Excommunication

Exclusion d'un membre d'une Église. L'excommunication est la sanction la plus grave.

À l'époque du Christ, l'excommunication était déjà une peine reconnue par les Juifs. La Mishnah, l'ensemble des lois écrites juives, distingue deux degrés d'excommunication; la plus modérée (niddui) entraînait l'exclusion de la communauté pendant sept à trente jours, avec l'exécution d'une pénitence et le port du deuil. Vingt-quatre péchés pouvaient être à l'origine de cette peine. La plus lourde (cherem) était plus formelle et impliquait un rituel de malédictions solennelles d'une durée illimitée dans le temps.

Une puissance d'excommunication similaire fut reconnue dès le début de l'Église chrétienne. Deux degrés d'excommunication, l'excommunication mineure et l'excommunication majeure, furent définis dès le début de l'histoire de l'Église. L'excommunication mineure entraînait la privation du droit de recevoir les sacrements et de bénéficier de tous les privilèges de l'Église. L'excommunication majeure était prononcée contre les pécheurs récidivistes, les apostats, les hérétiques et les relapses!; l'anathème en était la forme la plus grave. La prononciation de cette sentence devait se faire en observant certaines règles très strictes. L'absolution était moins facile. La durée de l'excommunication était décidée par l'évêque. En Afrique et en Espagne, l'absolution d'individus déméritants (comme ceux qui s'étaient éloignés de leur foi chrétienne en sacrifiant aux idoles aux époques de persécutions) était généralement interdite, sauf au moment de leur mort.

Aux premiers temps de l'Église, aucune incapacité civile n'était liée à l'excommunication mais, à mesure que les gouvernements devinrent chrétiens, l'excommunication majeure entraînait la perte des droits politiques et la mise à l'écart des fonctions publiques. Les capitulaires, ou ordonnances, décrétés au VIIIe siècle par Pépin le Bref, roi des Francs, exigeaient que l'excommunication majeure soit suivie du bannissement. D'autres lois nationales élargirent encore l'étendue de la censure ecclésiastique. L'excommunication prononcée contre les dirigeants les privait de leur droit de gouverner et dispensait leurs sujets de l'allégeance qu'ils leur devaient!; l'Église acquit ainsi une puissance temporelle importante.

Les chefs de la Réforme revendiquèrent également le pouvoir d'excommunier. Martin Luther insista sur le droit inhérent des ministres de l'Église à excommunier. Le réformateur français Jean Calvin soutint que l'excommunication est l'essence réelle du ministère. Les privations civiques suivaient l'excommunication dans les communautés pénétrées par la Réforme, mais cette pratique cessa finalement d'être la règle. Néanmoins, en Angleterre et jusqu'en 1813, les excommuniés n'avaient pas le droit de remplir des offices légaux auprès des tribunaux, allant de l'interdiction d'être membre d'un jury à celle de comparaître en qualité de témoin dans toute procédure légale ou d'être avoué dans tout tribunal du royaume. Toutes ces interdictions furent supprimées par statut, et les excommuniés exemptés de toute punition, à l'exception d'un emprisonnement n'excédant pas six mois, que le tribunal aura prononcé. (En fait, il ne l'a jamais été.)

Dans l'Église catholique, le pouvoir d'excommunier est accordé aux prélats dont la juridiction ordinaire ou déléguée s'étend sur le for externe (le tribunal traitant des affaires liées à la vie sociale de l'Église). Les prêtres paroissiaux, dont la juridiction ne s'étend que sur le for interne (ce qui concerne la conscience), ne peuvent pas excommunier. Ce pouvoir ne peut jamais être délégué à un laïc. L'excommunication peut également être prononcée, sans que la sentence soit formelle, par violation d'une loi assujettie à la pénitence d'«!excommunication ipso facto!». L'absolution de l'excommunié est, dans certains cas, donnée par l'évêque. Dans les cas d'excommunication les plus graves, elle est donnée par le pape.

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