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Église Épiscopale
Église chrétienne fondée à Philadelphie en 1789 par les anglicans des États-Unis. L'Église épiscopale a hérité des ordres, de la doctrine, de la liturgie et des traditions de l'Église d'Angleterre, avec laquelle elle est restée en communion. En 1992, elle comptait environ 2,5 millions de membres.
Doctrine et rites
Deux traditions, catholique et évangéliste, sont représentées au sein de l'Église épiscopale, qui a repris, à quelques détails près, celle de l'Église d'Angleterre. La Bible, lue et interprétée en tenant compte de l'exégèse biblique moderne, demeure l'unique critère de définition des dogmes. Le Symbole des apôtres et le Symbole de Nicée sont admis tous deux comme professions de foi ; en revanche, les Trente-Neuf Articles anglicans, d'un intérêt historique certain, ne sont pas inclus dans le corps de la doctrine ; enfin, contrairement à l'Église d'Angleterre, l'Église épiscopale n'a pas adopté le Symbole de saint Athanase
Comme l'Église d'Angleterre, les épiscopaux jugent que deux sacrements seulement, le baptême et l'eucharistie, ont été fixés par le Christ ; les cinq autres, bien qu'utilisés, ne sont pas reconnus comme des institutions divines issues du Nouveau Testament. L'Église dans son ensemble admet les rituels et le culte fixés par le Book of Common Prayer (« Livre des prières courantes »), mais laisse à chaque paroisse une grande liberté d'interprétation du cérémonial. L'Église contrôle plusieurs ordres religieux, masculins et féminins.
Organisation et activités
L'organisation de l'Église épiscopale est démocratique. Les paroisses se regroupent pour former un diocèse, qui peut porter le nom d'une ville, d'un État ou d'une région. L'autorité décisionnaire appartient à une assemblée générale triennale, composée de la chambre des évêques et de la chambre des délégués. Ces derniers peuvent comprendre des membres du clergé ou des laïcs. Les évêques, comme les délégués, sont élus par des assemblées diocésaines auxquelles chaque paroisse envoie des représentants laïcs et cléricaux.
Les ordres de l'Église épiscopale sont le diaconat, la prêtrise et l'épiscopat. Tout en reconnaissant l'origine apostolique de l'épiscopat, l'Église ne considère pas qu'il représente aujourd'hui la fonction décrite dans le Nouveau Testament.
Relevant de la communion anglicane, l'Église participe aux conférences de Lambeth, qui se tiennent tous les dix ans à Londres, où elle est représentée par ses évêques. Elle est membre du Conseil national des Églises du Christ aux États-Unis ainsi que du Conseil œcuménique des Églises.
L'Église a fondé des missions dans de nombreuses régions d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Elle a développé des activités sociales (orphelinats, foyers, hôpitaux, etc.). Elle a fondé plusieurs établissements d'enseignement, en particulier dans le secondaire
Histoire
L'anglicanisme arriva aux États-Unis en 1607, avec les colons de Jamestown (Virginie). Durant la période coloniale, cette Église d'Angleterre demeura implantée surtout à New York et en Pennsylvanie. Cependant, la plupart des signataires de la déclaration d'Indépendance en étaient membres. La majeure partie de son clergé se rangea du côté de la Grande-Bretagne durant la guerre d'Indépendance.
Après l'indépendance des États-Unis, les liens entre les anglicans américains et l'Église d'Angleterre furent rompus. L'Église des États-Unis avait besoin d'une organisation nationale et d'un épiscopat américain. La principale difficulté venait de ce que la loi britannique exigeait des évêques consacrés par un prélat de l'Église d'Angleterre un serment d'allégeance à la Couronne. En septembre 1785, une assemblée de délégués des paroisses anglicanes américaines, dont la plupart avait déjà adopté le nom de « protestants épiscopaux », demanda à l'archevêque de Canterbury d'obtenir du Parlement l'autorisation de consacrer les évêques américains. Cette permission fut finalement accordée et, le 4 février 1787, les évêques de l'Église d'Angleterre consacrèrent Provoost premier évêque épiscopal de New York, et William White premier évêque épiscopal de Pennsylvanie.
En 1789, toutes les paroisses envoyèrent des délégués à la première assemblée générale réunie à Philadelphie. À cette occasion, l'Église épiscopale fut formellement organisée en confession indépendante, mais elle ne souhaitait pas s'écarter de la doctrine, de la discipline et du culte de l'Église d'Angleterre. L'assemblée adopta aussi une constitution et reprit le Book of Common Prayer anglican. En 1801, l'Église approuva enfin une version des Trente-Neuf Articles pour se conformer aux exigences politiques de la nouvelle nation.
Le mouvement d'Oxford, parti de Grande-Bretagne en 1833, eut un impact considérable sur l'Église épiscopale au cours des années 1840. Comme dans l'Église d'Angleterre, il provoqua une dissension entre la « High Church » (haute Église), qui privilégiait les traditions et le cérémonial issu du catholicisme, et la « Low Church » (basse Église) sensible à la tradition évangéliste et à son cérémonial dépouillé. Dans les années 1870, le ritualisme, issu du mouvement d'Oxford, provoqua de graves dissensions au sein des paroisses épiscopales et aboutit en 1873 à la création d'une confession indépendante : l'Église épiscopale réformée. Par la suite, le mouvement moderniste s'imposa de plus en plus et s'opposa à l'interprétation littérale de la Bible des fondamentalistes.
En revanche, lors de la guerre de Sécession, l'Église épiscopale refusa de se prononcer sur la question de l'esclavage, par peur d'un schisme dans ses rangs.
L'Église et les problèmes actuels
L'Église épiscopale fut, depuis l'origine du mouvement, favorable au développement de l'œcuménisme. Elle a proposé que la réunion des Églises chrétiennes soit fondée sur les Saintes Écritures, les symboles des Apôtres et de Nicée, les sacrements du baptême et de l'eucharistie et l'épiscopat historique. Aussi se prononça-t-elle récemment pour le rapprochement avec des institutions non chrétiennes.
Deux sujets ont profondément divisé l'Église au cours des dernières années : l'admission des femmes dans les ordres au cours des années 1970 et l'adoption en 1979 d'une version révisée du Book of Common Prayer. Les problèmes sociaux, la nature du ministère et la place de la laïcité ont également suscité des divisions. La première femme évêque, Barbara C. Harris, a cependant été consacrée en 1989.
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"Épiscopale, Église", Encyclopédie® Microsoft® Encarta 98. © 1993-1997 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.