Johann MAIER dit Johann ECK (1486-1543)
Théologien
catholique, l’un des principaux contradicteurs des réformateurs, parfois appelé
Mayr, ou Mai(e)r. Après des études de théologie et de droit à Heidelberg, à
Tübingen, à Cologne et à Fribourg-en-Brisgau, Johann Eck fut ordonné prêtre à
Strasbourg en 1508; reçu docteur en théologie, il alla enseigner à Ingolstadt
(1510).
D’abord connu pour un traité sur le droit à l’intérêt (1515), il intervint lors du conflit sur les indulgences en publiant ses Obelisci. Dès lors, partisan d’une réforme dans l’Église, mais discernant dans la prédication luthérienne les germes d’un bouleversement des fondements de la foi et de la théologie, il devint et demeura sa vie durant l’interlocuteur et le contradicteur des théologiens réformateurs. En 1519, à Leipzig, Eck s’opposa à Carlstadt et à Luther, à l’instruction du procès duquel il prit part. Il écrivit alors ses premiers traités de polémique (notamment le De primatu Petri, 1521) et de réflexion théologique (en particulier sur les thèmes de la justification et de la pénitence).
Après divers séjours à Rome, il fit paraître, en réponse aux Loci communes de Melanchthon, un Enchiridion locorum communium adversus ludderanos (1525). Devenu un manuel classique auquel on avait recours dans les disputes religieuses, ce livre (dont une édition critique est en préparation) devait connaître de multiples éditions, remaniements, traductions. En 1526, Eck prit part à la dispute de Baden contre les réformateurs suisses. En 1530, à Augsbourg, auteur de «404 articles contre les luthériens», il rédige, avec Cochlaeus et Fabri, une réfutation de la Confession d’Augsbourg. Lors des colloques interconfessionnels de Haguenau (1540), Worms et Ratisbonne (1542), il apparut comme un interlocuteur et un témoin d’abord réticent puis nettement hostile aux tentations d’une «voie moyenne». Bon connaisseur des livres bibliques et de la tradition patristique, il s’efforça sa vie durant de discerner l’enjeu théologique des mouvements de réforme. Par ailleurs, grand prédicateur, il trouva le temps de préparer, en s’appuyant sur les travaux d’Emser pour le Nouveau Testament, une traduction de la Bible en haut allemand.
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