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Adventistes Encarta (voir Universalis)
adeptes de mouvements apparentés, dont la doctrine prédit le très proche retour du Christ. C'est sans doute le prédicateur baptiste américain William Miller (1782-1849) qui énonça le plus clairement les fondements de ce mouvement et qui lui donna son orientation spéculative. C'est lui qui, avec ses fidèles — les millérites —, annonça que le Christ reviendrait entre le 21 mars 1843 et le 21 mars 1844. L'échec de sa prédiction fut appelé «la première déception» et de nombreuses personnes quittèrent le mouvement à ce moment-là. Il prédit ensuite que la venue du Christ aurait lieu le 22 octobre 1844. Nombre d'adventistes se défirent alors de leurs biens mais le mouvement fut partout tourné en dérision lorsque le fameux jour arriva et que rien ne se produisit. Cette fois encore beaucoup de fidèles perdirent la foi. Ceux qui restèrent se séparèrent alors en quatre groupes distincts.
Les adventistes du septième jour
Il s'agit de la formation de loin la plus importante en nombre puisqu'en 1990 elle regroupait quelque 2 millions de membres à travers le monde. Fondée entre 1844 et 1855 par trois Américains millérites, Joseph et James Bates et Ellen White, elle ne fut organisée de façon formelle qu'à partir de 1863. Les adventistes du septième jour attendent le très proche retour du Christ en personne, mais à une date indéterminée, et définissent le samedi comme le jour consacré au Seigneur (sabbat). Ces deux points sont des aspects essentiels de leur doctrine. Leur seule et unique autorité religieuse est la Bible dont les passages prophétiques sont sujets à une interprétation chiffrée. Ils affirment que le salut s'obtient par la grâce seule, ils administrent le baptême par immersion et pratiquent le lavement des pieds en commémoration de la Sainte-Cène.
Considérant le corps comme le temple de l'Esprit Saint, la santé est pour les adventistes une préoccupation importante. Ils ne mangent pas de viande, ne fument pas, rejettent tous les excitants; par ailleurs, ils gèrent plus de trois cent soixante hôpitaux et cliniques dans le monde. Le mouvement organise également des programmes éducatifs et philanthropiques et participe aux œuvres missionnaires, grâce aux dons qu'il reçoit. Les offrandes volontaires sont laissées à l'appréciation de chacun ou représentent une contribution correspondant à un dixième du revenu. Le mouvement a des représentants dans le monde entier, publie ses écrits en cent quatre-vingt-dix-sept langues et dialectes et administre l'un des plus grands systèmes d'écoles du monde protestant.
Autres Églises adventistes
L'Église chrétienne adventiste (Advent Christian Church) qui s'appela d'abord Association chrétienne adventiste (Advent Christian Association), et Conférence chrétienne adventiste (Advent Christian Conference), fut fondée en 1860 à Salem, dans le Massachusetts. Elle prêche une doctrine «d'immortalité conditionnelle», selon laquelle tout défunt reste dans un état inconscient jusqu'à ce que la Résurrection advienne lors du retour du Christ, après le millenium, et observe le sacrement du baptême par immersion ainsi que le rituel du lavement des pieds. Elle contribue aux œuvres missionnaires au Mexique, en Malaisie, au Japon, en Inde et aux Philippines. L'Église chrétienne adventiste est organisée en groupes régionaux et centraux (le groupe central s'appelle la Conférence générale chrétienne adventiste et se trouve en Amérique), mais chaque groupe jouit d'une grande autonomie. En 1964, elle fut rejointe par l'Union de la vie et de l'avènement (the Life and Advent Union), qui avait été fondée en 1848. Selon des estimations récentes elle compterait de nos jours près de 30 000 fidèles aux États-Unis et au Canada.
L'Église de Dieu (religion d'Abraham) est constituée de plusieurs petits groupes unis dans une foi similaire. Certains datent de 1800; quelques-uns se regroupèrent en 1888 sous le nom d'Église de Dieu en Jésus-Christ, mais une unité réelle ne fut atteinte qu'en 1921, sous le nom d'Église du Dieu d'Abraham. Les fidèles interprètent littéralement les références bibliques ayant trait au royaume de Dieu. Ils croient ainsi en un principe fondamental : le retour du Christ surviendra avant le millenium, comme cela est prédit dans l'Apocalypse (XX, 1-6). Ils affirment que les morts ne sont qu'endormis et qu'au retour du Christ les justes seront ressuscités. Afin d'être admis dans cette Église, il faut en accepter les doctrines, se repentir et se purifier grâce au baptême par immersion. Les Églises locales sont autonomes et, selon des statistiques récentes, elles compteraient quelque 9 500 membres. Des missionnaires sont envoyés en Inde, au Mexique et aux Philippines.
ADVENTISME Universalis
Le terme «adventisme» vient du latin adventus , venue. Il désigne une doctrine centrée sur l’attente du retour du Christ à la fin des temps. En lui-même, le vocable adventisme pourrait s’appliquer à tous les mouvements du genre eschatologique de l’histoire du christianisme. En ce sens, il existe un adventisme pré-adventiste ou des traits adventistes dans de nombreux mouvements chrétiens. Sans doute même, toutes les formes du christianisme ont connu ou connaissent sporadiquement des poussées d’adventisme.
Genèse de l’adventisme
Historiquement, on désigne sous le nom d’adventisme un mouvement et un ensemble précis de groupes chrétiens du type secte. L’un et l’autre appartiennent originellement à une vague de spéculation apocalyptique plus vaste qui caractérise d’une certaine façon la fin du XVIIe, le XVIIIe et le XIXe siècle.
Le mouvement adventiste américain, le plus connu, prit corps autour de William Miller (1782-1849), fermier autodidacte, grand lecteur de la Bible, et membre d’une Église baptiste. Se livrant à une interprétation chiffrée de Daniel (VIII, 14) et de l’Apocalypse (XIV, 9-12), en particulier, il arriva à la conclusion que le Christ reviendrait sur terre, pour un règne millénaire avec ses élus, aux alentours de 1843. La date de cette «parousie» devait se situer, selon lui, entre le 21 mars 1843 et le 21 mars 1844. Lorsque cette dernière échéance fut passée, les amis de Miller qui restaient fidèles à son message crurent trouver dans une erreur de calcul la cause de son échec. Ils fixèrent le retour du Christ pour le 22 octobre 1844. Cette seconde prédiction ne rencontra pas plus de succès que les deux premières. Les disciples de Miller (entre cinquante et cent mille) se scindèrent alors en deux groupes: les uns retournant à leurs Églises d’origine, les autres prenant une nouvelle dénomination, l’American Millenial Association, dont les membres reçurent, plus tard, le nom d’Evangelical Adventists. Leurs croyances et leur organisation étaient à peu près celles des baptistes. Ils y ajoutaient quelques points ou quelques accents particuliers, concernant l’eschatologie. Mais la date du retour du Christ, censée prochaine au sens littéral du terme, n’était plus précisée. L’état d’effervescence qui régnait parmi les «millérites» produisit vite plusieurs schismes. Le plus important, parce que le plus connu et le plus dynamique, fut celui des adventistes du septième jour .
L’adventisme du septième jour
À l’origine de cette différenciation nous trouvons un petit groupe de quatre personnes dans lequel une femme joue un rôle particulier; il s’agit de Ellen Gould Harmon (plus tard Mrs. White par son mariage; 1827-1915). Visionnaire, elle affirmait avoir reçu directement du ciel l’explication juste des prophéties bibliques et un certain nombre d’autres indications relatives à l’organisation, à la vie et à la pratique de l’Église des derniers temps. Les adventistes du septième jour tiennent ses écrits pour le commentaire autorisé de la Bible, et l’adhésion à leur groupement est subordonnée à la reconnaissance de la présence en Mrs. White de l’«esprit de prophétie»; ce concept, dont la portée reste indécise, leur vient d’un piétisme influencé par les prophètes cévenols. Il est censé être lié à la proximité de la parousie et à la conservation de l’Église fidèle dans les derniers temps. D’un point de vue sociologique, il tend à procurer un caractère d’immédiateté incontestable à l’interprétation de l’Écriture elle-même, à une époque où la Bible et ses interprétations traditionnelles ont à faire face aux attaques de la critique philosophique et historique.
Le message de Mrs. White – et des adventistes du septième jour – tient en deux volets: réforme dogmatique et réforme sanitaire. En gros, leurs croyances sont celles des baptistes conservateurs (baptême des seuls adultes sur profession de foi après une expérience de conversion, croyance en la Trinité, en la naissance virginale du Christ, en la chute, en la Rédemption, etc.). Leurs particularités tiennent dans les caractéristiques suivantes: observation du repos le samedi au lieu du dimanche; adhésion au principe de la dîme en plus des offrandes pour les missions, etc. (en moyenne ils donnent de 10 à 15 p. 100 de leurs revenus par an); les morts attendent la résurrection dans un état d’inconscience; à la résurrection finale, les bons recevront l’immortalité et vivront sur la terre dans des conditions paradisiaques, tandis que les mauvais seront détruits; cela se produira après la venue du Christ et le millenium, période pendant laquelle les élus seront au Ciel avec le Christ. La réforme sanitaire concerne l’hygiène du chrétien. Les adventistes s’abstiennent de viande, d’alcool, de tabac, etc., et préconisent une vie «naturelle». Ils accordent beaucoup d’importance à la création d’hôpitaux et de maisons de retraite où leurs principes hygiéniques sont appliqués.
De façon générale, les adventistes se distinguent par la rationalisation de leur genre de vie, tant religieuse que profane. Le Manuel d’Église prévoit toutes les activités des groupes locaux et offre des prescriptions pour les célébrations, le prosélytisme ou l’aération des appartements. L’accent est mis à la fois sur la culture des vertus du groupe et sur le recrutement des nouveaux membres. En 1981, on comptait plus de trois millions et demi d’adventistes dans le monde (dont un peu plus de 70 p. 100 en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud) et leur nombre atteignait 6,4 millions à la fin de 1988; en France, où l’Église adventiste s’est fait connaître par son «plan de cinq jours» de la ligue Vie et Santé, visant à déshabituer les fumeurs du tabac, il existait 7 500 adventistes en 1981 et 11 000 en 1989; ce nombre s’élevait à 45 000 si on inclut les D.O.M.-T.O.M.
Signification sociologique
On s’est interrogé sur la signification sociologique du mouvement adventiste. De façon générale, les chercheurs y voient une réponse à une crise économique caractéristique des années 1840-1850 aux États-Unis. Cette explication, pour n’être pas nécessairement inexacte, paraît sommaire. Elle ne tient pas compte des aspects européens de l’adventisme dans un sens plus large, lequel est lié à l’ébranlement révolutionnaire et aux conséquences économiques et autres de l’épisode napoléonien. D’ailleurs, l’adventisme a des racines plus lointaines, dans le piétisme wurtembergeois et dans le prophétisme cévenol. C’est l’ensemble des mouvements du même genre qu’il faut étudier pour en dégager des significations à la fois plus globales et plus différenciées.
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