Halloween Fais-moi peur !


Manifestement, nous aimons les fêtes et les occasions de nous amuser.

Depuis quelques années, en écho à ce qui se passe aux USA, l'introduction d'une nouvelle occasion de délires massifs est effective, prenant de plus en plus d'ampleur et devenant une révolution quasi culturelle, mais surtout commerciale : Halloween. Cette fête d'un goût douteux, est désormais encouragée par presque toutes les sociétés.

La légende
Retracer l'historique de cette fête druidique d'outre- manche et montrer l'aspect païen de cette fête de la peur et de l'horreur n'est pas inutile.

Le Seigneur de la mort, Samain, avait sa fête le 1° novembre et les druides pensaient que, pour participer à cette fête, les morts revenaient dès la veille sur terre. Pour ne pas les décevoir, on préparait des offrandes à leur intention et on allumait des feux pour les tenir tout de même à distance. Cette croyance celte a pris racine en Irlande et lorsque poussé par une famine terrible, des milliers d'Irlandais sont partis chercher fortune en Amérique, ils ont emporté avec eux certaines de leur coûtumes dont la fête des morts avec Samain. Dans ce contexte, il faut ajouter l'intervention d'un personnage vedette, Jack O'Lantern. Ce brave homme, au moment de sa mort et selon la légende, aurait été refusé au Paradis. Le diable lui aurait aussi fermé la porte de l'Enfer, tout en lui donnant, pour le consoler, une petite flamme tirée des fournaises ardentes dont il est le gardien. Dès lors, Jack erre, cherchant son chemin. Pour éclairer celui-ci, il aurait creusé un navet pour y placer sa flamme et en faire une espèce de lanterne. D'où le nom de Jack O'Lantern et la citrouille creusée d'aujourd'hui. Il faut enfin ajouter que le nouvel an des devins et sorcières n'est pas au 31 décembre mais au 31 octobre de chaque année.

Confusion
C'est l'église catholique d'Angleterre des premiers temps qui, comme en d'autres lieux et à d'autres occasions, a cherché à gommer les fêtes païennes en les christianisant, au moins un peu.

C'est ainsi que le calendrier chrétien a introduit la Toussaint, la fête All Hallow's Eve (littéralement "la veille de tous les saints"), en lieu et place de celle de Samain et des défunts. Mais la tradition païenne n'a pas été ôtée définitivement des esprits et c'est pourquoi la confusion demeure toujours entre la fête de la Toussaint et celle des morts. L'aspect moderne et américain de la fête de Halloween date de moins d'un siècle et la peur, comme la menace d'une malédiction s'il n'y a pas d'offrande, s'inscrit de mieux en mieux dans nos sociétés où l'on n'en est plus à un anachronisme près. Les enfants sont encouragés à se déguiser en monstres effrayants, en sorcières, en fantômes, avant d'aller de porte en porte réclamer des menus cadeaux. Les donateurs, en échange de friandises, ont l'assurance d'être laissés tranquilles par les garnements qui les visitent. Mais ce ne sont plus seulement les enfants qui se déguisent, les adultes sont trop heureux d'entrer dans la danse macabre ; les défilés de mode honorant l'horreur sont de plus en plus courus, jouant de morbide autant que l'hémoglobine. Immense exutoire où la débauche est totale. Ce n'est qu'un jeu, un divertissement, une occasion de s'éclater et de contrarier les peurs de toute sorte, dira-t-on ! Rien de très méchant donc. Mais alors il faut oublier le sens premier et rigoureusement païen, voire occulte de cette fête, et le racket sophistiqué qu'il engendre.