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Quelques édifices religieux de style gothique

Caen - l'abbaye aux hommes  -cliquez pour agrandir

Amiens

Anvers 

Beauvais

Burgos

Chartres

Cologne

Strasbourg

Paris, la Sainte Chapelle

Et aussi

Saint Denis

Notre Dame de Paris

Albi

Reims

Rouen

Laon

Leon (Espagne)

Orvieto (Ombrie - Italie)

Exeter  (Grande Bretagne)

Cambridge  (Grande Bretagne)

Winchester  (Grande Bretagne)

Canterbury  (Grande Bretagne)

Munster  (Allemagne)

San Juan  (Tolède - Espagne)

Padoue  (Italie)

Eglise gothique Do Carmo

AMIENS

         La construction

Même si l'art gothique, encore classique, y annonce les voies de l'art rayonnant, elle présente une grande unité. Construite à partir de 1220 par l'évêque Evrard de Fouilloy, elle remplace un édifice plus ancien. Le chantier de construction s'inscrit dans une période de prospérité économique pour Amiens. Ouvert en 1220, il est conduit par trois maîtres d’œuvre successifs. Il faut probablement attribuer le plan de l'édifice, à l'exception du chevet, à Robert de Luzarches. Il élève les collatéraux de la nef jusqu'aux voûtes ainsi que les porches de la façade occidentale. Thomas de Cormont poursuit l’œuvre par le déambulatoire et ses chapelles rayonnantes, puis les parties hautes de la nef qu'il voûte. Le style de son fils, Renaud, se révèle différent. Ce maître monte les superstructures du chœur et de l'abside et lance à 42 mètres les voûtes de la croisée et des parties orientales. En dépit d'un incendie survenu en 1258, la construction fut rapide. En 1269, lors de la pose du vitrail central du chœur, le gros œuvre de l'édifice est presque achevé. La pose de la pierre centrale du labyrinthe en 1288 marque l'achèvement des travaux. Par la suite, de 1290 à 1375, les murs latéraux des bas-côtés de la nef sont percés, entre les contreforts, de chapelles latérales. Quant aux deux tours de la façade occidentale, leur construction est assurée de 1365 à 1402. Détruite par la foudre en 1528, la flèche est renouvelée par celle que l'on admire toujours et qui culmine à 112,70 mètres.

Les principales restaurations

1810-1847 : Grandclas, H. Godde et A. Cheussey se succèdent sur le chantier. Les sculptures de la façade sont alors restaurées par Caudron et les frères Duthoit.
1849-1874 : E. Viollet-le-Duc dirige la première grande campagne de restauration.
1981 puis 1998 : l'UNESCO inscrit par deux fois la cathédrale sur la liste du patrimoine mondial.
1992-1999 : la façade occidentale est restaurée sous la direction de V. Brunelle ; le nettoyage au laser est expérimenté sur le Porche de la Mère-Dieu. Durant cette campagne, les trois portails ont révélé d'exceptionnels vestiges de polychromies.
2000-2014 : toutes les façades extérieures doivent être restaurées sous la direction d'E.Poncelet.

En savoir plus sur la cathédrale d'Amiens

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ANVERS

L’architecture gothique brabançonne

En s’inspirant largement de l’exemple des grandes cathédrales gothiques françaises, surtout celle d’Amiens, et sans doute aussi du dôme de Cologne, une variante spécifique du style gothique se développe sur le sol brabançon à partir du XIVe siècle. La conception de l’espace de ces grands monuments a été reprise, mais quelques éléments nouveaux lui donnent un caractère propre, comme l’emploi de piles cylindriques avec leurs chapiteaux à feuilles. Un des exemples les plus remarquables de ce style est la cathédrale d’Anvers, commencée en 1352. Les travaux ne s’achèvent qu’en 1535. Ses vastes dimensions et sa tour splendide, de 123 mètres de hauteur, en font un édifice hors pair, qui a influencé l’architecture religieuse dans d’autres villes des Pays-Bas. Le style gothique a survécu longtemps dans ces régions, et beaucoup de monuments construits au XVe et même au XVIe siècle en portent la marque.

Essor économique et développement artistiqueLa cathédrale d’Anvers

Dès la fin du XVe siècle, l’essor favorable de la vie économique entraîne une brusque progression de l’activité artistique. De grandes fortunes se constituent, et les bourgeois riches ainsi que ceux dont la fortune est plus modeste commandent des œuvres d’art pour orner leurs maisons et les édifices publics. Les corporations veulent des tableaux pour leurs autels. On construit de nouvelles églises et un nouvel hôtel de ville. La cité s’embellit de nombreuses maisons
patriciennes. Les arts industriels progressent rapidement. De plus, une large part des œuvres d’art créées à Anvers est destinée à l’exportation vers les pays scandinaves, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne. L’étendue de la production artistique en profite, ainsi que sa qualité et son originalité. L’attirance que la ville exerce sur les artistes étrangers en quête de débouchés explique que le nombre de ceux-ci augmente sensiblement à partir de la fin du XVe siècle. Les listes d’inscriptions de la corporation de saint Luc le prouvent. L’arrivée de plusieurs artistes de renom, venus d’autres centres, joue un rôle déterminant dans l’évolution artistique. L’originalité de l’art anversois du XVIe siècle réside dans la liaison qu’il effectue entre les données de la tradition gothique léguée par le XVe siècle et le nouvel apport de la Renaissance italienne.

Le rôle de la clientèle bourgeoise devient de plus en plus important. Les maisons des riches sont meublées somptueusement ; murs et cheminées sont ornés de tableaux peints à l’huile ou à la détrempe. Alors qu’au début du siècle ce ne sont que des images religieuses, des Madones, des Adoration des rois mages, etc., qui sont en vogue, le répertoire s’étend bientôt vers d’autres sujets, comme des scènes mythologiques. Il est de bon ton, chez les patriciens, de se faire peindre des portraits qui seront pieusement conservés par les descendants. Mais, dans les églises et les couvents aussi, le mécénat laïque fait don de plusieurs œuvres d’art, sous forme de monuments funéraires ornés de sculpture ou de peinture (cela explique l’existence, de nos jours, d’un nombre considérable de Jugement dernier de cette époque), de vitraux ou de retables, qui sont l’orgueil des corporations.

Le gothique tardif et la Renaissance

La peinture n’ayant pas eu de signification très personnelle avant l’arrivée de Quentin Metsys à Anvers, elle est plus ouverte aux nouveautés que la Renaissance lui propose. L’architecture et la sculpture sur bois, qui ont connu un certain développement dans la période précédente, restent naturellement plus traditionalistes. L’architecture religieuse n’a pas fourni de monuments de style Renaissance à Anvers. On se contente d’achever les églises gothiques commencées au XIVe ou au XVe siècle (Notre-Dame, Saint-Jacques, Saint-André, Saint-Paul). L’architecture civile montre le même visage. Les maisons et les halles, comme la Maison des bouchers (1500-1503), restent fidèles à la structure gothique. Même l’Hôtel de ville (1560-1565), considéré comme caractéristique de la Renaissance flamande, n’en possède que le décor ornemental. Le même conservatisme se manifeste dans les retables en bois sculpté. La fabrication tend à devenir industrielle, grâce à la collaboration de plusieurs spécialistes : le menuisier construit la caisse, le sculpteur de maçonnerie y apporte les ornements architecturaux, le tailleur d’images fait les figures des différentes scènes ; finalement, le peintre se charge de la polychromie du bois et, le cas échéant, peint les volets. Ces retables brabançons – dans d’autres villes du duché on en fabriquait aussi – sont exportés dans de nombreux pays. Le décor architectural ainsi que le style de la sculpture conservent longtemps les caractéristiques de l’art gothique. Aux environs de 1540, le décor reprend petit à petit des motifs de l’art de la Renaissance. De même, les peintres des volets de ces retables appartiennent au groupe des « maniéristes anversois », qui se cantonnent dans le même traditionalisme du gothique tardif.

CATHÉDRALE SAINT-PIERRE DE BEAUVAIS cathédrale saint Pierre de Beauvais  -  cliquez pour agrandir

L’édifice gothique actuel a remplacé, au XIIIe siècle, une construction de la fin du Xe et du début du XIe siècle, dont ne subsistent maintenant que la partie occidentale de la nef (la basse œuvre) et les fondations du transept et du chœur, découverts en 1971-1973 sous le dallage du transept gothique ; l’intérêt de ces constructions est considérable pour les origines de l’art roman. Le début des travaux de la cathédrale actuelle doit se placer vers 1225 comme l’affirme Branner, et non en 1247 comme on l’a quelquefois pensé. Le chœur a dû être achevé vers 1270 ; ses voûtes s’écroulèrent partiellement en 1284, ce qui obligea à modifier les supports intérieurs en doublant leur nombre. La reconstruction du chœur fut longue (jusque vers 1310) et absorba les ressources du chapitre. Les travaux ne furent repris, dans le transept, qu’en 1500 pour s’achever vers le milieu du siècle ; la nef n’a jamais été bâtie.

Beauvais, coupe transversale -  cliquez pour agrandir

Par sa hauteur sous voûtes (48,20 m), la cathédrale de Beauvais est une des constructions les plus audacieuses du Moyen Âge, une sorte de point d’apogée des spéculations constructives. On y a combiné le plan typique du début du XIIIe siècle, à transept flanqué de collatéraux, et une élévation à déambulatoire très élevé, directement éclairé (comme à Bourges). La très grande hauteur des voûtes a provoqué l’étirement des proportions intérieures et l’établissement, à l’extérieur, d’un système de butement très développé, dont l’effet est fantastique. Dans une certaine mesure, le parti de la cathédrale de Cologne, commencée en 1248, s’inspire de celui de Beauvais ; il faut pourtant reconnaître que, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, on ne s’attache plus à donner aux édifices des proportions aussi vastes.Saint Jean l’Évangéliste écrivant l’Apocalypse -  cliquez pour agrandir

Parmi les œuvres d’art les plus remarquables qu’elle abrite, on doit signaler les vitraux du XIIIe siècle (chapelle rayonnante centrale et fenêtres hautes du chevet), ceux du XIVe et du XVIe siècle (Déposition de Croix, par Enguerand Leprince, 1522, dans le transept), ainsi qu’une série de tapisseries, datées de 1460-1461, représentant la vie de saint Pierre.

Le programme de restauration est confronté au grave problème posé par la stabilité de l’édifice. Celle-ci, en effet, a été rendue précaire par la suppression, au cours des années 1960, des tirants métalliques qui renforçaient les arcs-boutants du chevet.

Quelques photos de Beauvais (cliquez pour agrandir) :

    BURGOS Cathédrale de Burgos - cliquez pour agrandir

À Burgos, on sent battre le cœur de la Vieille-Castille. N’est-ce pas ici qu’apparaît pour la première fois la claire conscience d’une politique commune à l’ensemble de la péninsule Ibérique ? La ville fut une des résidences de la cour de Castille lorsque celle-ci était encore nomade ; mais, dès la fin du Moyen Âge, le rôle économique l’emporte nettement sur la fonction politique.

Après avoir été une simple étape du camino francés (section espagnole de la route du pèlerinage à Compostelle), Burgos en arrive à dominer l’axe commercial Ségovie-Bilbao par Medina del Campo, c’est-à-dire la route d’exportation de la laine, principale ressource de la Castille. À la fin du XVe siècle, les marchands de Burgos, après avoir établi un monopole de fait sur le commerce de cette matière première, règnent sur la Vieille-Castille et entretiennent des agents dans les principales places commerciales de l’Europe occidentale : Nantes et Rouen, Anvers et Bruges. Ils s’installent à Séville pour profiter des relations nouées avec l’Amérique, et la quête de la fortune les conduit jusqu’aux Canaries, au Cap-Vert et en Guinée. Dès le XVIe siècle, cependant, la bourgeoisie de Burgos, jusque-là la plus prospère d’Espagne, connaît le déclin. Elle en porte en partie la responsabilité. Sensible aux agréments de la vie, cultivée et douée de sens artistique, elle se laisse séduire par le genre de vie seigneurial. Mais, elle est aussi victime de conditions nouvelles et particulièrement défavorables. La révolte des Pays-Bas et la guerre contre les Hollandais et les Anglais accumulent les ruines. Les progrès de la centralisation en Espagne s’effectuent au bénéfice de Séville et de Madrid. De grandes faillites se produisent en 1568. Après 1570, les principales familles de financiers se retirent définitivement des affaires.

Cloître du monastère de Las Huelgas, Burgos  -  cliquez pour agrandir

Ce bref résumé historique explique que Burgos soit avant tout une cité gothique. C’est la seule ville d’Espagne où l’on puisse suivre l’évolution de ce style architectural à travers toutes les étapes de son développement. Il apparaît, dès la première moitié du XIIIe siècle, dans le monastère des moniales cisterciennes de Las Huelgas , fondation du roi Alphonse VIII (1158-1214) effectuée à la demande de sa femme Éléonore d’Angleterre. Il s’agit d’une maison illustre, véritable modèle, ayant exercé son autorité sur toutes les autres fondations féminines de Cîteaux en Castille. Le gothique d’ascendance franco-bourguignonne de l’église dut s’accommoder du voisinage de constructions typiquement musulmanes. Le monastère royal fut en effet doté de bâtiments du plus pur style hispano-mauresque. La partie essentielle en est une salle carrée en brique, couverte d’une coupole à nervures entrelacées et parée d’éléments décoratifs relevant de l’art almohade contemporain. Néanmoins, le grand chantier gothique fut celui de la cathédrale . Le mérite en revient à l’évêque Maurice, qui avait vu des réalisations du nouveau grand art d’Occident. N’était-il pas allé chercher en Allemagne la princesse Béatrice de Souabe, promise à son souverain, le roi Ferdinand ? Au retour, il passa par Paris. Lorsqu’il bénit le mariage royal dans sa cathédrale romane, le 30 novembre 1219, il prit conscience de tout ce que celle-ci avait de démodé. Il lui substitua un pur produit d’importation, dont la première pierre fut posée le 22 juin 1221. Le plan du monument reproduit assez bien celui de la cathédrale de Coutances. Quant à son élévation, elle imite certaines particularités de celle de Bourges, sans en retenir la structure originale. Comme en France, l’architecture s’accompagne d’une sculpture abondante et de qualité. Sans risque d’erreur, on peut imaginer que le premier grand sculpteur venait d’Amiens. Très vite, cependant, l’atelier prit des racines locales. Il prospéra et dota Burgos d’une véritable école de sculpture gothique, la seule qu’ait possédée la Péninsule. La cathédrale de Burgos s’impose à tous les visiteurs de la ville moins par sa structure du XIIIe siècle que par des remaniements ultérieurs. Ceux-ci sont l’œuvre d’une famille d’architectes allemands, les Cologne, qui furent les maîtres de l’œuvre durant trois générations, de 1431 à 1543. Jean, Simon et François ont élevé les tours de la façade, conçu les plans de la tour- lanterne à la croisée du transept et ajouté une série de chapelles remarquables, comme celle du Connétable, au chevet. Avec eux s’implanta à Burgos le gothique tardif. Cette ultime tonalité du style triompha avec un sculpteur génial, lui aussi nordique, Gil de Siloé. Il est l’auteur du magnifique ensemble de sculptures de la chartreuse de Miraflores, exécuté, entre 1486 et 1499, à la demande d’Isabelle la Catholique. Ce décor comprend le tombeau en albâtre des parents de la reine, Jean II de Castille et Isabelle de Portugal, et celui de son frère Alonso, ainsi que le vaste retable en bois doré du maître-autel.

Burgos sut encore prendre dignement le tournant de la Renaissance, grâce au fils de Gil de Siloé, Diego, un des plus grands artistes d’Espagne. Il avait fait son apprentissage en Italie. On lui doit, dans la cathédrale, un majestueux escalier aux doubles volées symétriques, La Escalera dorada (1519-1523). Il travailla dans la chapelle du Connétable avec un autre étranger de talent, le Langrois Philippe Biguerny (ou Vigarny), qui entreprit également la décoration de la grande clôture du chœur.

Les problèmes de sauvegarde et de restauration de la cathédrale sont très préoccupants et un plan d’intervention d’urgence a été signé en 1994 : instabilité des deux flèches hautes de 25 mètres, nécessaire remise en état des bas-reliefs de l’abside, de la façade rongée par la maladie de la pierre, des vitraux datant du XVIe siècle, ainsi que du cloître. L’État et la région se sont entendus pour la restauration de l’édifice, que l’U.N.E.S.C.O. menace de retirer de la liste du Patrimoine culturel mondial.

CATHÉDRALE DE CHARTRES Chartres, les portails nord  -  cliquez pour agrandir

L’histoire de la cathédrale est complexe. Après un incendie qui survint vers 1020, l’évêque Fulbert décida de la reconstruire suivant des plans grandioses : de cet édifice roman subsiste encore la crypte. Un nouvel incendie, en 1134, ravagea la cathédrale. Les travaux reprirent alors. L’on construisit d’abord, au nord, un clocher isolé qui fut ensuite englobé dans le portail royal, élevé devant la façade de Fulbert (1145). En 1194, un nouvel incendie nécessita la reconstruction de toute la partie orientale de l’édifice. Vers 1210, le culte était célébré dans la nef et, en 1221, les chanoines pouvaient enfin s’installer dans le chœur. La rapidité de la construction s’explique par les énormes moyens financiers qu’avaient su réunir les chanoines. Les parties hautes du transept furent achevées vers 1230-1235 et, en 1260, la consécration eut lieu dans un édifice entièrement achevé. Deux architectes se sont partagé la tâche ; le premier, sans doute originaire du Soissonnais, décida du plan et mena l’œuvre jusque vers 1215. Lors du voûtement du chœur, un second architecte lui succéda.

Chartres  -  cliquez pour agrandir

Chartres inaugure une nouvelle phase de l’art gothique. L’architecte renonce en effet à la voûte sexpartite pour l’établir sur plan barlong, et par là même supprimer l’alternance des supports. De plus, il réduit l’élévation à trois niveaux, en abandonnant les tribunes. Les arcs-boutants rendaient en effet ces dernières inutiles. Enfin, la colonne cylindrique est remplacée par un support complexe dont le noyau central circulaire est entouré de quatre colonnes qui montent jusqu’au chapiteau. Le développement de l’architecture gothique au XIIIe siècle s’explique par ces innovations

vitrail scènes de la Passion - cliquez pour agrandir

La cathédrale de Chartres n’est pas moins importante pour ses sculptures. Le « portail royal » inaugure la formule des statues-colonnes qui va se répandre dans tout le nord de la France (1245). Les portails des bras du transept ne sont pas moins importants. On commença par le portail central du bras nord , vers 1200, et l’œuvre se termina, vers 1230 environ, par les statues dressées le long des piliers du porche sud. Des sculptures du porche nord à celles du porche sud, le style s’assouplit, les traits s’accusent et pour la première fois l’artiste a tenté d’établir un lien entre deux statues-colonnes. Enfin, avec ses 2 600 mètres carrés de vitraux, dont les plus anciens remontent aux années 1140 et les plus récents datent de 1230 environ, la cathédrale offre un programme iconographique unique au monde . Mais les vitraux étaient fortement corrodés sur la face externe, corrosion accélérée par les méfaits de la pollution ; une importante couche de salissure recouvrait la face interne. Une campagne de restauration a donc été entreprise en 1986, correspondant à des travaux longs et coûteux. En 1994, dix-sept des quatre-vingt-treize verrières de la cathédrale ont été restaurées.

En savoir plus sur la cathédrale de Chartres

CATHÉDRALE DE COLOGNE L’église Saint-Martin et la cathédrale de Cologne  -  cliquez pour agrandir

Dès le haut Moyen Âge, Cologne eut une cathédrale . Des fouilles ont révélé le dispositif occidental de la cathédrale carolingienne (810 env.-870), ou ottonienne (Xe s.), avec un transept et une abside contournée d’un atrium, comme à Saint-Gall. La cathédrale actuelle fut commencée en 1248 par Maître Gerhard. Le chevet était terminé et consacré en 1322. Les parties basses du transept et de la façade et les deux bas-côtés nord de la nef furent élevés aux XIVe et XVe siècles. Les travaux furent alors arrêtés et ne reprirent qu’en 1842 pour s’achever en 1880. Maître Gerhard, au XIIIe siècle, introduisit à Cologne le style gothique français. Le chevet à déambulatoire et sept chapelles rayonnantes ainsi que le transept à collatéraux rappellent la cathédrale d’Amiens en l’amplifiant. L’élévation est à trois étages, avec un triforium ajouré et des fenêtres composées. Les parties hautes, avec leurs gâbles, leurs pinacles, leurs arcs-boutants richement ornés, sont typiques de l’art rayonnant. Le projet de la façade (1350 env.) est sans doute dû à l’architecte Michael. Conservé, étudié par Boisserée au début du XIXe siècle, il fut scrupuleusement respecté par les architectes.

L’ensemble de l’église, d’une ampleur exceptionnelle, a été projeté pour glorifier les reliques des trois Rois mages, rapportées de Milan en 1164 par Frédéric Barberousse et conservées dans la châsse conçue vers 1200 par l’orfèvre Nicolas de Verdun. La cathédrale abrite d’autres trésors, comme le grand Christ en croix roman, les stalles, les vitraux et les statues du chœur du XIVe siècle, le triptyque de Stephan Lochner, les sculptures de la fin du Moyen Âge, la châsse d’Engelbert exécutée en 1633 par Conrad Duisbergh et le décor monumental du XIXe siècle, caractéristique du renouveau gothique.

CATHÉDRALE DE STRASBOURG

La cathédrale actuelle Notre-Dame de Strasbourg est un édifice complexe où se mêlent art roman et architecture gothique. La première pierre du monument roman fut posée en 1015 par l’évêque Wernher : il en subsiste encore les parties orientales de l’actuelle crypte, et il est possible que les dimensions de cet édifice aient égalé celles de l’édifice actuel. À la fin du XIe siècle ou au début du XIIe, l’édifice fut agrandi vers l’ouest ; la crypte porte témoignage de l’art roman de la Rhénanie. À la fin du XIIe siècle, une reconstruction intégrale de l’édifice fut entreprise. L’abside était terminée avant 1200, ensuite on édifia la croisée surmontée d’une tour octogonale sur trompes. Vers 1220-1225, un nouveau maître qui connaît les chantiers gothiques survient : il bouleverse le programme originel, voûte le bras sud du transept et fait supporter les ogives par l’extraordinaire Pilier des anges, édifie le double portail du bras sud. La nef fut commencée après 1240, suivant un schéma à double niveau qui appartient à l’Île-de-France. Les travaux étaient terminés en 1269. On posait enfin en 1277, la première pierre de la façade occidentale qui ne fut achevée qu’au milieu du XVe siècle. Ces disparités architecturales et la juxtaposition de ces différents styles ne nuisent en rien à la beauté de la cathédrale.

Le décor sculpté est également remarquable. Au transept (le Pilier des anges, la Mort de la Vierge) l’influence de Sens s’y fait jour, au jubé, aujourd’hui détruit (sculptures conservées au musée de l’Œuvre, Strasbourg), elle est relayée par celle de Paris ; la façade occidentale présente un ensemble sculpté de la plus grande originalité (trois tympans sculptés, les Vierges sages et les Vierges folles) dont le maniérisme accusé oblige à évoquer des sculpteurs venus d’Outre-Rhin. La cathédrale conserve enfin une remarquable collection de vitraux. Les vitraux romans sont des remplois de l’ancien édifice (crypte, transept et fenêtre orientale du bas-côté nord). Les vitraux de la nef permettent de suivre progressivement l’introduction du style rhénan.

SAINTE-CHAPELLE, Paris la Sainte Chapelle  -  cliquez pour agrandir

Construite sous le règne de Saint Louis, la Sainte-Chapelle de Paris est l’un des monuments qui manifeste le mieux, et dans tous ses aspects, l’évolution de l’art à cette époque. Élevée par le roi, à l’abri de l’enclos de son palais de la Cité, pour abriter les reliques de la Passion, elle était entièrement achevée en 1248 pour la consécration. On a cru pouvoir affirmer que les plans étaient dus à Pierre de Montreuil, l’architecte d’une partie de la nef de Saint-Denis et du bras sud du transept de Notre-Dame de Paris. Quel que soit l’auteur de la Sainte-Chapelle, on se doit d’admirer avec quelle perfection il a réalisé son œuvre. Se pliant à la nécessité de construire un édifice à deux étages puisqu’elle était aussi chapelle palatine, il dressa sur un soubassement solide et qui ne manque pas de rigueur (la chapelle basse) une châsse de verre d’une remarquable légèreté (la chapelle haute). De puissants contreforts qui montent du sol scandent régulièrement l’édifice extérieur et ont permis de supprimer entièrement les murs à l’étage pour établir les immenses parois de verre. L’intérieur offre cette même opposition : la chapelle basse est massive avec des voûtes surbaissées qui retombent sur des piliers intermédiaires raccordés aux murs par des arcs-boutants d’une étonnante légèreté. Grâce à ce subterfuge, l’architecte a pu établir solidement un soubassement qui devait supporter la partie haute et en alléger l’aspect en réduisant la largeur du vaisseau central. L’étage est au contraire d’une merveilleuse finesse, les vitraux multicolores tamisent une douce lumière. De splendides voûtes d’ogives retombent sur des piliers qui avancent de près d’un mètre sur le plan des fenêtres. Grâce à un jeu très subtil de colonnettes, on ne remarque pas l’importance de cette avancée. Ce procédé technique a permis à l’architecte d’ouvrir, au-dessus du soubassement plein, d’immenses surfaces pour y placer des vitraux. Sur chacun des douze piliers, est accrochée une statue d’apôtre : certaines sont anciennes, d’autres sont des copies du XIXe siècle d’après des originaux conservés au musée de Cluny. Ces statues magnifiques furent sculptées au milieu du XIIIe siècle : certaines d’entre elles manifestent déjà des tendances maniéristes que l’on verra s’épanouir à Reims quelques années plus tard. Les vitraux ne sont pas moins beaux, même si certains d’entre eux ont été exécutés un peu hâtivement. Le Maître principal apparaît comme le grand génie de l’époque qui s’oppose par son style à l’art monumental du début du siècle. Ici aussi apparaissent les tendances maniéristes qu’on retrouve dans l’enluminure contemporaine. Saint Louis avait aussi fait exécuter des objets d’art et des manuscrits pour sa chapelle, dont bon nombre existent, dispersés dans des collections publiques. Il avait encore fait appel aux plus grands artistes de son temps qui firent de la Sainte-Chapelle, pendant quelques années, le plus brillant foyer d’art du XIIIe siècle.

Saint Denis

La basilique Saint Denis          déambulatoire  -  cliquez pour agrandir

Notre Dame de Paris

Notre Dame  -  cliquez pour agrandir       La nef  -  cliquez pour agrandir       la voute  -  cliquez pour agrandir 

la nef, élévation  -  cliquez pour agrandir           vue de la rive gauche  -  cliquez pour agrandir

Albi

Cathédrale Sainte-Cécile, Albi  -  cliquez pour agrandir

Reims

Cathédrale de Reims  -  cliquez pour agrandir    cathédrale de Reims - chevet  -  cliquez pour agrandir   Pinacles et contreforts de la cathédrale de Reims,  -  cliquez pour agrandir

plan de la cathédrale de Reims  -  cliquez pour agrandir  

Un peu plus sur la cathédrale de Reims ? (cliquez ici)

Rouen

tympan du portail (transept sud) de la cathédrale de Rouen - cliquez pour agrandir

Laon

Cathédrale de Laon, la nef  -  cliquez pour agrandir      Laon, contre plongée sur la nef  -  cliquez pour agrandir

Leon

Cathédrale de León, Espagne  -  cliquez pour agrandir

Orvieto

Façade de la cathédrale d’Orvieto (Ombrie)  -  cliquez pour agrandir

Exeter

Voûtes nervurées de la nef de la cathédrale, Exeter - cliquez pour agrandir

Cambridge

King’s College, Cambridge  -  cliquez pour agrandir        King’s College, Cambridge vue intérieure de la chapelle  -  cliquez pour agrandir

Winchester

nef de la cathédrale de Winchester  -  cliquez pour agrandir

Cantorbery

La cathédrale de Cantorbéry  -  cliquez pour agrandir

Munster

Façade de la cathédrale de Münster  -  cliquez pour agrandir

San Juan (Tolède)

nef de l’église San Juan de los Reyes  -  cliquez pour agrandir

Padoue

chapelle des Scrovegni à Padoue  -  cliquez pour agrandir       Le Baiser de Judas, fresque  -  cliquez pour agrandir

Eglise Do Carmo

L’église gothique do Carmo  -  cliquez pour agrandir