Cyrille de Jérusalem, saint (v. 315-386) Encarta (voir Universalis)
Père et docteur de l'Église, né à Jérusalem. Élu évêque de sa ville natale en 351, il entra en conflit avec Acace, l'évêque arien de Césarée, contre lequel il dut défendre son autorité et ses positions doctrinales. Acace convoqua un concile à Césarée en 359 et accusa Cyrille d'avoir vendu des biens de l'Église pour secourir les pauvres de Jérusalem. L'assemblée des évêques destitua Cyrille. Celui-ci, ne reconnaissant pas la compétence de ce concile, fit appel à un synode plus large, qui se tint en Séleucie et qui réintégra Cyrille dans ses fonctions. L'année suivante, à l'instigation d'Acace, Cyrille fut de nouveau déposé par un concile réuni à Jérusalem. Rappelé à la tête de son évêché à la mort de l'empereur romain Constance II, il connut de nouvelles difficultés plusieurs années après la disparition d'Acace et fut alors banni par l'empereur d'Orient Valens, en 367. Il se réinstalla dans la ville à la mort de ce dernier, en 378.
L'œuvre laissée par Cyrille, qui marqua l'histoire de la théologie et des rites, comprend vingt-trois traités, dont dix-huit s'adressent aux catéchumènes et cinq aux nouveaux baptisés. Les premiers sont essentiellement des textes doctrinaux dans lesquels est présenté le credo de l'Église d'une façon beaucoup plus complète et systématique que dans les écrits d'autres Pères de l'Église. Les seconds portent sur les rites et fournissent toutes les explications nécessaires sur le baptême, l'eucharistie et les autres sacrements. La fête de saint Cyrille est le 18 mars.
CYRILLE DE JÉRUSALEM (315 env.-env. 387) Universalis
Évêque de Jérusalem de 348 ou 350 à sa mort. Consacré par l’évêque homéen Acace de Césarée, Cyrille se rapproche rapidement du courant homéousien, ce qui lui vaut les attaques de ses anciens amis. Déposé par Acace en 357, réhabilité au concile de Séleucie (359), exilé de nouveau lors du concile de Constantinople de 360, il rentre à Jérusalem sous Julien (362) pour perdre encore une fois son siège sous Valens (367) et le retrouver définitivement en 379. En 381, au concile de Constantinople, il est finalement reconnu évêque légitime de Jérusalem.
Cyrille est connu principalement par ses vingt-quatre Catéchèses baptismales (procatéchèse et dix-huit homélies) et mystagogiques (cinq homélies), qu’il prononça, alors qu’il était encore prêtre ou au début de son épiscopat, dans l’église du Saint-Sépulcre en présence des candidats au baptême. L’attribution à Cyrille des Catéchèses mystagogiques, qui étaient destinées aux nouveaux baptisés durant la semaine pascale, est toutefois contestée: elles sont peut-être de son successeur, Jean de Jérusalem. Cet ensemble offre un très grand intérêt pour l’histoire de la liturgie et en particulier pour la connaissance des cérémonies du baptême au milieu du IVe siècle. Ces catéchèses permettent également de reconstituer le Credo de Jérusalem pour cette époque. En théologie, Cyrille n’emploie pas le terme homoousios, qui a pour lui une saveur sabellianiste, mais il tient à la parfaite divinité du Verbe, à son égalité totale avec le Père et soutient que le Fils est semblable au Père en tout.
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