Noël
Bédier
Théologien français (Picardie, ? —
Mont-Saint-Michel, 1537).
Après
avoir succédé en 1504 à Jean Standonck, dont
il avait été l'élève, comme principal du collège de Montaigu, à Paris — Calvin était alors pensionnaire de ce
collège — Béda
obtint son doctorat en 1508 et, porté à la tête de la faculté de
théologie, commença à s'opposer avec fanatisme aux doctrines de rénovation de
l'Église, jugeant que l'Écriture ne pouvait être interprétée que par les érudits.
Le prestige qu'il retira de sa réfutation du Traité des Trois Maries,
de Lefèvre d'Étaples lui valut de devenir le syndic de la Sorbonne
en 1520. De ce poste, il poursuivit avec une âpreté implacable tous ceux
qui, de près ou de loin, lui semblaient appartenir au courant réformateur :
c'est ainsi qu'au terme d'une lutte de plusieurs années, il finit par faire
envoyer au bûcher Louis de Berquin.
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Cette obstination à poursuivre de ses foudres toute pensée réformatrice, lui
valut d'être lui même plusieurs fois inquiété : ce fut le cas, lorsque
François Ier, de retour de captivité après Pavie, fit mettre un frein
aux poursuites qu'il avait engagées contre le cénacle de Meaux; de même, en
mai 1533, après qu'il se fut attaqué à Girard Roussel et fait interdire le Miroir
de l'âme pécheresse, de Marguerite de Navarre, ses excès lui valurent
d'être condamné à un bannissement à vingt lieues de Paris; en outre, la
Sorbonne fut obligée de revenir sur sa décision et d'autoriser l'ouvrage de
Marguerite de Navarre. Aussitôt, les théologiens parisiens menèrent une ac tive
campagne d'affichage de «placards» pour protester contre l'exil de leur
syndic. Béda était d'ailleurs de retour à Paris dès
le mois de décembre de cette même année, le discours de Nicolas Cop (1er novembre)
ayant entre-temps décidé le roi à plus de rigueur contre les «mal sentants de la foi». Enfin, une nouvelle fois poursuivi
pour lèse-majesté après sa participation à un libelle contre le roi (1534), Béda finit par être relégué au Mont-Saint-Michel, où il
mourut.
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