Haggadah (Encarta)
(hébreu, haggadah, de higgidh, «raconter»), dans le judaïsme, ensemble des passages relevant de la tradition rabbinique non légale, qui comprend des légendes, des anecdotes et des paraboles illustrant les principes religieux et éthiques de la Bible regroupés dans le Talmud et le Midrash pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne. La Haggadah complète la Halakha ou partie légale de la littérature rabbinique. La Haggadah et la Halakha furent établies simultanément. Bien que le Talmud en comporte une certaine partie, les éléments de la Haggadah furent rassemblés pour la plupart dans le Midrash, où ils figurent d'une manière séparée des autres midrashim, c'est-à-dire les interprétations homilétiques de l'Ancien Testament. En règle générale, les midrashim les plus anciennes reflètent la Halakha plutôt que la Haggadah. Le plus important des midrashim haggadiques est le Midrash Rabbah, ou Grand Midrash, interprétation verset par verset de tout le Pentateuque et des cinq «Rouleaux» (Cantique des cantiques, Ruth, Ecclésiaste, Lamentations et Esther) lus lors des différentes fêtes juives. La Haggadah est la première source de connaissance de la théologie judaïque rabbinique ancienne. Le terme «Haggadah» désigne également les livres de prières utilisés lors du Seder, ou dîner rituel de la Pentecôte. Ce livre de prières, outre de nombreux psaumes, contient des extraits de la Haggadah traditionnelle, choisis pour leur pertinence avec la fête célébrée.
HAGGADAH (Universalis)
La définition purement formelle de l’Haggadah — à savoir la partie de l’enseignement rabbinique ne possédant pas de caractère juridique — ne rend que très imparfaitement compte du contenu positif de cet ensemble d’enseignements, dont la matière représente un tiers du Talmud de Babylone, un sixième du Talmud de Palestine et de nombreuses œuvres entrant dans le cadre du Midrash Haggadah. C’est là que l’on peut découvrir les exégèses et les interprétations homilétiques des rabbins de l’Antiquité, surtout palestiniens.
Cette immense littérature représente un univers mental où abondent allusions, jeux de mots et paradoxes. Elle fut pendant des siècles l’unique mode d’expression littéraire du peuple juif et utilise souvent les ressources du folklore, et des fables empruntées au contexte culturel de l’époque. Il y a dans l’Haggadah à la fois une liberté d’interprétation très large et une cohérence sous-jacente non moins réelle. Les interprétations, en effet, visent toutes un référentiel qui leur est commun, la Torah, laquelle exprime pour tous les docteurs la volonté de Dieu pour son monde. Les effets littéraires ou ludiques ne sont toujours que seconds par rapport à la finalité essentielle des rabbins: enseigner et faire pratiquer la Loi par les masses juives; défendre et illustrer le judaïsme à l’égard des contestations païennes gnostiques ou chrétiennes.
L’Haggadah est moins l’expression d’individualités que d’écoles qui groupaient, autour d’un grand maître, un certain nombre de disciples. Dans chaque école, les enseignements étaient caractérisés, sur le plan de la méthode, par la valorisation de certains procédés herméneutiques et, sur le plan des idées, par l’accent mis sur telle ou telle problématique en fonction des traditions reçues et des exigences de l’actualité. L’Haggadah doit donc se définir comme un mode de pensée original à travers lequel les maîtres d’Israël n’ont cessé d’actualiser les problèmes fondamentaux de l’homme afin de lui faire adopter une conduite droite. Comme l’écrit le Sifré (sur Deut., XI, 21): «Si tu souhaites connaître Celui par lequel le monde vint à l’être, alors étudie l’Haggadah, car par elle tu connaîtras le Saint — béni soit-Il — et tu suivras ses voies.»
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