Martin  Bucer (1491-1551),

Théologien œcuménique et réformateur alsacien, qui chercha à rétablir l'unité doctrinale entre les différentes branches de la Réforme.

De son vrai nom Kuhhorn, né à Schlettstadt (l'actuelle Sélestat, dans le Bas-Rhin), Bucer (ou Butzer), dominicain dès l'âge de quinze ans, se rallia à Luther, sous l'influence d'Érasme, et quitta l'ordre en 1521, puis épousa Elisabeth Silbereisen, une ancienne religieuse.

Bucer joua un rôle considérable dans l'application des principes religieux et politiques de la Réforme à Strasbourg. Dans le conflit qui opposa Martin Luther à Ulrich Zwingli au sujet de l'eucharistie, Bucer se fit le médiateur entre les partisans du premier dans le nord de l'Allemagne et les disciples du second au sud de l'Allemagne et en Suisse. Il noua le dialogue avec les anabaptistes radicaux dans un esprit d'ouverture et de respect mutuel. Il tenta même de rapprocher catholiques et protestants en proposant un compromis théologique à la diète de Ratisbonne (1541). Exilé de Strasbourg pour s'être opposé à l'Intérim d'Augsbourg (1548) imposé par Charles Quint, il se réfugia en Angleterre où il enseigna la théologie à l'université de Cambridge et contribua à la réforme de l'Église d'Angleterre avec Thomas Cranmer, alors archevêque de Canterbury. En Angleterre, où il mourut, le corps de Bucer fut exhumé et brûlé sur la place publique en 1557 pendant le règne de la catholique Marie Tudor, farouche adversaire de la Réforme.

Les théologiens œcuméniques redécouvrent aujourd'hui les écrits de Bucer dont le pragmatisme fut incompris à son époque. Tout en reconnaissant la nécessité de maintenir une discipline au sein de l'Église, il la souhaitait souple et miséricordieuse. Ainsi justifia-t-il le second mariage de Philippe le Magnanime. Bucer avait jugé cas par cas les litiges soulevés par certains mariages et divorces, ce qui lui valut d'être sévèrement critiqué par ses contemporains.