Docétisme     (voir Universalis)

Hérésie des premiers siècles du christianisme, affirmant que Jésus-Christ n'aurait eu que l'apparence d'un corps. La doctrine prit plusieurs formes : certains adeptes niaient la nature humaine du Christ, alors que d'autres admettaient son incarnation mais non ses souffrances, prétendant qu'il avait persuadé l'un de ses disciples — probablement Judas ou Simon — de prendre sa place sur la croix ; d'autres encore lui attribuent un corps céleste incapable de connaître les souffrances humaines.

Cette négation de la réalité humaine du Christ dérive des présupposés du dualisme, une doctrine philosophique qui envisage la matière comme un simple support, un substance intérieure à l'esprit. S'inspirant de cette doctrine, les docétistes affirmaient que Dieu ne pouvait être associé à la matière. Ils refusaient par là l'interprétation littérale de l'Évangile selon saint Jean (I, 14) où il est dit que «la Parole se fit chair».

Bien que le Nouveau Testament contienne des allusions au docétisme, celui-ci ne connut sa pleine expansion qu'aux IIe  et IIIe siècles, lorsqu'il trouva un allié dans le gnosticisme. Il rencontra une forte opposition chez les premiers écrivains chrétiens, à commencer par Ignace d'Antioche et Irénée, dès le début du IIe siècle. Le docétisme fut officiellement condamné lors du concile de Chalcédoine, en 451.

DOCÉTISME             Universalis

Les docètes (en grec dokêtai , du verbe dokein : «paraître») ont représenté une tendance hérétique dans le christianisme dès le Ier siècle : le Christ, au cours de sa vie terrestre, n’avait pas un corps réel mais seulement un corps apparent, comme celui d’un fantôme. Bien qu’on trouve dans le Nouveau Testament (dans la Ire Épître de Jean, IV, 2, par exemple) des allusions à ses premières manifestations, le docétisme reçut une élaboration plus ample au IIe siècle, du fait que les gnostiques, qui enseignaient que la matière est mauvaise, en firent un point important de leur doctrine. Il s’est en effet développé à partir de spéculations sur l’imperfection ou l’impureté fondamentale de la matière. Des docètes plus radicaux ont soutenu que le Christ était né sans aucune participation à la matière et que toutes les actions et les souffrances de sa vie, y compris la crucifixion, n’étaient que des apparences. Ils niaient donc la Résurrection et l’Ascension. D’autres, plus modérés, attribuaient au Christ un corps éthéré et céleste, mais manifestaient des opinions divergentes au moment d’établir dans quelle mesure ce corps participait aux actions et aux souffrances réelles du Christ. Le docétisme fut l’objet des attaques de tous les adversaires du gnosticisme, en particulier d’Ignace d’Antioche au IIe siècle.

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