le Moyen de nouer une véritable Amitié parmi des
Personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement Éloignées.
Le texte de 1738
(Ce texte est modifié à l'occasion de la
transformation de la Grande Loge de Londres en Grande Loge d'Angleterre).
Un maçon est
obligé par sa tenure d'obéir à la loi morale en tant que véritable noachite et
s'il comprend bien le métier, il ne sera jamais un athée stupide, ni un
libertin irréligieux, ni n'agira à l'encontre de sa conscience.
Dans les
temps anciens, les maçons chrétiens étaient tenus de se conformer aux coutumes
chrétiennes de chaque pays où ils voyageaient. Mais la maçonnerie existant dans
toutes les nations, même de religions diverses, ils sont maintenant tenus
d'adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord (laissant
à chaque frère ses propres opinions) c'est à dire être hommes de bien et
loyaux, hommes d'honneur et de probité, quels que soient les noms, religions ou
confession qui aident à les distinguer : car tous s'accordent sur les
trois articles de Noé assez pour préserver le ciment de la Loge. Ainsi la
maçonnerie est leur centre de l'union et l'heureux moyen de concilier des
personnes qui, autrement, n'auraient pu que rester perpétuellement étrangères.
Le texte de 1813
(A la fin de la très longue scission entre les
"Anciens" et les "Modernes", les deux courants se
réunifient en formant l'actuelle Grande Loge Unie d'Angleterre qui inclut le
texte suivant dans ses nouvelles constitutions :)
Concernant
Dieu et la religion : un maçon est obligé, de par sa tenure, d'obéir à la
loi morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un athée stupide ni
un libertin irréligieux. De tous les hommes, il doit le mieux comprendre que
Dieu voit autrement que l'homme car l'homme voit l'apparence extérieure alors
que Dieu voit le cœur. Un maçon est par conséquent particulièrement astreint à
ne jamais agir à l'encontre des commandements de sa conscience. Quelle que soit
la religion de l'homme ou sa manière d'adorer, il n'est pas exclu de l'Ordre,
pourvu qu'il croie au glorieux Architecte du ciel et de la terre et qu'il
pratique les devoirs sacrés de la morale. Les maçons s'unissent aux hommes
vertueux de toutes les croyances dans le lien solide et agréable de l'amour
fraternel, on leur apprend à voir les erreurs de l'humanité avec compassion et
à s'efforcer, par la pureté de leur propre conduite, de démontrer la haute
supériorité de la foi particulière qu'ils professent...
Du 6 au 22 septembre 1875, un Convent International
réunit à Lausanne 11 des 22 Suprêmes Conseils de l'époque. Parmi le travail
effectué, eut lieu l'adoption à l'unanimité du manifeste, qui est souvent cité
dans les discussions sur le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) et qui, 120
ans après, conserve beaucoup de son actualité.
Il faut
toutefois se garder de lui donner une portée exagérée : S'il constitue un
point de repère important dans l'histoire du REAA (Rite Écossais Ancien et
Accepté), il est, en particulier sur
la question du Grand Architecte, le fruit d'un compromis qui ne dura guère.
Pour aller
plus loin, on pourra consulter utilement :
Paul Naudon,
Histoire, rituels et tuileur des Hauts Grades Maçonniques, Dervy,
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