Fixisme
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Le fixisme est la théorie selon laquelle il n'y a ni transformation ni dérive des espèces. Chaque espèce serait apparue telle quelle au cours des temps géologiques. C'est donc une théorie qui renie la spéciation et qui s'oppose aux théories de l'évolution.
Elle est souvent confondue avec le créationnisme et pourtant, il est possible de revendiquer une position de créationniste et de fixiste en même temps ou encore de créationniste et d'évolutionniste.
De nos jours, aucun biologiste n'accepte plus cette théorie
Du fixisme à l’évolutionnisme (Universalis)
À l’époque de Linné, on admettait que tous les êtres vivants descendaient d’individus ou de couples « fondateurs » apparus lors de la création. L’espèce pouvait être conçue comme constituée de la totalité de la descendance d’un fondateur ou d’un couple de fondateurs. Puisque tous les membres d’une espèce étaient apparentés, ils devaient partager certains caractères hérités du couple fondateur, ceux par lesquels il se distinguait des fondateurs des autres espèces. Ces caractères transmis invariablement depuis la création constituaient l’essence de l’espèce.
Ce concept à la fois fixiste et essentialiste est souvent dénommé concept typologique, car l’essence de l’espèce doit pouvoir s’incarner dans un individu type. Néanmoins, un couple engendre des descendants qui n’en sont pas des copies strictement conformes, mais qui s’écartent plus ou moins du type, même s’ils conservent l’essence de l’espèce. Les variations observées à l’intérieur d’une espèce permettaient ainsi de reconnaître des classes de rang inférieur à l’espèce, les variétés, mais obligeaient le classificateur à discriminer les caractères propres à l’essence de l’espèce. De ce point de vue, la variabilité intraspécifique, bien que conceptuellement négligeable, était un élément perturbateur regrettable.
C’est dans ce cadre conceptuel que s’inscrit la définition donnée en 1812 par Cuvier : « L’espèce est une collection de tous les corps organisés nés les uns des autres ou de parents communs et de ceux qui leur ressemblent autant qu’ils se ressemblent entre eux ». Quelques années plus tôt Lamarck avait rejeté le « dogme » de la fixité de l’espèce, mais ses contemporains ne furent guère convaincus par ses arguments, et lui-même, bien qu’il admît l’existence d’un continuum entre toutes les formes vivantes, décrivit de nombreuses espèces de façon parfaitement traditionnelle ! La publication par Darwin, en 1859, de L’Origine des espèces eut un tout autre retentissement, ralliant nombre de biologistes à la notion de descendance avec modification. Malgré le titre de son ouvrage, Darwin n’a pas donné de définition précise, considérant « le terme d’espèce comme appliqué arbitrairement, par pure commodité, à un ensemble d’individus se ressemblant beaucoup entre eux ». Ce qui compte pour lui, ce n’est pas tant une définition de l’espèce que la constatation de l’omniprésence de la variabilité et le rôle de celle-ci comme offrant prise à la sélection naturelle. La variabilité intraspécifique n’est donc, dans ce cas, ni perturbatrice ni conceptuellement négligeable. Par ailleurs, Darwin souligne que la seule classification valable des êtres vivants est celle qui systématise les classes sur la base exclusive des liens de parenté, principe de la classification phylogénétique suivi par la plupart des biologistes actuels. Cette classification peut être présentée sous la forme d’un arbre, dont les rameaux ont certes une fonction classificatoire, mais aussi une signification évolutive. En d’autres termes, toute unité de classification est aussi une unité d’évolution. Le développement de ces idées a débouché, bien plus tard, sur le concept biologique de l’espèce
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