Aréopage
Tribunal de la Grèce antique, qui se réunissait à Athènes sur une colline située à l'ouest de l'Acropole. Le tribunal se composait d'un conseil de la noblesse réuni en plein air ; l'accusateur et l'accusé se tenaient debout sur des estrades taillées à même le roc.
L'Aréopage pouvait appeler à la barre n'importe quel membre du gouvernement et, vu que ses décisions étaient sans appel, on estime que son pouvoir indirect sur l'État était considérable. Sous le législateur athénien Dracon (v. 650 av. J.-C.-v. 621 av. J.-C.), l'Aréopage se prononçait sur les affaires de meurtre. Un autre législateur athénien, Solon, mit en place une constitution au VIe siècle av. J.-C. qui conférait au tribunal le pouvoir de poursuivre tant les officiels que les simples citoyens pour immoralité et faits contraires au bien-être de la communauté. Sous Solon, toutefois, l'Aréopage ne fut plus autorisé à prendre part directement à l'administration et la législation de la cité. Malgré cette perte d'autorité, le tribunal resta le corps législatif le plus écouté à Athènes et conserva son prestige même après la conquête de la ville par les Romains au IIe siècle av. J.-C.
Dans la mythologie grecque, l'Aréopage acquitta Oreste, accusé du meurtre de sa mère Clytemnestre. Athéna, déesse de la sagesse, était supposée avoir présidé ce tribunal. L'Aréopage est également important dans l'histoire du christianisme, car c'est à cet endroit que saint Paul prêcha son sermon aux Athéniens (voir Actes, XVII, 19 sv.).
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