Polycarpe, saint (IIe siècle)

Prélat chrétien, père apostolique et évêque de Smyrne (Izmir, Turquie) pendant la première moitié du IIe siècle. Il reçut la visite d'Ignace d'Antioche, peu de temps avant son martyre (peut-être en 116), qui lui remit une épître. Vers la fin de sa vie, il représenta les Églises d'Asie Mineure au cours de réunions, à Rome, avec le pape Anicet (155-166) ; un des sujets de discussion était la date de Pâques. Polycarpe fut martyrisé à Smyrne à l'âge de quatre-vingt-six ans. Selon le théologien et martyr chrétien Irénée, qui fut un de ses élèves, Polycarpe parla avec l'apôtre Jean l'Évangéliste, dont il fut probablement un disciple, ce qui lui valut, ainsi que son don de prêcheur et son caractère dévoué, une grande autorité dans les Églises d'Orient. Sa fête est le 26 janvier.

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POLYCARPE DE SMYRNE 69 – env. 155

Polycarpe semble né de parents chrétiens. Il connaît le martyre en février 155 ou 156. Selon Irénée (CE. 3, 3, 4 ; et encore, Lettre à Florinus citée par Eusèbe en HE. 5, 20, 4-6 et Lettre au Pape Victor en HE. 5, 24, 16), il aurait été le disciple de Jean et d’autres témoins de Jésus. Il est établi évêque de Smyrne où il est présent lors du passage d’Ignace d’Antioche en 107. Fait remarquable, Polycarpe ignore les Ecritures (Lettres au Philippiens 12, 1). Il n’était donc pas juif. Irénée rapporte que Polycarpe est l’auteur de plusieurs lettres dont une seule nous est conservée : La Lettre aux Philippiens. Pour répondre à une demande des Philippiens, Polycarpe leur envoie les lettres d’Ignace d’Antioche et joint une exhortation. La Lettre a du être écrite peu de temps après le passage d’Ignace suivi de sa mort. Toutes les pensées et presque toutes les paroles de Polycarpe sont empruntées à d’autres auteurs qu’il s’est entièrement assimilé. On compte une quarantaine d’emprunts à Clément de Rome ; les citations de la Ière Epître de Pierre abondent ; les emprunts aux Epîtres de Paul sont nombreux (l’Epître aux Philippiens fournit à Polycarpe la plupart de ses références) ; l’Evangile de Jean est sollicité, avec sept citations. La Lettre est sans originalité et, quelle que soit sa puissance doctrinale, elle n’est pas due à la pensée personnelle de l’auteur.

Références : Polycarpe de Smyrne, lettre aux Philippiens, traduction et notes de P.-Th. Camelot in « Les Pères Apostoliques » (« Foi vivante », Ed. Cerf. Paris 1991).